Inf'OGM Consommation & Economie

Suite à la proposition de la Commission européenne (cf. Inf’OGM n°70), IFOAM Europe [1] souligne que le mouvement bio ne tolère pas de contamination de ses produits par des OGM. La Commission européenne précise que les seuils d’étiquetage définis par les règlements OGM (1829/2003 et 1830/2003) s’appliquent de la même manière aux produits conventionnels et biologiques. Cette affirmation est trompeuse, car la contamination par des PGM des produits bio est définie par la certification bio, puis par le marché des produits bio. Or l’actuelle réglementation de l’agriculture biologique interdit aux producteurs certifiés d’utiliser des PGM. Cette restriction demeure inchangée dans la proposition de révision. Les agriculteurs bio contaminés subissent donc un préjudice économique. Ainsi IFOAM Europe demande que l’UE propose un vrai régime de responsabilité.

Selon un sondage effectué auprès de 1003 personnes par BVA pour Agir pour l’Environnement [2], 78% des Français (contre 20%) souhaitent que les PGM soient interdits temporairement, afin d’avoir le temps d’évaluer leurs impacts de manière convaincante. 72% des sondés souhaitent pouvoir s’exprimer par référendum sur la réglementation OGM. 74% des sondés veulent que leur député interdise les cultures d’OGM, en appliquant strictement le principe de précaution. Enfin, 85% des Français considèrent que les labels de qualité (Label Rouge, AOC) doivent être exempts d’OGM.

“Scripps Howard News Service” (SHNS) a cessé sa collaboration avec le journaliste M. Fumento, ce dernier n’ayant pas informé les lecteurs qu’il avait reçu une subvention de Monsanto en 1999 d’un montant de 50 000 euros [3]. Cette subvention a transité par l’Institut d’Hudson, employeur de Fumento.

Selon le Conseil International sur les Politiques Commerciales Alimentaires et Agricoles (IFATPC), le respect du protocole de Carthagène devrait augmenter les coût des aliments importés, car il impose notamment la vérification des cargaisons dans les ports. Ce coût, basé sur une surveillance annuelle de 3500 cargos, avec un échantillon par cargo, suite aux exportations états-uniennes et argentines de maïs, a été chiffré à 787 000 euro pour la vérification d’une cargaison, 1 970 000 euro pour l’identification de l’OGM et 3 662 000 euro pour sa quantification, soit un total de 6,5 millions d’euro. L’IFATPC compte parmi ses membres Monsanto, Cargill, Syngenta.

En 2005, la Station fédérale de recherches Agroscope Liebefeld-Posieux a analysé 280 échantillons d’aliments pour animaux de rente. Cinq contenaient des PGM (dont deux supérieurs à 0,9%)[ [4].

La DGCCRF a recherché la présence fortuite de PGM dans les semences conventionnelles [5] : 109 contrôles ont été effectués (dont 106 assortis de prélèvements répartis en 49 lots de semences de maïs “grain”, 3 lots de maïs doux, 18 lots de soja et 36 lots de colza d’hiver). 82 prélèvements étaient d’origine française, 24 lots importés (Hongrie, Autriche, Slovaquie) et de pays tiers (Chili, Etats-Unis, Turquie et Roumanie). Sur les 109 échantillons, “l’analyse a révélé la présence de traces d’un OGM, non autorisé à la culture en Europe, à hauteur de 0,1 % dans un seul des échantillons prélevés : le lot a aussitôt été réexpédié vers l’un des dépôts de l’entreprise en Italie”. Interrogée par Inf’OGM, la DGCCRF considère comme “non divulgable” le type d’OGM incriminé.

Selon l’agence de sécurité alimentaire, aucun maïs Bt10, non autorisé, n’a été trouvé dans les importations de maïs en 2005. 190 analyses ont été conduites sur 19 échantillons de maïs prélevés dans différents endroits en septembre et octobre 2005 et tous les résultats obtenus étaient négatifs.

Une étude [6] du Pr. Boetha de l’Université d’Etat Libre montre que de nombreux produits sont étiquetés “non OGM” à tort. Malgré l’absence d’une législation imposant l’étiquetage, de nombreux produits, locaux et importés, sont pourtant certifiés “non OGM”, “sans OGM” et “organique”. Or, sur 58 produits échantillonnés, 44 contenaient des OGM et sur 20 étiquetés “sans OGM”, 14 contenaient des OGM. L’Afrique du Sud est le seul pays africain à cultiver des PGM commercialement.