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Inf'OGM Recherche & Environnement

Inf'OGM le journal est un bimestriel de 32 pages qui vous informe sur l'actualité des OGM et des semences de façon critique et contextualisée.

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UNION EUROPEENNE - Investissement dans la Recherche

Un rapport de la Commission européenne rédigé par S. Carrell montre que près des deux tiers des entreprises de biotechnologie européenne auraient fermé leur département de recherche. En Europe, le nombre de demandes d’autorisation pour des essais en champ aurait diminué de 76% en 2002 (de 250 en 1998 à 60 en 2002). Pour comparaison, aux Etats-Unis, le nombre de demande est d’environ 1 000 par an. La même étude montre que, à l’inverse du privé, le secteur public investit dans la recherche en biotechnologie puisque seulement 22% des Instituts publics de recherche et 25% des Instituts universitaires ont abandonné leurs projets sur les OGM. Les anti-OGM, par la voie de Sue Mayer, du Groupe GeneWatch, considèrent que, plus que la méfiance de l’opinion publique, c’est l’incapacité des entreprises à prouver la sécurité sanitaire et les qualités productives de ces produits qui limite les investissement des entreprises de biotechnologie.

FRANCE - Essais en champ

Les Ministres de l’Agriculture et de l’Environnement viennent d’annoncer la mise en place d’une nouvelle procédure pour les essais en champ axée notamment sur une enquête préalable et une information spécifiques des maires des communes concernées. Par ailleurs, les ministères ont organisé, pendant quinze jours, une « consultation publique ». Les résultats devraient être communiqués sous peu. Jacques Testart, un des quatre sages qui avait organisé le débat public sur les essais en champ (février 2002), dénonce une nouvelle mascarade. La liste des essais pour 2003 est disponible sur le site d’Inf’OGM. 

Protéine Bt nourricière ?

Une étude consacrée à l’évolution de la résistance d’insectes aux cultures transgéniques, conduite par l’équipe du Pr Ali Saayed, du Collège impérial de Londres, montre qu’une des protéines Bt, utilisée comme insecticide, pourrait s’avérer être une source de nourriture pour les larves d’un insecte résistant, le Plutella xylostella. Les auteurs de l’étude ont étudié les impacts sur le temps de développement et le poids des larves de P. xylostella. Pour cela, ils ont nourri des larves de souches de P. xylostella résistants avec et sans protéine Bt. Les résultats suggèrent que les larves peuvent utiliser la protéine Bt, Cry1Ac, comme source de nourriture pour leur développement et que cela pourrait être lié au développement accéléré de résistance à cet insecticide. Cette adaptation est le fruit de l’équilibre entre les composants nourriciers et toxiques d’une plante auxquels l’insecte fait face. Les auteurs concluent que les cultures transgéniques pourraient donc avoir des effets nourriciers plutôt que toxiques pour certains insectes. Des études biochimiques et écologiques devraient venir affiner ces analyses.

BRESIL - OGM « sûr » ?

A.C. Guerrini Schenberg et A. Balan, de l’Institut de Sciences Biomédicales de Sao Paulo (Brésil) affirment avoir développé une levure transgénique « sûre ». Les chercheurs ont intégré deux gènes : le premier permet à la levure de synthétiser la protéine d’origine transgénique d’intérêt ; le second induit la production d’une nucléase qui a pour fonction de détruire l’ADN de la cellule. Au cours du développement et de la période de vie de la levure, le glucose présent dans le milieu de culture inhibe la synthèse de la nucléase. La levure peut donc produire normalement la protéine d’origine transgénique souhaitée. A la fin de ce processus, le glucose n’est plus présent en quantité suffisante pour inhiber l’expression de la nucléase, qui est alors produite. Cette dernière remplie alors sa fonction en détruisant l’ADN cellulaire et donc le transgène. Ce travail est le premier système d’auto-destruction des micro-organismes transgéniques. Les chercheurs ont déjà déposé une demande de brevet à l’Institut National de Propriété Intellectuelle du Brésil, et C. Schenberg, membre de la Commission Technique Nationale de Biosécurité du Brésil demandera à ce que ce système de sécurité soit appliqué plus généralement pour le contrôle des transgènes.