Inf'OGM Recherche & Environnement

La FAO a annoncé la création d’un nouveau groupe de travail dont le but est de promouvoir l’amélioration génétique du manioc. D’après la FAO, cette promotion passe par le développement et l’utilisation de biotechnologies comme le génie génétique pour obtenir un manioc "performant". Ce groupe de travail est composé de la FAO, le Fond International pour le Développement de l’Agriculture (International Fund for Agricultural Development - IFAD), le Centre International pour l’Agriculture Tropicale (International Center for Tropical Agriculture - CIAT), l’Institut International pour l’Agriculture Tropicale (the International Institute of Tropical Agriculture - IITA) et le Centre des Sciences des Plantes Donald Danthford (Donald Danforth Plant Science Center - ILTAB).

L’Institut International de Recherche sur le Riz (IRRI) travaille sur des variétés de riz génétiquement modifié plus nutritif ("riz de rêve") ou nécessitant moins d’eau ("riz aérobie"). Le projet devraient conduire à des essais en champ au Cambodge, Laos, Inde, Afghanistan, en Indonésie et en Thaïlande. De leur côté, des chercheurs américains et coréens ont modifié du riz Basmati en insérant un gène de synthèse de Trehalose (intermédiaire de glucose stabilisant les structures biologiques sous stress) de la bactérie Escherichia coli, afin que ce riz puisse pousser dans des conditions de stress environnementales (froid, sécheresse, forte salinité).

Dans le cadre des impacts des OGM sur l’environnement, une question importante est celle du transfert de gènes vers des micro-organismes du sol. L’équipe de recherche du Pr. Pascal Simonet, du Laboratoire d’écologie microbienne de Villeurbanne vient, en collaboration avec la start-up LibraGen, d’apporter la preuve du transfert, sous serre, d’un gène de résistance à des antibiotiques, de plants de tabac transgéniques vers la bactérie du sol Acinetobacter sp. Deux astuces ont été mises en place : 1) la plante transgénique possèdent 5000 à 10.000 fois plus de copies du gène d’in-térêt qu’une plante transgénique "classique" ; 2) la bactérie Acinetobacter sp a été équipée de séquences d’ADN facilitant la reconnaissance du gène d’intérêt. Malgré ces deux biais par rapport aux conditions naturelles, le fait important mis en évidence est qu’une bactérie peut "s’ouvrir" aux gènes étrangers dans la nature. Ce résultat remet en doute les convictions scientifiques qui affirmaient que dans le sol, trop peu de bactéries atteignent "l’état de compétence" qui leur permet d’intégrer des gènes extérieurs.

Un laboratoire de l’Université de Caroline du Nord a étudié la toxicité des plantes transgéniques issues d’un croisement avec une plante sauvage. Les études ont porté sur du colza transgénique porteur d’un gène codant pour un insecticide, croisé avec des plants de colza sauvages. 5 hybrides sur 11 exprimaient l’insecticide au même niveau que le plant mère et l’efficacité sur les insectes était comparable.

Une étude (1) analysant la recherche sur la biosécurité (impact sur l’environnement et la santé) conclut que moins de 1% du budget pour le développement des biotechnologies (à l’échelle mondiale) est consacré à la recherche sur la biosécurité ; chiffre confirmé par une autre étude publiée dans "Science" en 2000 (2). Par ailleurs, les comportements de tous les orga-nismes de contrôle ont été étudiés et analysés par deux fois : par la Commission Européenne (3) et par le bureau allemand de gestion des technologies (4). Ces deux études mettent en évidence une différence de réceptivité quant aux résultats scientifiques. Ainsi, il semble que ces organismes soient beaucoup moins exigeants quant au processus d’une étude publiant les bénéfices de plantes trans-géniques que pour celui d’étude concluant à des risques potentiels (expériences scientifiques suffisantes ou non, durée de l’étude…). Alison Snow, professeur au Département d’Evolution, Ecologie et Biologie des Organismes de l’Université de l’Ohio déclare que : "les agences gouvernementales s’occupant de la régulation des plantes transgéniques demandent des informations sur le flux de gènes et ses conséquences. Mais il est souvent difficile de trouver des articles validés présentant de tels résultats. L’origine du problème remonte au manque d’in-vestissement et d’intérêts des pro-grammes gouvernementaux dans ces domaines, programmes orientés vers la recherche agricole compétitive" (5). D’autres études se sont attachées à analyser les bénéfices ou pertes financières des cultures transgéniques. Ainsi une étude du Département Général à l’Agriculture de l’Union Européenne conclut : "cette étude ne présente aucune évidence quant à une situation de profits pour les agriculteurs avec les cultures d’OGM" (6). Cet état des lieux s’est vu confirmé par une étude du Département Américain à l’Agriculture (USDA) qui conclut que les producteurs de soja n’observent aucun retour sur investissement (7).