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OGM : des évaluations désastreuses et un débat mal posé
Communiqué de presse
par Inf’OGM , octobre 2012
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Depuis une semaine, le débat sur l’innocuité des OGM est au premier plan. L’étude menée par Gilles-Eric Séralini et publiée dans la revue Food and Chemical Toxicology, a déchaîné une polémique tous azimuts. Inf’OGM ne se prononce pas sur la validité de cette étude. Inf’OGM souhaite en revanche faire le point sur certaines demandes que cette publication, et les nombreuses réactions qu’elle a provoquées, font émerger.


L’importance de la contre-expertise dans le domaine scientifique est une des conclusions majeures du débat en cours. Inf’OGM demande aux institutions françaises et européennes en charge de l’évaluation des dossiers d’autorisations de plantes génétiquement modifiées la publication in extenso et dans un format utilisable des données brutes des expériences menées par les « pétitionnaires » (i.e. les entreprises ou universités) [1] contenues dans ces dossiers. Sans cette transparence fondamentale, aucune contre-expertise ne peut être menée. Inf’OGM rappelle que les rares fois où ces données ont été obtenues, ce fut suite à des procédures judiciaires, mobilisant notamment, en France, la Commission d’accès aux documents administratifs (CADA). Cet état de fait est inadmissible et dénote un déficit important de démocratie liée aux enjeux technologiques et économiques.


Inf’OGM est d’autre part surprise qu’un certain nombre de critiques faites à l’étude de Gilles-Eric Séralini n’aient jamais été exprimées à l’encontre des études qui ont permis d’obtenir les autorisations commerciales, et pourtant réalisées dans des conditions similaires... Les attaques concernant le protocole suivi par l’équipe de Gilles-Eric Séralini posent notamment question sachant qu’il respecte et va même parfois au-delà du protocole recommandé par l’OCDE (notamment la race, le mode de nourrissage des rats et le nombre de paramètres étudiés [2]). Manifestement, toute étude sur les OGM ne bénéficie pas du même accueil, selon qu’elle présente des résultats en faveur ou en défaveur des OGM. Quant aux dossiers de demandes d’autorisation des OGM, AUCUN ne comporte une étude de puissance statistique !


Inf’OGM rappelle avoir demandé la réévaluation de tous les OGM (autorisés et en cours d’autorisation). En effet, les lacunes de l’évaluation ne concernent pas seulement les études de toxicologie mais l’ensemble de l’évaluation [3]. Cette demande avait déjà été portée au niveau national [4]. L’étude de G.-E. Séralini a permis de faire émerger des critiques applicables à l’ensemble des évaluations menées jusqu’à présent.


Enfin, et surtout, Inf’OGM souhaite rappeler que le débat actuel, débat « technico-scientifique », est loin de couvrir l’ensemble des questions posées par l’utilisation du génie génétique en agriculture. Le sujet est beaucoup plus vaste et ne peut être monopolisé par des considérations purement scientifiques. La première question qu’il faut se poser, dans sa complexité, est celle du rapport avantages / inconvénients d’une PGM, en prenant soin de comparer des risques et des bénéfices comparables... Un avantage pour un agriculteur qui, avec les variétés Roundup Ready telles le NK603, peut économiser un passage de tracteur, n’est nullement comparable avec un inconvénient potentiellement irréversible pour la biosphère ou si cela conduit à des pratiques agricoles non durables.


Une autre question fondamentale est de savoir si, dans le contexte de l’agriculture française et européenne, nous avons besoin des variétés GM actuellement commercialisées.


Inf’OGM considère que le développement exponentiel des techno-sciences, tant au niveau de leur diversité que de leur rapidité d’adoption, oblige à changer radicalement la façon d’aborder ces questions et que le citoyen doit avoir toute sa place dans les choix à venir.

NB : Inf’OGM est une veille citoyenne dont la raison d’être est d’apporter des informations critiques et indépendantes qui permettent l’expression d’un débat non faussé sur tous les enjeux liés aux OGM. L’association Inf’OGM est financée principalement par des fondations privées. La liste est accessible sur notre site à l’adresse : http://www.infogm.org/spip.php?rubr....



[1Cette demande, déjà formulées l’an passé, avait d’ailleurs été reprise dans la 2° proposition du rapport Pancher (octobre 2011), disponible à cette adresse http://gouvernanceenvironnementale..... Inf’OGM l’évoque ici : Gouvernance environnementale : les OGM absents du projet de loi

[2Ce point a fait l’objet d’un article d’Inf’OGM, paru en octobre 2012 : « Protocole : si Séralini a tort, il faut réviser TOUS les dossiers d’autorisations d’OGM ».

[3Inf’OGM a publié, fin octobre, un livret qui aborde ces aspects en détail : Jacquemart, F., Expertise des OGM : l’évaluation tourne le dos à la science, 2012, éd. Inf’OGM. 

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    Il y a 1 sujets en réponse à cet article.
    Il y au total 2 messages en réponse à cet article.

  • OGM : des évaluations désastreuses et un débat mal posé 5 octobre 2012 23:01, par le baladin du verger

    Bonjour

    Bonjour
    Pourquoi écrivez vous : Inf’OGM ne se prononce pas sur la validité de cette étude ?
    N’est ce pas le rôle d’infOGM de nous informer de la qualité de cette étude, sa validité. Je ne comprends pas non plus le titre : OGM : des évaluations désastreuses et un débat mal posé. Pourquoi « des évaluations désastreuses » ? Elles ne sont pas désastreuses elles sont très pertinentes ; enfin des études faites sur une longue durée : ce que n’a jamais voulu faire Monsanto. Le débat est très bien posé par le professeur Seralini. Nous pouvons que saluer son honnêteté et son courage face à d’autres chercheurs qui sont manipulés par les conflits d’intérêts à tel point que la confiance dans les commissions officielles d’évaluation a été mise à mal de même la confiance dans les les organismes de recherche comme l’INRA.
    Rappelons nous la réaction d’un responsable Monsanto devant l’interrogation d’un de ses ingénieurs : « nous n’avons pas le droit de perdre un seul dollar » Vous comprendrez que ces logiques d’une cupidité illimitée ne peuvent que soulever des refus d’indignation et des sursauts de la démocratie.
    Sincères salutations
    JB


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    la suite du fil de discussion ]
    • 8 octobre 2012 09:26, par Christophe NOISETTE

      Bonjour
      Rapidement, les évaluations désastreuses sont les évaluations que les entreprises doivent fournir pour obtenir une autorisation commerciale pour la mise en culture, ou l’importation d’une plante génétiquement modifiée.
      Et quand nous parlons d’un débat mal posé, c’est que nous pensons que le débat sur les PGM ne doit pas être monopolisé par l’aspect scientifique. Il est important d’aborder l’ensemble de la problématique « OGM » dans sa globalité. Voilà quelques éléments de réponse.


      repondre message

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