Inf'OGM Consommation & Economie

Selon le Programme Alimentaire Mondial (PAM) [1], en Afrique australe, réduire le nombre de personnes souffrant du VIH/sida, donner un accès à l’éducation ou à de l’eau potable et fournir des vaccins contre les maladies infantiles ne passera pas par une solution agricole. Selon le PAM, l’apparition d’épidémies de choléra prouve que l’Afrique australe souffre toujours d’une situation sanitaire précaire. Les PGM sont pourtant régulièrement présentées comme la solution aux problèmes de l’Afrique.

Bayer et le Centre International de Recherche sur le Maïs et le Blé (CIMMYT) ont signé un accord afin que le CIMMYT bénéficie de semences de maïs Clearfield, technologie qui les rend tolérantes aux herbicides à base d’imidazolinone. Cet herbicide permet notamment de lutter contre la striga, herbe qui étouffe les racines du maïs [2]. L’avantage non caché de la technologie Clearfield est que les plantes modifiées ne sont pas considérées comme transgéniques, elles ne sont pas soumises à la réglementation des PGM, mais sont protégées par un brevet (Cf. Inf’OGM n°67). Dans une autre perspective, le Pr. Watson (Université McGill, Canada) a mis au point un mode de lutte biologique contre la striga, qui utilise le champignon Fusarium oxysporum, lequel empêche la striga de se développer. Cette technique est l’objet de tests au Mali et elle est utilisée au Mali, Burkina Faso, Cameroun, Soudan et Togo [3]

En 2005, le gouverneur de l’Etat du Parana, R. Requiao, avait déclaré un moratoire sur tout OGM devant transiter par le port de Paranagua, point central des exportations de soja brésilien. Suite à des plaintes de semenciers nationaux et multinationaux, la juge fédéral G. Mayer a statué le 30 mars 2006 que ce moratoire n’avait plus lieu d’être, le Brésil ayant autorisé le soja GM en 2005 [4]. Pourtant, en septembre 2005, un tribunal fédéral avait affirmé légal ce moratoire, reconnaissant l’impossibilité d’assurer la ségrégation entre le soja GM et non GM dans le port, ainsi que l’exige la loi brésilienne.

Accusé par Greenpeace d’utiliser de la farine de riz transgénique Bt dans des aliments pour enfants, Heinz a récusé ces accusations sur la base de tests non rendus publics. Le Président de Heinz Chine, D. Gadsden, a souligné qu’ “il n’y a aucun problème de qualité dans les produits de son groupe” et qu’il ne comptait pas les retirer de la vente. Les résultats ont été remis par Heinz au gouvernement. Le Ministère chinois de l’Agriculture, après analyse de 43 échantillons par un laboratoire gouvernemental, a déclaré qu’aucun ne contenait de produits GM [5]. Depuis Greenpeace a déclaré avoir trouvé d’autres pots d’aliments pour enfants, vendus à Hong-Kong et Guangzhou, contenant du riz GM sur base d’analyses effectuées par DNA Chips Ltd. Aucune autorisation de commercialisation de riz transgénique ou produits dérivés n’a été délivrée en Chine. Greenpeace avait déjà révélé la découverte de cultures illégales et de commerce clandestin de riz transgénique à Guangzhou en 2005 (cf. Inf’OGM 63).

Le rapport “L’impossible coexistence” [6], réalisé par Greenpeace en partenariat avec les organisations espagnoles la Plataforma Transgènics Fora ! et l’Assemblea Pagesa de Catalunya, fait un état des lieux des contaminations suite à enquête effectuée en Catalogne et en Aragon, auprès de 40 exploitations, avec prélèvements et analyses. Cette enquête montre que près de 25% des champs de maïs testés sont contaminés par du maïs GM (à des taux allant jusqu’à 36%) ; que les distances de sécurité entre les champs GM et non GM ne sont pas respectées et que des PGM non autorisées sont commercialisées. Selon Greenpeace, ce rapport montre que la coexistence est impossible.

ERRATUM - Le taux de contamination maximal évoqué dans le rapport de Greeenpeace n’est pas 36% mais 12,6%.

Début avril, le Ministère de l’Environnement et des Ressources Naturelles a détecté des cultures de coton GM, dans les communes de Bácum et de San Ignacio Rivière Morte situées dans l’Etat de Sonora, réalisées par Monsanto sans les autorisations correspondantes [7]. Monsanto avait obtenu des autorisations pour des cultures de coton GM dans d’autres communes de l’État (Cajeme et Benito Juárez). Les services de l’Etat n’ont pas encore décidé de la suite à accorder à cette infraction.