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Article issu du site http://www.infogm.org
>Journal >n°109, mars / avril 2011
Au Vatican, à Madrid, à Paris, mais aussi à Rome, au Caire, etc., les ambassades des États-Unis cherchent à imposer les PGM : c’est ce que nous confirment les dernières fuites obtenues par Wikileaks. Pour la France, le moratoire sur le maïs Mon810 décrété en 2008 et « le soutien apparent au principe de précaution » sont jugés « néfastes » par les autorités américaines. L’alliance incongrue entre un syndicat français et les États-UnisLe 14 décembre 2007, Craig Stapleton, ambassadeur des États-Unis à Paris, écrivait dans un télégramme : « L’Europe recule plutôt que d’avancer sur cette question [des PGM, ndlr] avec la France qui joue un rôle de premier plan, avec l’Autriche, l’Italie et même la Commission. Passer à des représailles montrerait clairement que la voie actuelle a un coût réel pour les intérêts européens et pourrait aider à renforcer la voix européenne pro-biotechnologique ». L’ambassadeur suggère donc explicitement pour les États membres de l’UE des « représailles » s’ils n’assouplissent pas leur politique qu’il considère comme défavorable aux PGM, donc aux intérêts des Etats-Unis. Il recommande, toujours selon ses propres paroles, « de dresser une liste de représailles ciblées qui causeraient une certaine douleur à l’Union européenne puisqu’il s’agit d’une responsabilité collective, mais qui se concentreraient sur les pires coupables. La punition doit être mesurée plutôt que brutale et doit être durable sur le long terme, puisque nous ne nous attendons pas à une victoire rapide ». Or, si on en croit les écrits de l’ambassadeur, les mesures de rétorsions lui auraient été soufflées par les « pro-bio- tech » français, y compris au sein du syndicat agricole. Ces mesures envers la France seraient le seul moyen de faire bouger le pays. Cette attitude est plus étonnante et réellement scandaleuse... surtout quand on se rappelle qu’un certain nombre de produits agricoles français (comme le Roquefort) sont toujours victimes d’un boycott officiel de la part des États-Unis. Le Vatican, un symbole fort pour les États-UnisNous l’avons vu dans nos différents articles [3], le Vatican oscille entre prudence et laisser-faire. Nous avons repéré deux câbles issus de la diplomatie états-unienne au Vatican, le premier datant de 2001 et le second de 2009. On y retrouve la même idée : le Vatican doit continuer à être l’objet d’un important lobby afin qu’il parle en faveur des PGM, « en espérant qu’une voix plus forte à Rome encouragera les chefs individuels de l’Eglise, n’importe où, à reconsidérer leur vision critique ». En effet, l’ambassadeur note que plusieurs évêques, aux Philippines ou en Afrique du Sud, sont peu favorables aux PGM. Or, regrette l’ambassadeur, « quand des responsables ecclésiastiques, pour des raisons idéologiques ou par ignorance, parlent contre les OGM, le Vatican n’estime pas – du moins pas encore (sic !) - qu’il est de son devoir de les contredire ». Le câble de 2001 nous apprend en outre que l’ambassade a « sponsorisé deux discussions sur ce thème en impliquant des experts scientifiques attachés au Vatican » afin de « promouvoir une approche plus positive de l’utilisation des OGM dans les pays en développement ». Rome : une législation trop restrictive ?Selon d’autres câbles révélés par Wikileaks, les États-Unis ont mis sous pression le gouvernement italien en 2003 pour éviter l’entrée en vigueur « d’un décret extrêmement restrictif sur la coexistence », considéré par les États-Unis comme défavorable aux OGM, décret soutenu par le ministre de l’Agriculture, Gianni Alemanno. Le câble se poursuit ainsi : « Étant donné les conséquences négatives de cette proposition, notamment pour les exportations de semences des Etats-Unis vers l’Italie », l’ambassadeur Sembler a rencontré le ministre des Affaires étrangères, Franco Frattini et le conseiller personnel de Berlusconi, Gianni Letta. Ce dernier a aussi téléphoné personnellement à Berlusconi en présence de l’ambassadeur. Le résumé du câble est on ne peut plus clair : « Letta et le Premier Ministre ont assuré à l’ambassadeur que, soit au niveau technique soit au niveau politique, la proposition de décret d’Alemanno sera bloquée ». Si l’auteur du câble se félicite des réponses qui « offrent un haut degré de probabilité que la tactique d’Alemanno soit fourvoyée », il avoue certaines inquiétudes : « nous nous attendons à ce que le ministre de l’Agriculture trouve d’autres moyens pour réaliser sa vision d’une Italie libre d’OGM ». L’Espagne, l’allié infaillible des États-UnisWashington semble être particulièrement intéressé par la position espagnole, ce qui est logique étant donné qu’il s’agit du pays européen qui cultive le plus de maïs GM et cela depuis de nombreuses années. Dans un entretien le 13 mai 2009, un responsable de Monsanto Espagne a affirmé au responsable de l’ambassade des États-Unis que « l’Espagne devient de plus en plus la cible des forces anti-biotechnologie en Europe et que la culture du Mon810 en Espagne était sérieusement menacée ». RéférencesLes câbles utilisés pour la rédaction de cet article sont les suivants :
[3] par exemple : VATICAN - L’Académie pontificale croit que les OGM sont une solution à la faim dans le monde... mais pas le Pape ?
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