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L’équipe de Rudolf Jaenisch (Cambridge) a réalisé un des premiers essais de thérapie chez la souris, par greffe des cellules issues d’un embryon obtenu par clonage de la souris malade. « De manière décevante, les cellules ainsi obtenues … étaient systématiquement détruites par des cellules immunitaires… Les cellules greffées étaient reconnues comme étrangères (bien que leur génome fût identique à celui de l’hôte) ». Ce phénomène est donc la conséquence de leur différenciation ex vivo (Biofutur, Janvier 2003, p. 42). Même si certains artifices ont permis d’empêcher ce rejet, il se confirme que le génome ne détermine pas seul l’identité de l’embryon, ce qui complique la stratégie du clonage thérapeutique.

En modifiant le génome de la levure de boulangerie, des chercheurs lui ont conféré la capacité de produire de l’hydrocortisone, une molécule dont est issue la cortisone, ainsi que presque tous les autres corticoïdes vendus en pharmacie. Une fois la levure génétiquement modifiée, il faut lui fournir une quantité quotidienne de sucre pour qu’elle produise l’hydrocortisone en quantité. Pour qu’une simple levure arrive à fabriquer cette molécule, les chercheurs ont dû lui greffer treize gènes d’origine bovine et humaine, ce qui en fait l’organisme le plus génétiquement modifié à ce jour. Ces résultats ont été obtenus par l’équipe du Pr. Duams du CNRS et la société Aventis.

L’Ecole Polytechnique Fédérale de Zurich (EFPZ) ne pourra pas réaliser d’essai en champ de blé transgénique. En effet, le tribunal fédéral a tranché, le 12 mars 2003, en faveur de Greenpeace contre l’EPFZ et cela pour des raisons de procédure. Il ne s’agit pas d’une interdiction mais d’une suspension d’autorisation. Or, cet essai venait de recevoir l’accord du Département fédéral suisse de l’environnement (DETEC) qui avait levé le refus prononcé par l’Office fédéral de l’environnement, des forêts et du paysage (OFEFP) en décembre 2001. Le DETEC reprochait à l’OFEFP de ne pas avoir appliqué le droit en vigueur mais d’avoir anticipé la future loi sur le génie génétique (Gen-Lex), pour rendre sa décision. L’Institut de biologie végétale de l’EPFZ avait prévu de planter 8 m2 de blé transgénique contenant la protéine KP4 (« Killer protein ») sur une surface d’essai de 90 m2 avec comme objectif de vérifier la résistance de ce blé au champignon de la carie du blé. Le blé transgénique développé par l’EPFZ contient en outre un gène de résistance à un antibiotique.

Une chèvre clonée a, pour la deuxième fois depuis sa naissance en 2000, mis au monde des jumeaux de sexe opposé, affirme l’agence Chine nouvelle. Le chevreau mâle est cependant décédé le jour de sa naissance au Centre de clonage animalier de Yangling, près de Xian (nord-ouest), selon l’agence. C’est la deuxième fois que la mère, Yangyang, issue en 2000 d’une cellule de chèvre adulte, met au monde des jumeaux. En 2001, elle avait donné naissance à un mâle et une femelle, qui doit elle-même mettre bas en février, selon l’agence officielle chinoise. « La gestation de jumeaux par Yangyang et la première grossesse de Qingqing prouvent qu’une chèvre clonée a une capacité reproductive normale », a affirmé Wang Qinghua, un professeur d’agriculture à l’Université des sciences et techniques du nord-ouest de la Chine.

Le Pr. Park et son équipe ont créé une nouvelle souche de Bacillus thuringiensis. Cette souche exprime la protéine Cry11B de B.thuringiensis jegathesan, protéine qui s’est avérée plus toxique, et donc plus efficace en termes d’effet insecticide que la protéine Cry11A. Ces protéines Cry sont les protéines insecticides synthétisées par les plantes transgéniques dites Bt. Leur particularité est de se dissocier dans l’estomac de l’insecte en deux protéines, une de ces deux protéines perforant la paroi de l’estomac et tuant l’insecte. Les recherches en sont au stade de modification de la bactérie mais pourraient s’orienter vers l’utilisation de cette protéine Cry11B pour les plantes OGM.

En 1953, Watson et Crick démontraient que l’ADN avait une structure en hélice. Toute la biologie moléculaire s’appuie sur cette découverte. Or, l’ADN pourrait être une molécule en mouvement. A. Rich (Institut de Technologie du Massachussets) explique que l’ADN "est un lieu plein de vie" et que ces mouvements sont tout aussi importants que l’information génétique elle-même puisqu’ils peuvent être les signaux d’allumage ou d’extinction de l’expression d’un gène. De même W. Bickmore (Unité de Génétique du Conseil Anglais de la Recherche Médicale) a montré qu’une partie de l’ADN portant peu de gènes d’intérêt était enfouie dans une « pelote » alors que celles riches en information se trouvaient à la surface de cette pelote, facilitant l’expression des gènes présents à cet endroit. Ils estiment que ce type de fonctionnement régulateur en place depuis 30 millions d’années doit être compris, les modalités d’expression des gènes étant sans doute plus compliquées que le modèle établi à l’heure actuelle.