Questions éthiques

Le Dr. Severino Antinori a annoncé que trois femmes, dont l’identité reste cachée, seraient enceintes de 9 semaines d’un embryon humain cloné. Il a précisé à la télévision italienne RAI : “Je n’ai absolument rien à voir avec ces grossesses”. Selon le gynécologue, deux des trois femmes se trouveraient dans des républiques de l’ex-URSS et la troisième dans un pays musulman. Répondant aux nombreuses critiques, le Dr Antinori a déclaré que “cette procédure sera destinée uniquement à aider les couples stériles”. Brigitte Boisselier, directrice scientifique de ”Clonaid”, une organisation raëlienne qui propose un “service de clonage” à partir de 200 000 $, a également affirmé avoir implanté des embryons humains clonés chez des femmes. Rappelons que, suite d’une perquisition par la FDA, les raëliens ont dû délocaliser leur laboratoire à l’étranger.

Les pouvoirs publics ont donné leur autorisation à la création du premier ”designer baby”, c’est-à-dire des embryons fabriqués in vitro puis sélectionnés selon des critères bien définis. Ces “babies” serviront de ressources de cellules de moelle osseuse pour des enfants handicapés.

D’une part, la Douma (chambre basse du Parlement russe) a approuvé, le 19 avril 2002, en 3ème lecture et à l’unanimité des 365 députés présents, un projet de loi interdisant le clonage humain autre que pour la recherche, pour une période de cinq ans. Cette loi interdit, en outre, l’importation et l’exportation des embryons clonés. Le texte doit encore être approuvé par le Sénat. D’autre part, aux Etats-Unis, le président George W. Bush a lancé le même jour un nouvel appel au Congrès américain pour qu’il interdise toute forme de clonage humain ; la législation sur le clonage humain est actuellement “bloquée au Congrès, en raison d’un désaccord sur cette question entre les républicains, majoritaires à la Chambre des représentants, et les démocrates qui contrôlent le Sénat”.

Une équipe de l’INRA, dirigée par Jean-Paul Renard, a réussi le clonage de lapins (sur une portée de 6 lapereaux, 4 ont survécu). Ces travaux s’inscrivent dans la recherche médicale de la production de protéines recombinantes pour laquelle BioProtéin Technologies bénéficie d’une licence de l’INRA. Les travaux de l’INRA devraient permettre d’accroître l’utilisation de lapins en laboratoire pour des applications biotechnologiques : “Le lapin se prête plus facilement à des manipulations génétiques. Il est aussi beaucoup plus proche de l’homme sur le plan génétique que les rats”.