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UE - Maïs NK603 “sain” selon l’AESA

L’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (EFSA) a déclaré que le maïs transgénique NK603 tolérant le Roundup et produit par Monsanto était aussi sûr pour la consommation tant humaine qu’animale que le maïs conventionnel [1]. La demande d’autorisation porte sur une importation de ce maïs en tant que nourriture ou pour un conditionnement et non pour une mise en culture commerciale. La demande d’autorisation a d’abord été formulée par l’Espagne et les Pays-Bas qui l’avaient alors notifiée à la Commission européenne, déclenchant le processus d’autorisation au niveau communautaire [2]. Dans son communiqué, l’AESA / EFSA estime que ce maïs “n’est pas susceptible de provoquer des effets indésirables sur la santé humaine ou animale, ou dans ce contexte, sur l’environnement” (1). De son côté, l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments (AFSSA) avait estimé en avril 2003 [3] que “le rapport d’évaluation initiale des autorités néerlandaises” était “peu informatif”, évoquant un manque d’informations sur les données génétiques, toxicologiques et méthodologiques. Elle avait finalement conclu qu’elle “ne peut rendre un avis scientifiquement fondé concernant la sécurité sanitaire d’une consommation humaine du maïs NK 603 et de ses dérivés” (2). Suite à l’évaluation scientifique des risques par l’AESA, la Commission européenne rédigera des propositions concernant l’autorisation éventuelle du maïs NK 603 en vue de la consultation des États membres dans le cadre du comité européen permanent sur les denrées alimentaires, qui rassemble les experts des Etats membres. Pour Adrian Bebb (Amis de la Terre Europe), “il est difficile d’avoir confiance dans les capacités de l’EFSA. L’autorité a jusqu’ici agi dans le plus grand secret et n’a pas respecté ses engagements en matière de transparence et d’ouverture. [...] Néanmoins, le véritable test se fera sur sa capacité à répondre aux inquiétudes du public et prendre position en faveur du principe de précaution”.

Evaluation scientifique

Saisi par le gouvernement français, avant le vote européen (cf. page 2), l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (AFSSA) a réitéré pour la troisième fois de sérieuses réserves sur le maïs Bt11 de Syngenta résistant aux insectes et au glyphosate. L’ASSSA estime que les essais conduits sur des animaux par Syngenta sont insuffisants et “qu’en toute rigueur, afin d’éliminer la possibilité d’effets inattendus, il conviendrait d’évaluer l’impact d’une consommation régulière de maïs doux portant l’événement de transformation Bt 11 par une étude de toxicité / tolérance chez le rat ou une étude de tolérance / alimentarité chez un animal d’élevage (par exemple le poulet en croissance)”. Des essais ont été conduits sur des animaux, mais uniquement pour la variété de maïs “grain” Bt 11, et non sur le maïs doux qui serait effectivement consommé par l’homme. Techniquement parlant, les experts estiment que les “différences génétiques entre les deux variétés, le maïs grain et le maïs doux, se traduisent par des différences notables, notamment dans le métabolisme des sucres [pouvant induire] des effets inattendus (...) qui ne peuvent être écartés”. L’AFSSA souhaiterait donc que des animaux soient nourris avec le maïs doux qui serait consommé par l’homme, par exemple des rats pendant 90 jours et des poulets (animal d’élevage) pendant 42 jours. Cet avis a été suivi par le représentant de la France lors du vote du 8 décembre pour refuser l’autorisation du maïs Bt11 (cf. page 2).

ETATS-UNIS - Virus artificiel

L’équipe du Pr. C. Venter a réussi à créer de toutes pièces un virus artificiel, à partir de gènes de synthèse, fonctionnant à l’identique d’un virus simple existant à l’état naturel, à savoir le virus Phi-X174, un virus de bactérie. Leur nouvelle technique appelée “cycle d’assemblage par polymérase” a permis de mettre bout à bout plusieurs sections du génome du virus à partir d’oligonucléotides, des molécules constituées de courtes séquences d’ADN. Ce projet, qui soulève d’importantes questions éthiques, a reçu une subvention de trois millions de dollars du département américain de l’Energie. L’objectif consiste à mettre au point un génome synthétique qui serait le premier pas vers la mise au point de “sources d’énergie biologique efficaces et rentables”, avait alors expliqué S. Abraham.

