Recherche & Environnement

En 2001, Le Consortium International de Séquencage du Génome Humain (IHGSC) avait estimé que le génome humain se composait de 30000 gènes, soit bien en dessous du chiffre de 100 000 précédemment avancé par la communauté scientifique. Trois ans plus tard, l’IHGSC baisse de nouveau ce nombre pour un total de 20000 à 25000 gènes. Cette évolution s’explique par une meilleure technique de séquençage qui a permis aux chercheurs d’analyser les 10% d’ADN encore inaccessibles en 2001 et d’établir le rôle de copies non fonctionnelles ou de doublons de certains gènes supposés codant. Pour les biologistes, la complexité d’un organisme ne dépend pas de son nombre de gènes mais de la régulation et l’expression des gènes jusqu’à la maturation des protéines.

L’Environmental Health Journal a décidé d’appliquer des sanctions aux auteurs qui omettraient de signaler un conflit d’intérêt financier (revenus versés par des compagnies impliquées dans l’étude, brevets, etc.). Ces sanctions incluent une interdiction de publication d’une durée de trois ans dans les cas les plus graves, le retrait des travaux du site Internet de la revue et la parution d’une note signifiant clairement l’abus dans une édition postérieure. Ce journal fait partie des quatre périodiques qui avaient été épinglés en juillet dernier par une étude du Center for Science in the Public Interest. 8% des 163 articles parus entre décembre 2003 et février 2004 examinés par le CSPI s’étaient révélés concernés par une dissimulation de conflits d’intérêts de la part des auteurs.

Allerca, entreprise californienne cherche à modifier génétiquement un chat afin qu’il devienne hypoallergénique. Elle souhaite proposer cet animal sur le marché d’ici trois ans au prix de 3500 dollars. L’enteprise a prévu de stériliser ces chats afin d’éviter toute transmission de leurs caractéristiques génétiques à une descendance.

Un récent article, publié dans Biotechnology and Genetic Engeneering Reviews, montre de quelle façon des tests imprécis et une régulation inadaptée ont permis l’entrée de produits comme le maïs MON 810 sur le marché et ce, malgré la présence possible d’allergènes. Les auteurs, D. Schubert et W. Freese, soulignent des lacunes importantes en matière de contrôles et de régulation, tant par l’industie que par les instances fédérales. Ils ont notamment démontré que l’Environment Protection Agency a, dans un dossier d’autorisation de maïs transgénique, choisi d’ignorer une étude effectuée par la Food and drug Administration qui montrait des risques allergènes. “Il est étonnant de constater que les instances régulatrices se basent presque exclusivement sur des informations fournies par les industriels et que ces données ne sont publiées dans aucun journal scientifique ni ne sont soumises à l’expertise de scientifiques”, indiquent-ils. Et de conclure que “la présence d’une procédure d’autorisation [vise] plus à accroître la confiance du public qu’à assurer l’innocuité des aliments génétiquement modifiés”.

Un rapport de C. Benbrook, ancien directeur du département d’Agriculture de l’Académie des Sciences Américaines, montre que sur les neuf dernières années, la culture d’OGM a induit une augmentation des quantités de pesticides. Cette augmentation qui représente 55 000 tonnes de pesticides sur les cultures de maïs, soja et coton transgéniques est due aux cultures tolérantes aux herbicides puisqu’elles ont necessité 138 000 tonnes d’herbicides supplémentaires.

