Actions citoyennes

Courant juin, les agrobiologistes mosellans découvrent fortuitement l’existence, à Retonfey, d’une parcelle de maïs transgénique. Une délégation s’adresse alors à la mairie pour obtenir des explications : surpris, le Maire déclare ignorer l’existence de cet essai. Depuis, le conseil municipal a veillé au bon respect des engagements pris par Monsanto, dont celui de faucher le maïs avant la floraison mâle. Plus récemment, une nouvelle mobilisation a eu lieu sur le second site expérimental mosellan, à Beux. Les représentants de plusieurs associations opposées aux OGM (Confédération paysanne, agrobiologistes, Attac, Amis de la terre, Verts...) ont souhaité non pas "arracher le champ, mais [...] discuter avec la population et [se] faire entendre des coopératives qui jouent de l’ambiguïté et refusent de prendre clairement position sur ce sujet".

Création de l’Observatoire de Vigilance et d’Alerte Ecologique mis en place par Corinne Lepage, ministre de l’environnement du gouvernement Juppé et fondatrice du comité de recherche et d’information indépendante sur le génie génétique (Criigen) et Mme Michèle Rivasi, députée PS de la Drôme en 1997 et fondatrice de la commission de recherche et d’information indépendante sur la radioactivité (Criirad). La nouvelle structure, a déjà reçu le soutien de dix-sept personnalités et désire se positionner au-dessus de la mêlée politico-écologique.

Une nouvelle association, DEBA - Débats et Echanges sur les Biotechnologies en Agriculture - vient d’être créée par les sociétés de biotechnologie (Bayer CropScience, Dow AgroSciences, DuPont, Pioneer Semences, Monsanto et Syngenta). Cette association, convaincue "que les biotechnologies peuvent être des sources de progrès pour demain", a pour but "de donner accès à des données actualisées, de répondre à des questions légitimes et de susciter un dialogue constructif sur les plantes transgéniques". Elle propose, via un site internet, une liste de dicussions, des fiches pédagogiques pour les enseignants, des quizz pour les jeunes, des brochures pour les médecins à destination des patients. Tous ces documents sont téléchargeables sur leur site.

C’est le titre de la campagne européenne et nationale des Amis de la Terre, pour remettre les notions de qualité, de diversité et de durabilité au centre de l’agriculture et de l’alimentation européenne. Les Amis de la Terre France, comme les autres membres de leur réseau européen, ont lancé en juillet 2002 et jusqu’en décembre 2002, une campagne sur les impacts sociaux et environnementaux de l’agriculture productiviste : mauvaise gestion de l’eau, érosion des sols et de la biodiversité, pollutions chimiques, diffusion des organismes génétiquement modifiés, affaiblissement de l’agriculture paysanne. Cette campagne fera l’objet d’une semaine d’action en octobre 2002. La position des Amis de la Terre sur la Politique Agricole Commune est consultable sur le site www.amisdelaterre.org. Une pétition a aussi été lancée.

Dans la nuit du 7 au 8 juillet, dans la commune de Verrebroek, en Flandre, un groupe d’opposants aux OGM, nommé les "diables rouges" a détruit un champ d’expérimentation de betteraves génétiquement modifiées, appartenant à la firme hollando-britan-nique, Advanta.

Plusieurs associations, dont "the Oregon Concerned Citizens for Safe Food", ont déposé, le 5 juillet 2002, une pétition de 101 256 signatures, demandant l’obligation d’étiquetage des produits contenant des ingrédients génétiquement modifiés. Selon la législation de l’Oregon, si un texte est signé par 67 000 personnes ayant leurs droits civiques, il doit alors faire l’objet d’un référendum. En réaction, une "coalition contre la loi coûteuse sur l’étiquetage" s’est formée, avec l’Oregon Farm Bureau Federation, the Oregon State Grange, Oregon Grocery Industry Association, Oregon Restaurant Association et Grocery Manufacturers of America.

Alors que l’Australie s’apprête à autoriser la culture commerciale du colza transgénique, les agriculteurs biologiques se sentent menacés. Un groupe d’avocats se dit prêt à déposer une plainte au cas où l’on constaterait des contaminations des cultures biologiques par des transgènes. Aux agriculteurs biologiques se sont joints les apiculteurs qui souhaitent pouvoir vendre du miel exempt d’ADN modifié.