FRANCE - Prospective de la recherche publique

Le rapport de prospective de l’Institut national de la recherche Agronomique, “INRA 2020”, est basé sur des réductions budgétaires, une remise en cause des modèles de développement agricole et la défiance vis-à-vis des OGM et du clonage animal. Il définit quatre scénarios : la domination sans faille des Etats-Unis, une Europe renforcée et compétitrice, une gouvernance mondiale qui s’instaure autour de l’environnement et des modes de développement ou une communauté internationale qui se désagrège au profit de stratégies nationales de repli. Ceci se traduirait pour l’INRA à des spécialisations du type prééminence des sciences du vivant, priorité à l’alimentation, recentrage sur l’agriculture française, ou bien orientation vers le développement durable. F. Hervieu, président en fin de mandat de l’INRA, souhaite “un INRA renforcé sur ses trois compétences, l’agriculture, l’alimentation et l’environnement”, dans un espace européen de la recherche renforcé. Pour lui, l’INRA “ne doit pas négliger l’opposition aux modes de production alimentaire peu respectueux de l’environnement local et injustes vis-à-vis des agriculteurs des pays du tiers-monde” et doit tenir compte du désengagement de certains partenaires, échaudés par l’opposition publique aux OGM. 

ALLEMAGNE - OGM et vaccins

Le laboratoire de Physiologie Moléculaire du Développement, de l’Institut de Génétique Végétale et de Recherche sur les Plantes Cultivées (IPK), a modifié génétiquement des plantes pour qu’elles produisent un vaccin contre le cancer de l’utérus. Les chercheurs estiment que les cancers de l’utérus sont liés au virus Papillomavirus humain (HPV, Type 16) et espèrent donc créer un vaccin à base de la protéine L1, exprimée par les plantes dans un prorata de 0,5% (tabac) et 0,2% (pommes de terre) de l’ensemble des protéines. Cependant la perspective de développer des plantes qui stimuleraient la production d’anticorps anti-protéine L1 est néanmoins lointaine. Une expérience menée sur des souris a montré que seules 3 des 24 souris nourries avec les pommes de terre transgéniques ont développé une réponse immunitaire spécifique anti-L1.

FRANCE : Impacts du cloza transgénique sur l’environnement

Un colloque scientifique a réuni, au Ministère de l’Agriculture français, le 28 novembre 2003, les membres de la Commission du Génie Biomoléculaire et des experts scientifiques autour des résultats anglais sur les impacts du colza transgénique sur l’environnement. L’objectif de ce colloque était de permettre à la CGB de prendre position et donner un avis au ministère sur la culture du colza transgénique pour le 13 janvier 2004. Deux sujets majeurs traités à partir de données scientifiques : définir des règles de coexistence et évaluer l’impact sur l’environnement. Les interventions venaient de la France (INRA et CETIOM), de l’Angleterre et du Canada. Toutes les communications sur l’évaluation des contaminations de colza conventionnel à partir de parcelles de colza transgénique se sont terminées par le constat qu’il fallait poursuivre les études pour émettre un avis fiable sur des règles de coexistence. Mr Squire de l’Institut Ecossais de Recherche, membre du groupe de scientifiques en charge des études anglaises, a indiqué que la coexistence sur une même région ne serait pas possible pour un seuil de 0,1%. Selon lui, le seuil de 1% peut être un seuil réaliste sous réserve de la proportion de colza transgénique en culture (de 10 à 40%). Aucun chiffre n’a pu être avancé à ce niveau, par manque de données. N. Colbach de l’INRA Dijon qui travaille essentiellement sur modèle a évoqué une distance de 200 mètres entre colza transgénique et colza conventionnel et / ou biologique pour respecter un taux de contamination de 0,9%. Pour la partie environnementale, deux présentations contradictoires ont eu lieu, une anglaise et une canadienne. Pour les anglais, l’introduction de colza résistant aux herbicides réduit fortement la biodiversité et pour le Canada, c’est le contraire. Mme Castel de la Direction Générale de l’Alimentation (DGAl) était présente et a laissé entendre que la volonté du ministère était de maintenir le moratoire sur le colza mais d’autoriser la culture du maïs.