Inf'OGM Economie & Consommation

L’Afrique du Sud sera, cette année, le premier pays au monde à commercialiser du maïs blanc transgénique, issu de semences vendues par Monsanto, Pioneer et Pannar Seeds. Etant donné que la législation ne prévoit aucun étiquetage, "le maïs blanc ne sera pas différencié", regrette H. Swanby, de l’association Biowatch. Autre nouveauté, ce pays s’apprête à cultiver une variété transgénique de coton, produite par l’américain Stoneville Pedigreed Seed, dans la province du Limpopo, au nord du pays. "Aucune information n’est disponible sur ce type de coton, qui n’est cultivé nulle part ailleurs dans le monde", dénonce G. Ashton, de l’ONG Safeage. Monsanto rappelle que ce coton, issu d’un croisement entre deux variétés transgéniques déjà autorisées aux Etats-Unis, à savoir le Bollgard II (produisant un insecticide) et le Roundup Ready, n’a pas eu besoin d’autorisation spéciale aux Etats-Unis. Monsanto emploie 200 personnes en Afrique du Sud, sur un total de 2 900 employés en Afrique subsaharienne. Selon Africa Bio, association promotrice des OGM, 75% des petits planteurs de coton du pays auraient planté cette année du coton OGM sur quelques 50 000 hectares.

La Fondation pour la Recherche en Agriculture Biologique (OFRF) [1] a effectué une enquête auprès des agriculteurs biologiques portant sur les premiers impacts des OGM sur leur travail : 17% ont pratiqué des tests de cultures OGM dans leur champs pour évaluer les contaminations et, parmi eux, 65% en ont effectivement détectées. Afin de les éviter, 19% des sondés ont augmenté la taille de leurs zones tampons et 15% ont varié leur date de plantation. 46% estiment que les risques d’exposition aux OGM existent, 30% les estimant très importants. Enfin, seuls 10% des agriculteurs interrogés considèrent que l’actuelle législation protège suffisamment l’agriculture biologique. C’est pourquoi le Président de l’OFRF, R. Rosmann, demande "la mise en place d’un moratoire sur la dissémination d’OGM tant que des règles plus strictes ne sont pas mises en place pour contrôler cette dissémination".

K. Ralph, agriculteur du Tennessee, qui avait conservé des semences de sa récolte de coton transgénique, a été poursuivi en justice par Monsanto et condamné, le 7 mai 2003, à 9 mois en prison et à une amende de 170 000$.

Cinq parlementaires australiens ont rencontré des responsables de 38 organismes canadiens, allant des agriculteurs aux représentants gouvernementaux afin de juger de l’intérêt de la culture du colza transgénique. 9 personnes sur 10 ont répondu qu’elles ne répéteraient pas la même erreur si c’était à refaire. Leur principal constat : les risques (contamination, perte du marché européen,..) dépassent de beaucoup les bénéfices. Les parlementaires australiens proposeront de maintenir le moratoire sur les OGM en Australie.

La filiale brésilienne d’Eurofins, GeneScan do Brazil, vient d’être accréditée par le ministère de l’Agriculture brésilien [2]. Elle pourra désormais offrir ses services pour la détection, l’identification et la quantification des OGM dans l’agriculture et l’alimentation.

Le British Retail Consortium, qui représente 90% des grands magasins britannique dont Tesco et Sainsbury, a envoyé au gouvernement un avertissement sans équivoque qui stipule que les supermarchés refuseront les aliments génétiquement modifiés. Considérant les OGM commercialement non viables, les supermarchés ne souhaitent pas leur consacrer de la place sur les étals.

Les supermarchés Colruyt, Carrefour et Delhaize-Le-Lion s’étaient engagés, en 2000, vis-à-vis de Greenpeace, à ne plus utiliser d’OGM dans les produits de leurs propres marques. C’est chose faite en ce qui concerne les œufs, la volaille et le poisson. Des démarches sont entreprises pour la viande de porc et de bœuf, mais aucune garantie ne peut encore être donnée, pas plus que pour les produits laitiers. Greenpeace incite donc les consommateurs européens à faire pression sur les principaux supermarchés européens pour qu’ils complètent leur filière sans OGM.

Le plus grand meunier du Royaume-Uni, Rank Hovis, a déclaré qu’il ne se fournirait plus en blé nord-américain si les Etats-Unis et / ou le Canada autorisait la commercialisation du blé transgénique. Il envisage même d’acheter son blé en Allemagne ou en Australie, pays exempt de blé transgénique. Etats-Unis et Canada totalisent environ 40% des exportations mondiales de blé (soit 98,3 millions de tonnes). Rank Hovis importe 500 000 tonnes de blé d’Amérique du Nord, sur 5 millions de tonnes traitées.