Consommation & Economie

Après s’être vu refusé le droit d’acquérir l’entreprise Delta Pine and Land en 1999 pour cause de création de monopole, Monsanto réitère une tentative cette année. Le rachat est estimé à 1,2 milliards d’euro. La décision des actionnaires ainsi que l’accord des autorités de la concurrence sont toujours attendus. Afin d’éviter d’essuyer un nouveau refus, Monsanto a proposé de revendre sa filiale Stoneville et fait valoir l’apparition de nouveaux concurrents sur le marché du coton. Delta Pine and Land est leader mondial du marché des semences de coton (285 millions d’euro de chiffre d’affaires en 2005, 27% du marché mondial) et contrôle actuellement 52% du marché états-unien sur le coton : une telle opération conduirait Monsanto à contrôler entre 60 et 65% du marché. Delta Pine and Land a racheté cet été les activités coton de Syngenta, qui comprennent des actifs en Inde, au Brésil, en Europe et aux Etats-Unis. Par ailleurs Monsanto a rendu public le bénéfice généré par ses activités au cours du premier trimestre 2006, soit 263 millions d’euro. En 2005, le bénéfice sur la même période était de 37 millions d’euro. Le chiffre d’affaires net est de 1,4 milliards d’euro contre 1,26 milliards en 2005.

Au 26 septembre 2006, la surface déclarée de cultures commerciales de PGM était de 4 500 ha, selon le Ministère de l’Agriculture. Ce chiffre est la donnée minimale, les déclarations de cultures GM relevant encore, du fait de la non-transposition en droit français de la directive 2001/18, d’une démarche volontaire de l’agriculteur.

A la demande de Greenpeace, un sondage, réalisé par l’institut CSA auprès de 950 personnes et publié le 15 septembre, indique que 86% des sondés demandent une interdiction temporaire des PGM (58%), voire définitive (28%). Seuls 11% des sondés sont opposés à une interdiction.

Le Ministre de la recherche, Lord Sainsbury, est soupçonné de conflit d’intérêt après que de larges subventions aient été accordées par ce ministère à des projets conduits par le laboratoire Sainsbury [1]. Ainsi, depuis 1997, année de l’élection du parti travailliste au Royaume-Uni et de la nomination de Lord Sainsbury à ce Ministère, le laboratoire Sainsbury s’est vu accorder une subvention de 12,5 millions d’euro. Ce laboratoire travaille notamment sur les cultures transgéniques. Une autre subvention de 6 millions d’euro a été accordée à Plant Bioscience, une entreprise créée par la fondation Sainsbury.

Le ministère de l’Agriculture a annoncé qu’il demandait aux producteurs de semences de fixer des prix bas et abordables sur les semences de maïs GM Bt afin que le nombre d’agriculteurs utilisant ce type de plantes ne diminue pas. Le prix de vente actuel est de 3,5 euro le kilogramme, soit deux fois le prix du maïs non transgénique]. Selon une étude de Greenpeace, ce prix doit également être augmenté du coût croissant des intrants nécessaires à la culture de maïs Bt.

Les négociations sur les indemnisations réclamées par Monsanto pour les royalties perdues suite aux cultures illégales de soja transgénique en 2005 (cf. dossier en page 3) viennent de se finir. Chaque producteur de soja GM devra payer 28 centimes d’euro par kilo de semences achetées (11 euro pour 40 kg), montant qui n’était pas sujet à négociation [2]. Pour un producteur ayant cultivé du soja GM illégalement, le montant initial à payer était de 2% de la valeur de la récolte, soit l’équivalent d’un kg de semences par tranche de 71 kg de soja transgénique récolté. Ce chiffre était basé sur une productivité de culture évaluée par Monsanto pour les cultures de soja conventionnelles des sept années précédentes. Finalement, les négociations ont fixé un prix à payer équivalent à un kg de semences par tranche de 74 kg de soja transgénique récolté.

Suite à la découverte de colza transgénique Topaz 19/2 dans une production non transgénique (cf. Inf’OGM n°67), l’enquête a établi que la contamination ne trouvait pas son origine dans une repousse de colza sur ce site [3]. D’après A. Schaap, aucune cause n’a pu être clairement identifiée comme étant le point d’origine de cette contamination, d’où l’hypothèse “d’une erreur humaine telle qu’un non-étiquetage d’un sac de semences”.