Consommation&Economie

Syngenta a porté plainte devant le tribunal fédéral de Delaware (USA) contre Monsanto, qu’il accuse de monopole. Syngenta accuse notamment Monsanto de l’empêcher de commercialiser des semences de blé transgénique GA21. La technologie GA21 qui permet la tolérance au glyphosate a été achetée à Bayer par Syngenta le 12 mai dernier. Monsanto met "la pression sur les entreprises fabriquant des semences avec du GA21, pour qu’elles détruisent les stocks existants", et qu’elles "concluent des accords de distribution avec elle", indique Syngenta.

Des étudiants de l’Université de Berkeley (Californie) ont publié un rapport concernant un contrat de recherche d’un montant de 25 millions de dollars passé entre leur université et Novartis (Syngenta). Ce contrat, d’une durée de 5 ans, mobilise presque entièrement le département de biologie. Le rapport estime que la décision de ne pas reconduire le contrat de Chapela (qui avait dénoncé la contamination des maïs sauvages mexicains) pourrait trouver dans ce contrat des explications. Pour les rapporteurs, cette expérience ne doit pas être répétée, même si Novartis n’a pas breveté une seule invention produite durant ces cinq dernières années. Le vice-président de l’Université Davis, Barry Klein, a déclaré que “la majorité des élèves vont finir par travailler dans l’industrie. Nous ne voulons pas voir l’industrie comme un ennemi”.

Le 2 août, les auditions préliminaires dans le conflit qui oppose Nestlé à All-national Association of Genetic Safety, ont eu lieu devant la Cour d’arbitrage de Moscou. Nestlé a engagé ce procès suite aux tests réalisés sur ses produits par le laboratoire Biokom, tests qui montraient que plusieurs produits de Nestlé, notamment des laits déshydratés, comme Nestogen, Alfare, ou des purées de légumes au boeuf, contenaient plus de 5% de soja transgénique. Nestlé n’a pas porté plainte contre le laboratoire, mais contre ceux qui ont rendu public par Internet les résultats. Le jour même, et pour des raisons inconnues, le site en question a été fermé sans que l’association soit prévenue.

La Suisse ne cultive pas d’OGM, mais en importe pour l’alimentation du bétail. “Les échantillons prélevés ces dernières années dans le cadre du contrôle officiel des aliments pour animaux montrent que les exigences relatives à la déclaration des aliments contenant des OGM sont bien respectées par les fabricants d’aliments pour animaux”. L’Ordonnance sur les aliments pour animaux (OAA en vigueur depuis juillet 1999) stipule que les matières premières et les aliments simples pour animaux de rente doivent être étiquetés à partir de 3% d’OGM (2% s’il s’agit d’aliments composés). La crainte ne vient pas du soja, dont la fiabilité et la traçabilité sont sûres puisque venant d’une même région du Brésil, mais plutôt du maïs dont la diversification des sources donnent quelques soucis. Un contrôle officiel traite environ 1800 échantillons par an. Avant la mise en application de la loi, un tiers des échantillons dépassait les normes, après 1999 on en trouve seulement 2,3%, et avec des dépassements jugés faibles par les contrôleurs.
En cas de contamination, suivant l’importance du problème et la quantité incriminée, ils sont réexpédiés ou dilués, ceci pour éviter l’étiquetage dissuasif. Notons que la dilution est interdite (quoique difficilement contrôlable) dans l’UE, qui n’autorise que des contaminations “fortuites et techniquement inévitables”.

Fin juillet, un laboratoire a découvert que des lots de semences de papaye vendus par une station de recherche de la région de Khon Kaen (l’un des plus grands fournisseurs de semences de papaye de Thaïlande) appartenant au Ministère de l’Agriculture étaient contaminés avec des OGM. La contamination, selon Greenpeace, viendrait de cette station, l’expérimentation n’étant séparée des champs de papaye conventionnelle que par des fils barbelés et des bananiers. Greenpeace précise qu’à Hawaï, la commercialisation de papayes génétiquement modifiées a entraîné une chute du prix de vente des papayes de 30 à 40%. Greenpeace estime que les conséquences pour la Thaïlande seront plus graves du fait que la papaye y est consommée quotidiennement.

L’analyse de 51 échantillons de l’année 2003 - 40 matières premières (graines et tourteaux de soja, maïs grain et dérivés) et 11 aliments pour bétail - par la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes révèle que 45% des échantillons étaient exempts d’OGM et 43% en contenaient entre 0,01 et 1%. Les prélèvements contenant plus de 1% d’OGM étaient des tourteaux de soja ou des aliments en incorporant. L’information de l’utilisateur était correcte pour 90% des échantillons. En revanche, dans les autres cas, la présence d’OGM n’était pas étiquetée ou la mention “contient 1% d’OGM maximum” était utilisée abusivement.