Inf'OGM Actions citoyennes

Greenpeace, l’Union Nationale des Agriculteurs, le Bureau Organique du Saskatchewan et le groupe des Cultivateurs Organiques du Canada ont lancé une campagne de publicité pour “mettre fin au projet de commercialisation du blé Roundup Ready de Monsanto”. D. Qualman, de l’Union Nationale des Agriculteurs espère “que cette publicité va encourager les agriculteurs à mettre de la pression sur le gouvernement durant la campagne électorale, et se prononcer clairement contre le blé OGM”. Cette publicité vient d’être refusée par le Western Producers, journal agricole à plus fort tirage dans l’Ouest canadien. De son côté, la Commission canadienne du blé a rendu public un sondage révélant que 87% des acheteurs de blé exigent des garanties qu’il soit non OGM (1).

Au Japon, le plus important regroupement de consommateurs (NO ! GMO - plus de 400 groupes de consommateurs et d’entreprises agroalimentaires japonaises, représentant plus d’un million de personnes) a présenté une pétition au ministre canadien de l’Agriculture, B. Speller, pour également demander de rejeter cette demande de Monsanto. “Le Japon importe presque tout son blé de l’Amérique du Nord, et en particulier du Canada, mais les consommateurs japonais refusent d’acheter ou de consommer des aliments transgéniques”, explique un porte-parole de la coalition NO ! GMO Campain, K. Amagasa. Le Japon, avec des achats annuels de plus d’un million de tonnes, est le plus important acheteur étranger de blé canadien (2).

La Confédération paysanne d’Alsace quitte le comité de suivi de l’essai de vignes transgéniques prévu par l’INRA de Colmar (cf. Inf’OGM n°38). Ce comité comprend une quinzaine de personnes : professionnels, élus, syndicalistes... “En dépit d’une bonne ambiance de travail, nous constatons que nous ne pouvons empêcher les essais ; notre présence ne sert plus à rien”, observe C. Hartmann, porte-parole de la Confédération Paysanne. L’INRA, qui a un protocole d’expérimentation pour des essais en plein champ sur une cinquantaine de porte-greffes, attend le feu vert de la Commission du génie biomoléculaire. J. Masson, président de l’INRA de Colmar, “n’attend pas d’autorisation officielle avant l’été 2004”. Cet essai programmé sur les parcelles de l’INRA porte sur quatre ans. Dans le même temps, des représentants de la Confédération paysanne et de l’OPABA ont adressé au maire de Colmar, Gilbert Meyer, un courrier relatif aux essais de vignes transgéniques programmés par l’INRA dans le but de rendre les plants résistants à la maladie du court-noué. Les deux organisations lui demandent de prendre publiquement position contre les essais en tant qu’élu d’une commune concernée directement et en tant que parlementaire d’une région où la viticulture tient une place majeure dans l’économie locale. Ils rappellent que plus de 1 200 communes françaises ont déjà pris des arrêtés d’interdiction de culture OGM. En parallèle, les agriculteurs biologiques réunis au sein de l’OPABA (300 en Alsace) ont signé en janvier 2004 l’Appel du Rhin, un texte appelant à un Rhin supérieur sans OGM. La ville de Fribourg a déjà adhéré à cette démarche transfrontalière qui réclame une législation européenne fiable pour garantir l’intégrité des semences et des aliments sans OGM.

Le 26 mars 2004, René Riesel, agriculteur lozérien et ancien secrétaire national de la Confédération Paysanne, est sorti de prison. Condamné à six mois de prison pour avoir participé à des arrachages de cultures de plantes transgéniques et incarcéré depuis le 1er décembre, il a bénéficié d’une libération conditionnelle sur décision du juge de l’application des peines, Mme Montaudon.

Dans une lettre ouverte à la direction, 24 employés de l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich dénoncent l’essai de blé transgénique de Lindau (cf. Inf’OGM n°51). Selon eux, les conséquences éthiques de l’expérience ont été sous-estimées. Ils regrettent que seuls les risques techniques aient été évalués et non les conséquences éthiques de l’expérience pour la société. Le porte-parole de l’EPFZ s’est dit surpris par la démarche. Cependant, le vice-président les a invité à un échange d’idées.

L’association Greenpeace, considérant possible l’arrivée de nouveaux produits étiquetés “OGM”, vient de lancer les “détectives OGM”, qui vont traquer les OGM dans les étiquettes et informer Greenpeace. D’après Arnaud Apoteker, responsable de la campagne OGM à Greenpeace France, l’association espère que l’industrie y verra un signal clair qu’elle ne pourra pas introduire subrepticement des OGM dans l’alimentation humaine. De plus, l’alimentation animale, devant également être étiquetée, fournit un levier au consommateur pour exiger que le lait, les œufs, la viande... proviennent d’animaux nourris sans OGM. Greenpeace publie toujours un guide des produits de volaille et de porc qui proviennent d’animaux nourris sans OGM afin d’aider les consommateurs à choisir des produits non OGM. Enfin, Greenpeace utilise son bateau, l’Esperanza, en Europe, pour dénoncer les importations de soja OGM des USA, de l’Argentine et du Rio Grande do Sul, au Brésil. La première étape de ce bateau est Nantes “parce que c’est le point d’entrée d’une bonne proportion du soja importé en France pour l’industrie de l’alimentation animale de l’Ouest du pays” a souligné Arnaud Apoteker.