Consommation & Economie

Par le biais de sa filiale Kraft Foods, qui intervient dans le commerce de café torréfié (Carte Noire, Grand’Mère, Jacques Vabre...) et de chocolat en tablette (Côte d’Or, Milka, Suchard, Toblerone...), l’entreprise états-unienne Kraft a déclaré qu’elle cesserait de fournir le marché chinois avec des produits alimentaires contenant ou dérivés de PGM. Cette décision, qui entrera en vigueur en janvier 2007, concerne tous leurs produits, dont les additifs alimentaires et agents de saveur. Kraft Foods est le n°2 mondial de l’alimentaire et de la boisson [1]. Selon Greenpeace, cette décision a été prise suite à une campagne menée depuis début 2005 et qui a amené plusieurs supermarchés à retirer de leurs rayons, les produits de Kraft [2]. L’entreprise Kraft définit sa position sur l’utilisation des PGM dans leurs produits comme conditionnée à : un consensus sur la sécurité d’un ingrédient transgénique, une acceptation dans la zone de vente des produits transgéniques par les consommateurs, un système de production et un produit final nécessitant cet ingrédient transgénique, une autorisation de l’ingrédient par les autorités nationales et enfin, à l’absence d’obligation d’étiquetage du produit final [3].

Le leader du marché de la viande suédois, Swedish Meats, vient de mettre un terme à son propre moratoire de 10 ans qu’il respectait sur l’alimentation du bétail, et cela à compter du 1er janvier 2006 [4]. Cette décision est due à la difficulté actuelle à se fournir en soja non transgénique, surtout depuis que le Brésil s’est orienté dans la filière transgénique. Selon Swedish Meats, le prix du soja non GM devrait doubler en 2006. D’autres entreprises suédoises comme Kott och Charkforetagen, vont faire de même. Pour rappel, les produits dérivés d’animaux nourris aux PGM comme le lait, la viande ou autres ne sont soumis à aucun étiquetage selon la loi européenne.

L’Agence Australienne de Biotechnologie a présenté une étude concluant que les opinions des consommateurs sont souvent plus complexes que de simples avis émis par le biais de sondages [5]. Selon son auteur, M. Cormick, les sondages ne sont pas révélateurs du comportement des consommateurs ; l’attitude de ces derniers envers leur alimentation est révélatrice de celle envers les PGM ; les soucis exprimés sur les PGM sont comparables à ceux concernant les conservateurs artificiels ; les PGM sont mal compris ; une hiérarchie de valeurs prédestine l’opinion contre les PGM ; l’alimentation transgénique est la cible de plusieurs idéologies variées. Selon M. Cormick, l’industrie doit tenir compte de cela afin de mieux aligner ses produits sur la demande des consommateurs. Enfin, ce rapport affirme que l’opinion des consommateurs est basée sur des sentiments plus que sur une connaissance réelle de ce que sont les PGM. Nombre d’opposants à la dissémination des PGM estime aussi qu’une information sérieuse et documentée et un débat public doit avoir lieu.

Arcadia Biosciences a signé en septembre 2005 un contrat de 2,4 millions d’euro avec le Ministère de la Défense, afin de livrer à l’armée américaine des laitues et tomates à durée de vie plus longue. Pour ce faire, l’entreprise va utiliser la technique dite de TILLING, permettant de générer rapidement des plantes possédant une mutation précise, plantes non transgéniques et ne nécessitant donc pas d’évaluation sanitaire particulière [6] [7]. Arcadia envisage de les commercialiser pour le grand public.

Le Centre Commun de Recherche (CCR) de la Commission européenne effectue une étude sur les conséquences économiques, sociales et environnementales de la biotechnologie moderne [8]. Il est prévu de comparer la situation européenne avec celle des Etats-Unis, de la Chine, du Japon et du Canada. Les résultats sont attendus pour mi-2007.

Selon le “journal japonais d’Agriculture”, un agriculteur de la région d’Hokkaido a découvert deux plants de maïs transgénique, tolérant au Roundup dans son champ. Cette découverte, confirmée par des analyses en laboratoire, a eu lieu alors que l’agriculteur nettoyait son champ de “mauvaises herbes”, avec du roundup [9]. Ces plantes transgéniques proviennent du lot de semences achetées par l’agriculteur et importées des Etats-Unis. Aucune culture transgénique n’est autorisée Japon. 74 PGM - pomme de terre, soja, betterave à sucre, maïs, colza, coton, luzerne - et quelques additifs alimentaires sont autorisés pour la consommation et l’importation [10].