Inf'OGM Consommation & Economie

Un collectif d’associations a déclaré avoir découvert du soja GM en vente dans les supermarchés [1]. Sur cinq groupes de produits non étiquetés, trois se sont avérés contenir du soja GM. Les associations ont interpellé les autorités.

Dans l’actualisation du rapport de 2003 intitulé “Les risques commerciaux du blé GM”, le Dr R. Wisner, de l’Université d’Iowa, explique que la commercialisation de blé GM ne résoudra pas le déclin des exportations de blé états-unien et la réduction des surfaces agricoles allouées à cette culture, du fait du rejet des PGM par les importateurs de blé. De plus, selon R. Wisner, la variété Alsen de blé non GM résistante au fusarium a été massivement mise en culture dans le Dakota : le fusarium, cible de la variété de blé GM commercialisable, n’est donc plus un problème majeur [2]. En Egypte, lors d’une rencontre entre des représentants états-uniens et les contacts commerciaux du Moyen-Orient et d’Afrique de l’Est, le responsable de la Commission du Kansas pour le Blé a déclaré qu’il est délicat d’expliquer aux acheteurs que son pays soit le seul à cultiver du blé GM [3].

L’Institut gouvernemental sur l’Environnement, Ibama, montre que la consommation nationale de glyphosate a augmenté de 95% de 2000 à 2004 [4]. Or, en parallèle, les surfaces cultivées avec du soja GM tolérant l’herbicide Roundup, à base de glyphosate, ont augmenté de 71%. Ce soja est pourtant supposé permettre une diminution de la quantité d’herbicides utilisés. Dans l’Etat du Rio Grande do Sul, l’augmentation de 106% pour la consommation de glyphosate est parallèle à une hausse de 36% des surfaces cultivées avec du soja GM. Les scientifiques de l’Institut National de Recherche Agricole (EMBRAPA) ignorent encore les conséquences de cette augmentation mais commencent déjà à observer l’apparition de résistances au glyphosate.

En Suède, le Ministère de l’Agriculture fait état d’une présence de riz GM LL601, non autorisé (cf. Inf’OGM n°78), dans des aliments pour chien. Les analyses n’ont pas établi la quantité de riz LL601 présent. Les autorités suédoises ont alerté les importateurs concernés et leur ont demandé de retirer les produits potentiellement contaminés des rayons.
En Finlande, sur neuf produits destinés à l’alimentation humaine et contrôlés par le laboratoire des douanes, six contenaient du riz LL601 et sur neuf produits destinés à l’alimentation animale, un seul en contenait. Les produits pour alimentation humaine sont importés par Masterfoods Oy et Ruokakesko Oy et le produit alimentaire pour chat, par Akvaario Piekkala Oy. Les autorités ont ordonné le retrait des produits concernés [5].
Au Ghana, Sierra Léone, Philippines et Afrique de l’Ouest, les stocks de riz importés des Etats-Unis, dans le cadre d’échanges commerciaux ou d’aide alimentaire, contenaient tous du riz LL601 [6].

La contamination par du riz GM a entraîné 25 plaintes fédérales, un arrêt du commerce avec l’Europe, un moratoire sur l’importation de riz états-unien par d’autres pays, des demandes d’analyses généralisées, la découverte d’une autre contamination par le riz LL62, des résultats positifs de contamination dans 32% des 700 échantillons de riz longs grains analysés aux Etats-Unis et une impossibilité pour cette industrie de pouvoir retourner à une production sans OGM. La Fédération états-unienne du Riz a publié un plan de retrait du riz GM LL601 demandant aux autorités d’agir afin d’assurer l’absence de riz LL dans les semences prévues pour 2007. Ce plan recommande notamment un engagement de chaque opérateur à fournir des échantillons en vue d’analyses, qu’aucun riz de la variété Cheniere (dont les stocks sont, de manière controversée, suspectés d’être à l’origine de la contamination) ne soit commercialisé en 2007 et que des documents écrits certifient l’absence de riz LL à toute étape du processus. Enfin, en réponse aux accusations dans le cadre des plaintes déposées contre Bayer, cette dernière affirme notamment ne porter aucune responsabilité pour cette contamination qui serait due “aux circonstances inévitables qui ne peuvent être prévues par personne [...], à la négligence et à l’absence d’attention des agriculteurs [...] et à un acte de Dieu”. Le 24 novembre, le Ministère de l’Agriculture états-unien a autorisé commercialement ce riz LL601, après avoir analysé les données scientifiques fournies par Bayer.