Consommation & Economie

Dans l’Etat de l’Arkansas, 25 agriculteurs ont ressemé du riz résistant à l’herbicide Newpath, riz produit par mutagenèse par BASF et breveté sous le nom de Clearfield rice. Ils ont été condamnés à payer 2,5 millions de dollars à BASF. Les agriculteurs qui utilisent cette variété sont soumis à un contrat qui stipule l’interdiction de sauvegarder des semences, l’obligation de planter du soja l’année d’après et le droit pour BASF d’inspecter leur ferme. Les semences sauvegardées ont été cultivées sur 2500 ha. La surface rizicole étatsunienne est de 750 000 ha de riz (dont 100 000 ha cultivés avec du Clearfield Rice).

Selon un sondage mené par the All-Russia Public Opinion Research Center (VTsIOM), entre le 30 avril et le 1er mai auprès de 1600 personnes, 45% des Russes rejettent catégoriquement l’alimentation transgénique, 23% se déclarent peu susceptibles d’en consommer. Seul 3% des sondés se montrent favorables et 4% précisent n’être pas trop inquiétés par ces aliments. Enfin, 21% des sondés estiment ne pas savoir ce que sont les OGM. D’après ce sondage, deux éléments favorisent l’opposition aux OGM : l’aisance financière et le niveau d’étude. Un autre sondage, réalisé entre le 26 avril et le 4 mai auprès de 200 “experts”(agriculteurs, responsables de magasins d’alimentation, médecins, élus, responsable de la santé ou de l’agriculture) établit que 76% d’entre eux demandent un moratoire sur les cultures transgéniques en Russie tant que leur innocuité n’est pas prouvée.

La Zambie s’est engagée dans la construction d’un laboratoire de biologie moléculaire afin de pouvoir détecter la présence des OGM qui entrent sur son territoire. Ce projet, hébergé par The National Institute for Scientific and Industrial Research est soutenu financièrement par le gouvernement norvégien qui a donné 330 000 dollars pour acheter l’équipement et former les scientifiques (cf. Inf’OGM n°58).

Max Havelaar, association du commerce équitable, s’est engagé dans une filière de coton équitable en association avec Dagris, entreprise française de promotion du coton. Or, Dagris a clairement exprimé son soutien à l’agriculture transgénique, notamment via un partenariat avec le CIRAD. De plus, Max Havelaar a accepté de travailler avec certains syndicats de producteurs, comme la Sodefitex (Sénégal), dont Dagris est actionnaire à 48%. Max Havelaar aura-t-il les moyens d’éviter le coton transgénique, comme l’affirme son communiqué de presse ? Rappelons qu’il existe déjà des filières de coton équitables, biologiques et indépendantes.

Le Japon a découvert qu’un cargo étatsunien contenait 390 tonnes de maïs Bt10, maïs non autorisé à l’importation et a donc décidé de tester tous les navires américains. Malgré l’importance de la contamination, le gouvernement continuera d’importer du maïs des Etats-Unis, contrairement à ce que les importateurs avaient annoncé (Inf’OGM n°64). Le Japon achète 16 millions de tonnes de maïs annuellement, dont 90% en provenance des Etats-Unis.

L’Institut national pour les études environnementales du Japon (INEE) a découvert que du colza GM poussait librement à la périphérie de cinq ports et une enquête menée par des groupes de citoyens en a trouvé dans trois autres ports. Il en a été retrouvé jusqu’à 30 km du port de Kashima. Par ces ports transite le colza GM importé du Canada. Près de 80 % des deux millions de tonnes de colza importées annuellement par le Japon proviennent du Canada où 4/5 du colza cultivé est transgénique. De nombreuses associations demandent donc au gouvernement canadien l’arrêt des exportations de colza génétiquement modifié, car il peut contaminer les cultures vivrières apparentées présentes au Japon comme le chou, le chou chinois et le rutabaga (cf. Inf’OGM n°59).

La Commission européenne a annoncé qu’un lot de gluten de maïs génétiquement modifié contenant du Bt10, non autorisé dans l’UE, avait été saisi le 24 mai 2005 par les autorités irlandaises sur un navire en provenance des Etats-Unis. La cargaison a été consignée afin qu’elle ne contamine pas la chaîne alimentaire. Les Etats-Unis avaient averti les autorités irlandaises avant que le bateau n’arrive à destination. Le 18 avril 2005, l’UE avait exigé (1) que les exportations américaines de gluten de maïs et de graines de brasseur soient accompagnées d’un certificat attestant l’absence de Bt10. Depuis, les laboratoires américains ont procédé à 290 tests dont un seul s’est avéré positif.