La société NitroMed souhaite recevoir l’homologation pour un médicament contre les défaillances cardiaques controversé, puisqu’il pourrait devenir le premier à être spécifiquement dédié aux afro-Américains. L’histoire remonte aux années 1980 lorsque Jay Cohn (Université du Minnesota) et ses collègues décident de mener des essais cliniques pour une thérapie à base de deux molécules génériques (l’hydralazine et l’isosorbide dinitrate). Aucun résultat significatif ne ressort de l’étude, mais en réorganisant les données selon des critères de race, les chercheurs établissent un effet positif sur les Afro-Américains. Un nouveau test est alors mené il y a deux ans sur 1050 personnes appartenant à cette catégorie, avec beaucoup plus de réussite cette fois. Pour les généticiens, des prédispositions génétiques peuvent exister mais ne sont pas nécessairement associées à la notion de race. Cette notion serait d’ailleurs artificielle, puisqu’il y a parfois plus de variabilité entre individus d’un même groupe qu’entre deux personnes de races différentes. D’une manière générale, beaucoup voient dans la démarche de NitroMed une occasion d’augmenter ses profits puisque le brevet pour son traitement expire en 2007 pour l’ensemble des Américains tandis que celui concernant la population noire ne prendra fin qu’en 2020. Bien entendu, d’autres pourront toujours se faire prescrire le nouveau médicament. Elles prendront toutefois le risque de ne pas être remboursées par leurs compagnies d’assurance.

L’Environment Protection Agency a décidé d’allouer 4 millions de dollars à l’évaluation des conséquences sanitaires et environnementales du développement des nanomatériaux. Bien qu’elle ne représente qu’une infime partie des 3,7 milliards de dollars que le gouvernement a investi ces quatre dernières années pour soutenir les nanotechnologies, la somme débloquée marque pour la première fois la volonté fédérale de mesurer les risques biologiques et médicaux liés à l’essor de ce nouveau secteur industriel. Les projets d’une douzaine d’universités seront subventionnés, parmi lesquels l’étude de l’absorption des nanoparticules par la peau, leur effet sur le tissu pulmonaire (in vitro et in vivo) ou encore l’impact sur la vie aquatique de leur accumulation dans les sédiments marins. A l’heure actuelle, des centaines de tonnes de nanomatériaux sont fabriquées chaque année dans les laboratoires et entreprises américains. Autant de composés assez petits pour potentiellement passer les barrières du corps (peau et poumons) et, une fois à l’intérieur, aller toucher le cerveau ou d’autres organes.

Les quantités d’herbicides et d’insecticides utilisées sur les champs de coton ont des impacts sur la faune environnante puisqu’ils détruisent les habitats naturels d’insectes et d’oiseaux. Pourtant, des techniques de culture plus douces, à même de recréer un habitat naturel, existent. Il est ainsi possible de planter des rangées de trèfle ou d’un végétal du même type en alternance avec le coton ou encore de laisser au champ davantage de résidus de récolte. Une étude publiée dans la revue Journal Conservation Biology, par des scientifiques de l’Université de Géorgie, montre les impacts de telles techniques sur la densité de différents animaux dans des champs de coton de l’Est de l’Etat : là où ont été appliquées ces méthodes, des populations d’oiseaux 20 fois plus importantes ont été enregistrées, ainsi qu’une plus grande abondance de fourmis et autres insectes. Le gain cependant n’est pas qu’écologique. Selon les chercheurs, les fermiers pourraient économiser plus de 250 dollars par hectare sur les traitements chimiques des plants de coton, en favorisant justement la présence d’animaux non nuisibles susceptibles de se nourrir de plus encombrantes bestioles.

Un rapport du Centre Africain de Biosécurité conclut que l’introduction en Afrique de coton Bt, producteur d’insecticide, est un échec. Selon ce rapport, les avantages supposés de ce coton, à savoir que l’agriculteur dépense moins en achat d’insecticide, sont biaisés dès le départ. En effet, les insectes cibles du Bt sont seulement quelques-uns parmi l’ensemble des insectes s’attaquant aux cultures. Or les insecticides précédemment utilisés possédaient un champ d’action plus large que le Bt. Du fait de l’arrêt de l’utilisation de ces insecticides, les insectes non cibles par le Bt ont donc pu se développer plus librement pendant que les insectes cibles ont développé des résistances au Bt, rendant inefficace le coton Bt. Enfin, le rapport apporte des indices montrant que le coton Bt serait moins tolérant à d’autres insectes, impliquant donc une gestion de lutte contre les parasites plus lourde.