Economie & Consommation

Au moment de la réforme de la PAC, le Président de la République, J. Chirac, a évoqué les OGM. Il a notamment souligné la nécessité de « s’assurer qu’ils répondent à de réels besoins et que le principe de précaution (...) est bien respecté. Ils ne doivent pas non plus être un facteur de dépendance supplémentaire des agriculteurs des pays en développement ». Or, il estime que ces conditions ne sont pas remplies actuellement. Le Président a également émis l’idée de créer en France une « Fondation pour l’agriculture et le développement rural dans le monde, qui permettra de promouvoir un modèle d’agriculture et de ruralité à la fois moderne et humain ». Cette dernière « s’appuyant sur les professionnels et les centres de recherche français, permettra d’apporter un appui technique aux pays les plus pauvres et organiser la réflexion sur les stratégies agricoles de développement ».

En 2002, le Japon qui ne produit que 250 000 tonnes de soja, en a importé 5 millions de tonnes, principalement des Etats-Unis et de l’Argentine. Or, malgré la demande du gouvernement aux entreprises de signifier l’utilisation de produits transgéniques, seules 740 000 tonnes de soja importées étaient certifiées non OGM. Précisons qu’au Japon, les produits dérivés d’OGM comme les sauces de soja ou le tofu, ne nécessitent pas d’étiquetage particulier, l’ADN n’étant officiellement plus présent dans le produit final. Malgré cette lacune, l’entreprise Kikkoma s’est engagée à n’utiliser que du soja non transgénique pour la confection de sa sauce de soja.

Une rencontre entre les ministres de l’Agriculture de 180 pays s’est tenue à Sacramento du 20 au 23 juin 2003, sur invitation du Département Américain d’Agriculture pour, d’après la ministre américaine, A. Venneman « permettre aux participants de mieux connaître et comprendre ces sciences et technologies, y compris la biotechnologie, et d’élargir leur accès aux technologies nouvelles par le biais de partenariats entre le public et le privé ». Les ministres européens ont décliné l’invitation, officiellement du fait des discussions sur la réforme de la PAC, officieusement parce que cette rencontre était concomitante avec le dépôt de la plainte américaine contre le moratoire européen. En marge du sommet, près de 2 000 personnes ont manifesté leur désaccord aux OGM.

Le commerce international des semences a plus que quadruplé depuis 25 ans, avec un net décollage à partir de 1985, pour atteindre 3,6 milliards en 1998, soit environ 7% de la production mondiale de semences et 12 % de la valeur commercialisée. Les cinq premiers exportateurs en 2000 sont les Etats-Unis (799 millions d’euros), les Pays-Bas (620 M d’euros), la France (498 M d’euros), le Danemark (150 M d’euros) et l’Allemagne (150 M d’euros). Longtemps réservées à des sociétés familiales ou à des coopératives locales, l’obtention et la production de semences se sont profondément concentrées en quelques décennies. Les six leaders mondiaux contrôlent un quart du marché mondial de la semence : Pioneer et Monsanto 7% chacun, Syngenta 4 %, Limagrain 3 %, Seminis 2 %, Advanta 1,5 %.

Le premier animal de compagnie transgénique est un poisson fluorescent. Conçu par H.J. Tsai (Université Nationale de Taïwan) pour des recherches médicales, ce poisson baptisé « Night Pearl », a été obtenu en introduisant un gène de fluorescence de méduse. Cette technique scientifique assez triviale sert à suivre le parcours de cellules grâce à des marqueurs de couleur [1]. Ce poisson est déjà commercialisé, à Taïwan, par l’entreprise Taikong Corporation, et le sera bientôt aux Etats-Unis. K. Davenport, Directrice de l’Association de Commerce des Ornements Aquatiques a déclaré que « c’est la partie visible de l’iceberg. Ils peuvent maintenant mettre n’importe quel gène dans un animal et faire n’importe quoi ». De son côté, l’Aquarium National du Royaume-Uni s’inquiète du transfert de gènes à d’autres espèces, « un axe exploré par les chercheurs est l’insertion d’un gène permettant aux poissons tropicaux de vivre dans des aquariums non chauffés. S’ils s’échappent, nous verrons d’étranges animaux tropicaux se développer dans nos rivières ». Le laboratoire du Pr. Thais travaille maintenant sur d’autres poissons en vue de futures commercialisations.