Inf'OGM Actions citoyennes

Les Amis de la Terre International, soutenus par Action Aid, la Confédération Paysanne, Public Services International, Public Citizen, International Gender & Trade Network, ont lancé une pétition internationale : “OMC, touche pas à ma bouffe”. En mars 2004, plus de 250 organisations à travers le monde ont apporté leur soutien à cette pétition. Cette pétition entend dénoncer l’utilisation faite de l’OMC, notamment par le gouvernement américain, pour obliger la population mondiale à accepter une alimentation génétiquement modifiée.

En 1997, 300 personnes fauchaient pour la première fois en France un champ de colza transgénique à St George d’Espéranche. Monsanto, entreprise engagée dans cet essai, a décidé de porter plainte en 2003. Trois agriculteurs de la Confédération Paysanne seront donc jugés pour “destruction grave de biens appartenant à autrui”, le 23 avril à Vienne. Un comité de soutien s’est créé autour des trois agriculteurs, comprenant plus de 45 associations, syndicats et partis politiques.

Suite à une pétition de Greenpeace, le 30 septembre 2003, la Vérificatrice Générale, Mme Fraser, donnait 120 jours aux cinq ministères (Agriculture, Environnement, Finances, Industrie, Commerce international) pour répondre aux 18 questions de Greenpeace concernant les contaminations, la responsabilité ou le financement de la recherche en biotechnologie. Dans sa réponse, publiée le 28 janvier 2004, on peut lire notamment que le gouvernement a consenti “approximativement 1,6 milliard de dollars en crédits d’impôt à l’investissement annuellement à environ 11 000” entreprises de biotechnologies. De même, l’annexe 1 fait le point sur les fonds consacrés par le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie “à la recherche, au développement et à la promotion de cultures issues de la biotechnologie qui sont destinées à la fabrication de produits pharmaceutiques et de produits industriels”.

Organic Consumers, association des consommateurs de produits biologiques, a lancé une campagne “des millions contre Monsanto” destinée à “mettre un terme au terrorisme industriel global de Monsanto”, représenté par la pollution chimique (PCB, agent orange) et agricole (hormone de croissance bovine, OGM “non testé et non étiqueté”).

Plusieurs campagnes de sensibilisation et d’information sur les OGM portent leurs fruits : d’une part, 70 municipalités de l’Etat - soit un tiers - ont voté des résolutions, durant leur meeting annuel, en faveur d’un moratoire local ou régional ; d’autre part, plusieurs centaines d’éleveurs ou d’agriculteurs - biologiques ou conventionnels - ont signé un “contrat” stipulant qu’ils n’utiliseraient pas d’OGM. Suite à la contamination d’une culture biologique, la campagne “GE Free Vermont” a décidé de mettre l’accent sur le fait que “coexistence = contamination”.

Le 25 mars, dans les locaux du Ministère de l’Agriculture, le Conseil des Droits Génétiques (Consigilo dei Diritti Genetici - CDG) a lancé sa compagne contre la commercialisation du blé transgénique intitulée “Grano o Grane” (littéralement blé ou problèmes). En Italie, le blé est très présent dans l’alimentation traditionnelle (pizza, pâte et pain). Le CDG sensibilisera les acteurs impliqués dans le commerce du blé, au niveau national, mais aussi, si possible, international et notamment nord-américain. Pour cela, le CDG réalisera des actions de communication et contribuera à permettre à des chercheurs de mener des études sur les impacts socio-culturels, économiques, agricoles, nutritionnels, etc. De nombreuses organisations sont impliquées dans cette campagne : Coldiretti (syndicat agricole majoritaire), Assocap (Association des consortium agraires), FLAI-CGIL (syndicat des travailleurs de l’agroalimentaire), Coop, l’Institut Nationale de l’Economie Agraire, ou encore l’Institut National de Recherche sur l’Alimentation.

Le 26 mars 2004, des militants de Greenpeace ont occupé un essai de blé transgénique de l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich. L’association appelle l’EPFZ à renoncer à son expérience et à détruire les semences. En pratiquant les semis transgéniques avant la fin du délai de 30 jours durant lequel il aurait été possible de recourir contre cette autorisation, l’EPFZ a mis les adversaires de l’essai devant le fait accompli, estime Greenpeace, qui ajoute que le Tribunal fédéral n’aurait examiné le cas que sur la forme, sans évaluer les questions de sécurité.

Une coalition de 27 organisations d’agriculteurs, de consommateurs et de religieux appelle l’administration Bush à conduire plus d’enquêtes publiques quant aux impacts sociaux, économiques et environnementaux du blé roundup ready de Monsanto (conformément à la National Environmental Policy Act) et à étudier concrètement la faisabilité de la ségrégation des filières entre blé OGM et blé conventionnel. Cette pétition se veut une extension de la pétition lancée par les producteurs de blé de la ‘Plaine du nord’, en mars 2003. Suite à la première pétition, le gouvernement avait jugé la demande initiale de Monsanto pour le blé RR “déficiente”1. De son côté, Greenpeace Canada propose d’écrire au Premier Ministre, P. Martin, afin qu’il interdise le blé transgénique.