Actions citoyennes

E. Gumanoy, agriculteur et représentant de l’organisation paysanne KMP, opposée aux OGM, a été assassiné. En réaction, des centaines d’agriculteurs ont manifesté : iIs demandent que la Présidente de la République, G. Macapagal-Arryo, soit reconnue comme le cerveau des meurtres de E. Gumanoy et du militant pour les droits de l’Homme, E. Marcellana.

Un rapport publié par la Pew Initiative sur l’Alimentation et les Biotechnologies dénonce l’incapacité de l’administration (USDA et FDA) à surveiller la dissémination post-commerciale des OGM. Quant à la troisième agence, l’Agence de Protection de l’Environnement (EPA), le rapport précise qu’elle s’abstient d’effectuer ces contrôles malgré son mandat qui l’y autorise. Pire, les minces mesures prises par ces agences ne sont pas suivies dans leur application, à l’image des zones refuges obligatoires mais non surveillées. Pour M. Taylor, un des auteurs, seule la saisie de la Cour Suprême pourrait faire que des réels moyens de surveillance soient mis en place. Les porte-paroles des agences concernées ont répondu que le suivi post-commercialisation relevait plus de la confiance dans les agriculteurs et dans les entreprises de respecter la loi.

Durant l’automne 2002, l’Oregon avait fait l’actualité des OGM aux EU avec un référendum sur l’étiquetage des produits contenant des OGM. Ce référendum avait conclu finalement, sous la pression financière des lobbys de l’industrie biotechnologique, au rejet de l’obligation d’étiquetage (cf. Inf’OGM n° 36). Ce référendum a surtout posé la question des droits des gouvernements locaux à édicter des lois dans leur état sur de tels sujets. Un projet de loi, le projet 2957, vient d’être déposé par le député républicain J. Kropf qui enlève des prérogatives locales la possibilité de réclamer l’étiquetage sur des produits alimentaires. Les agences d’états sont également concernées par ce projet, le gouvernement fédéral restant le seul à pouvoir édicter des lois sur l’étiquetage.

Depuis le 22 avril, des grévistes de la faim protestent contre la décision du gouvernement d’autoriser la commercialisation de semences de maïs Bt. Ils réclament notamment un moratoire jusqu’à ce que les problèmes sanitaires, environnementaux et économiques soient résolus.

Une conférence de l’ONG indienne "Gene Campaign" au cours de laquelle étaient présentés des résultats d’une étude sur les performances du coton Bt en Andhra Pradesh et concluant sur un échec de ce type de culture, s’est vu interrompue par un groupes d’agriculteurs de cet état. Ces agriculteurs ont d’abord clamé avoir des rendements fantastiques avec le coton Bt et ont dénoncé les résultats de l’étude présentée. Ils ont ensuite reconnu avoir été envoyés par Monsanto, leur trajet et hébergement ayant été pris en charge par l’entreprise. Ils étaient accompagnés par le Directeur de l’Institut pour la Liberté, partenaire de Mahyco-Monsanto et promoteur de la libéralisation économique.

Le juge d’application des peines de Millau, J. Chauche, a signalé à José Bové que son dossier avait été transmis au procureur général de Montpellier en vue d’une incarcération. Bové n’a pas voulu demander d’aménagement de sa peine. "La chancellerie a la possibilité de demander au procureur général de Montpellier de suspendre l’application de l’incarcération jusqu’à ce que le président de la République s’exprime [sur la demande de grâce]", a déclaré Bové.

En 2001, la firme Monsanto recevait une autorisation pluriannuelle pour procéder à des essais au champ de maïs génétiquement modifiés tolérant au glyphosate, à Magescq (Landes). Suite aux campagnes du Collectif OGM-Landes et des Amis de la Terre, le Conseil Général des Landes a pris position contre les OGM en plein champ en février 2003. Quelques jours après ce vote, Monsanto annonce qu’il reprend ses essais à Magescq, conformément à l’autorisation pluriannuelle accordée en 2001. Le 31 mars, le conseil municipal de Magescq votait à l’unanimité une délibération "demandant fermement à la société Monsanto et aux agriculteurs concernés de ne pas mettre de culture de maïs OGM sur le territoire de leur commune". Dans une lettre au Ministre de l’Agriculture, le président du Conseil Général, H. Emmanuelli, lui fait part de "son indignation face à l’absence de réponse du gouvernement à une question qui lui semble relever de la plus élémentaire transparence". Dans l’attente de la réponse du Ministre, seul habilité à trancher, les Amis de la Terre et le Collectif ont demandé une entrevue avec le préfet des Landes, le 17 avril, qui ne leur a pas été accordée.

Deux manifestations contre les OGM, soutenues par la Confédération Paysanne, ont eu lieu sur deux parcelles d’essais de colza génétiquement modifié menés par le CETIOM (Centre technique interprofessionnel des oléagineux métropolitain) à Saint-Quentin-sur-Coole (Marne) et Varois-Chaignot (Côte-d’Or). A Saint-Quentin-sur-Coole, entre 60 et 70 personnes sont venues manifester, parmi lesquelles les acteurs Anémone et Pierre Richard, Mgr Jacques Gaillot et le professeur Schwartzenberg. Les collectifs rassemblés "exigent [..] la suppression des essais OGM en plein champ ainsi que la mise en place d’un régime de responsabilité spécifique aux OGM et l’application du principe pollueur-payeur à ceux qui veulent diffuser les OGM". Selon la Confédération paysanne, le ministère de l’Agriculture s’apprête à autoriser "de nouveaux essais OGM en plein champ pour 2003, sans études préalables de toxicité en serre".