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Inf'OGM Recherche & Environnement

Inf'OGM le journal est un bimestriel de 32 pages qui vous informe sur l'actualité des OGM et des semences de façon critique et contextualisée.

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ETATS-UNIS - Tomate vaccinale

A. Walmsley de l’Université d’Arizona a développé des tomates génétiquement modifiées pour exprimer une protéine vaccinale, dont le but de contrôler la population d’animaux porteurs de la peste. La protéine transgénique exprimée est une protéine immunocontraceptive. "L’objectif majeur de ce projet est de développer un vaccin qui permette le contrôle d’une population spécifique d’ animaux considérés comme parasites car responsables de dégâts sur l’environnement" explique A. Walmsley, "ainsi, le principe est d’induire une réponse immunitaire (engendrant la destruction de la cible) sur la protéine à laquelle se fixe les protéines du sperme, spécifiquement chez les souris". Les femelles consommant ce fruit ne seraient alors plus fécondes. Le choix de la tomate comme fruit producteur relève de l’absence d’effet secondaire sur son développement provoqué par la protéine transgénique, et du niveau élevé d’expression du transgène.

ETATS-UNIS - Virus anti-cancer

Des chercheurs de l’Université du Texas ont réussi à modifier génétiquement un virus qui, expérimenté sur la souris, a permis d’éliminer des tumeurs cérébrales. Cette méthode appelée Delta-24-RGD est présentée comme le premier traitement efficace contre le gliome malin, la forme la plus grave de cancer du cerveau, actuellement incurable. La technique met en oeuvre un adénovirus de la famille de ceux qui provoquent un rhume, modifié génétiquement pour contaminer une tumeur et tuer les cellules cancéreuses. Le virus utilisé ne peut se répliquer qu’à l’intérieur de la tumeur, et non au sein de cellules saines. Il contamine la cellule cancéreuse et la tue après s’être reproduit dans la cellule voisine. Lorsque toutes les cellules cancéreuses sont détruites, le virus est censé mourir également.

PALUDISME - Moustiques transgéniques

Des moustiques ont été génétiquement modifiés afin de bloquer le cycle du plasmodium, parasite responsable du paludisme. La mise en compétition de ces moustiques transgéniques, dans la nature, avec des moustiques non modifiés, entraîne la disparition du moustique modifié. L’équipe du Pr. Catterucia explique que la modification génétique a créé un déséquilibre dans le rapport de force de ces moustiques, conférant un avantage au moustique non modifié. Elle précise cependant que ce déséquilibre aurait pu se traduire par un moustique transgénique plus fort.

MICROBES TRANSGENIQUES - Sinorhizobium meliloti

Des microbes transgéniques sont utilisés depuis six ans dans des produits bio-pesticides commercialisés. Ainsi, les bactéries Agrobacterium radiobacter et Pseudomonas fluorescens modifiées pour exprimer la protéine Bt entrent, respectivement, dans la composition des insecticides Nogall et Mattch. Le symbiote végétal Sinorhizobium meliloti est génétiquement modifié pour augmenter les capacités d’échanges entre la plante et la bactérie, avec en sus, des marqueurs de résistance aux antibiotiques. L’autorisation d’utilisation commerciale de ce symbiote fut donnée malgré les risques pour l’environnement et la santé. Des études ont montré que le symbiote S. meliloti persistait 6 ans dans le sol et que des transferts horizontaux de gènes vers d’autres bactéries avaient lieu. Ainsi, les gènes marqueurs pour la streptomycine et la spectomycine peuvent être transférés des chloroplastes d’une plante (lieu d’insertion transgénique) vers la bactérie Actinobacter. Selon Joe Cummins, biologiste américain opposé à la commercialisation des OGM, "la combinaison des récoltes transgéniques avec les biopesticides génétiquement modifiés peut créer des recombinaisons génétiques susceptibles de dévaster la microflore et la microfaune des sols". Interrogé par Inf’OGM, B. Steinwand de l’EPA a affirmé que si l’EPA délivrait bien les autorisations de commercialisation de ces pesticides "transgéniques", elle ne contrôlait pas les données relatives aux lieux de vente de ces pesticides contenant des OGM et était donc dans l’incapacité de fournir ces informations.

GRANDE-BRETAGNE - Persistance de l’ADN dans le sol

Le Professeur A. Cooper de l’Université d’Oxford explique que ses études ont montré que l’ADN pouvait perdurer des milliers d’années dans le sol. "L’implication est d’importance puisqu’elle montre qu’une bien plus grande connaissance est nécessaire avant de pouvoir juger des effets secondaires de la dissémination de plantes transgéniques ". La persistance de l’ADN augmente la probabilité d’occurrence du phénomène de transfert horizontal de cet ADN vers des bactéries du sol.

Résistance au Bt

Des chercheurs de l’Université d’Arizona ont publié une étude mettant en évidence les caractéristiques génétiques d’une résistance du ver rose des racines (Pectinophora gossypiella) au coton Bt. Les trois mutations responsables de la résistance de ce ver à la protéine Bt se situent toutes dans un gène codant pour une protéine appellée cadhérine. La cadhérine est la cible de la protéine Bt lors de l’action de cet insecticide. Les mutations auraient pour conséquence de bloquer le processus de synthèse de cadhérine active, annihilant par omission de cible l’action de la protéine Bt (cette protéine, pour être insecticide, doit se scinder en deux dans l’estomac des insectes, une des deux protéines issues du clivage perforant alors l’intestin des insectes). Cette résistance est un caractère génétique récessif (c’est-à-dire que pour être héréditaire, ce caractère doit être transmis par les deux parents).

CANADA - Du tabac transgénique qui se dissémine pas ?

La proportion de cultures transgéniques ne cesse d’augmenter aux Etats-Unis et la crainte d’une dissémination des gènes des plantes manipulées grandit avec elle. Pour parer ce risque, des chercheurs du Centre de Recherche sur les Céréales et l’Huile de l’Est du Canada (Canada’s Eastern Cereal and Oilseed Research Center), à Ottawa, ont mis au point un système restant encore au stade expérimental. J.P. Schernthaner et ses collègues ont introduit dans certains plants de tabac un gène SL (pour Seed Lethality : mortalité des semences) empêchant la germination des graines et dans d’autres un répresseur (GR) du gène en question. Lorsque seul le gène SL est présent, la graine est stérile. Si par contre SL coexiste avec son gène répresseur GR, il ne s’exprime plus : la graine peut donc germer. En croisant une plante SL avec une plante GR, les chercheurs ont donc obtenu une descendance aux graines cette fois-ci viables, capables de se reproduire indéfiniment mais seulement par auto-pollinisation. En effet, lorsque les plantes filles sont croisées avec du tabac normal, le gène SL et son répresseur sont séparés et les graines ne possédant plus ce dernier ne peuvent germer. Les plantes mises à la vente seraient donc les plantes SL, les plantes SL/GR étant conservée par le semencier pour lui permettre de produire des graines. Réalisée en laboratoire, l’expérience n’est pas encore prête à passer en champs. La difficulté majeure consistera en effet à maintenir un taux de réussite de 100% au fil des générations.