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Un premier essai d’insectes GM en champ, mais sous cage, a eu lieu aux États-Unis en 2006 [1]. En 2009, des insectes GM étaient relâchés dans l’environnement dans le cadre d’un « essai en champ » aux îles Caïmans [2]. En 2010, les insectes transgéniques font leur entrée dans le débat public sur les OGM avec deux lâchers expérimentaux d’insectes GM [3] en Malaisie et au Brésil. La mobilisation d’associations en Malaisie a permis de faire connaître ce programme et de mettre sur la place publique le débat sur les insectes GM. Pourquoi modifier génétiquement des insectes ?Les travaux de modification génétique des insectes poursuivent, selon l’AESA, quatre objectifs principaux : supprimer une population d’insectes, rendre les insectes incapables de véhiculer une maladie, produire des molécules d’intérêt industriel, utiliser des insectes GM comme prédateurs de parasites [4]. Une dernière piste, encore marginale, est également creusée : modifier génétiquement des insectes pour leur faire exprimer des vaccins qu’ils transmettraient aux hommes en les piquant... Succinctement, selon l’objectif, on travaille sur les modifications suivantes : Risques associés : prolifération incontrôlée...Les risques potentiels en cas de dissémination de tels insectes GM existent : possibilités de dissémination des transgènes par transfert horizontal [6] (à d’autres espèces) et vertical (aux descendants), effets sur les organismes non cibles, sur les organismes ciblés (changement de l’équilibre des populations par exemple), sur la biodiversité, sur l’homme (allergies, irritations, etc.), sur les pratiques agricoles... Notons surtout que l’objectif de suppresion d’une population d’insectes, même s’il n’est ambitionné que localement, pose d’importantes questions de protection de la biodiversité puisqu’il s’agit de viser à éliminer un maillon d’une ou plusieurs chaînes de relations entre êtres vivants (cf. aussi encadré ci-dessous). Des risques peuvent également être associés à une « défaillance » du système basé sur des insectes GM. Dernier exemple en date : le cas des insectes porteurs d’un gène létal contrôlé par la tétracycline. Un document confidentiel d’Oxitec, révélé par GeneWatch, montre qu’il a été observé que 3% des descendants de ces insectes survivent même en absence de tétracycline alors qu’ils sont censés mourir. Par ailleurs, la tétracycline peut être donnée involontairement à ces insectes du fait de sa présence dans la nature, notamment dans les eaux usées [7]. Pour évaluer, dans l’UE, les risques liés aux insectes GM, le rapport mis en ligne par l’AESA [8] servira de base de réflexion qui pourrait déboucher sur la publication de lignes directrices. Des risques potentiels identifiésPlusieurs autres risques sont suspectés (1) : Oxitec, une entreprise fer de lance des insectes GML’entreprise britannique Oxitec tient incontestablement la vedette dans le domaine des insectes GM. Cette entreprise a d’ores et déjà organisé des disséminations dans l’environnement du moustique de l’espèce Aedes aegypti, modifié pour supprimer sa population. Malgré les problèmes soulevés [9], d’autres disséminations pourraient prochainement avoir lieu dans les pays suivants : Panama, Inde, Singapour, Thaïlande, Viêt-nam, États-Unis, Philippines, Costa Rica et Trinité & Tobago. Surtout, Oxitec a annoncé que des lâchers commerciaux pourraient avoir lieu au Brésil rapidement. Mais l’entreprise devra néanmoins obtenir une autorisation commerciale ce qui pourrait prendre du temps. Une autre entreprise britannique, Exosect, travaille à modifier des insectes pour rendre stérile leur descendance tout en les recouvrant de molécules toxiques pour d’autres espèces. Des essais sans l’accord des habitantsLe premier essai a eu lieu sur l’île Caïman. Aucune action n’a été menée de la part des opposants, tout simplement parce qu’il n’y a pas de société civile informée. Quelle législation internationale pour ces insectes GM ?Les exemples de lâchers d’animaux GM posent inévitablement la question de leur encadrement juridique à l’échelle internationale et régionale et de possibles conflits de voisinage entre Etats. Le Protocole de Cartagena organise les échanges d’Organismes Vivants Modifiés (OVM) entre les États, avec le mécanisme d’accord préalable en connaissance de cause entre le pays qui les reçoit et celui qui les exportent, ainsi qu’une procédure d’information et d’évaluation des risques lors des mouvements transfrontières. Si les moustiques rentrent aujourd’hui dans le champ d’application du Protocole, le texte était initialement supposé encadrer les cultures GM [10]. Pour s’adapter à l’évolution des techniques, un groupe spécial d’experts travaille sur les directives pour l’évaluation des risques liés aux OVM [11] dans lesquelles le cas particulier des moustiques GM a été étudié « compte tenu des risques pour la santé humaine et l’environnement ». Ce texte n’est pas obligatoire, il fournit simplement des indications quant à la mise en œuvre du Protocole, et liste les questions pour évaluer les risques de ces OVM et des stratégies de gestion de ces risques. Un remède pire que le mal ?Tenter de réduire l’impact du paludisme ou de la dengue est un enjeu sanitaire fort. Mais pourquoi avec des moustiques transgéniques ? La course à l’innovation technique qui, jusqu’à présent, a permis des grands bonds vers un état sanitaire globalement meilleur pour l’être humain, a changé de nature avec l’arrivée des plantes et autres animaux transgéniques. Car la transgenèse a le pouvoir de modifier en profondeur la biosphère. Or, si on souhaite évaluer le rapport bénéfice / risque, encore faut-il que les grandeurs à mesurer soient comparables. Il y a bien sûr un bénéfice pour une population donnée, mais d’autres pistes existent pour réduire l’ampleur de ces maladies, qui n’ont pas été entièrement explorées. Le risque d’altération de la biosphère implique que la justification sanitaire ne tient plus. Nous pourrions évoquer la piste des vaccins, mais aussi et surtout l’amélioration des conditions de vie de populations touchées. Selon le Dr. Jaime Breilh, épidémiologue et professeur à l’Université Simon Bolivar, en Equateur, la recrudescence de ces maladies est liée à de multiples facteurs : la détérioration des zones urbaines (notamment des bidonvilles), la crise des systèmes de santé, la non disponibilité en eau courante qui oblige à stocker l’eau dans des récipients (souvent ouverts) qui favorisent le développement des moustiques, l’absence de « tout à l’égout », la paupérisation liée à l’exode rural, etc. L’on pourrait même dire que ces approches biotechnologiques, fausses solutions coûteuses, ont plutôt surtout tendance à détourner l’attention des causes structurelles de ces fléaux...
[2] Noisette, C., « Première mondiale en Malaisie : des moustiques OGM secrètement lâchés sur le continent », Inf’OGM, janvier 2011 [3] cf. note 2 [4] « Defining Environmental Risk Assessment Criteria for Genetically Modified Insects to be placed on the EU Market », Benedict M. et al., 2010 [6] Noisette, C., « International – Des moustiques OGM « stériles » qui se reproduisent... », Inf’OGM, février 2012 [7] cf. note 6 [8] cf. note 4 [10] John M. Marshall, « The Cartagena Protocol and genetically modified mosquitoes », Nature America, 2010. [12] A ne pas confondre avec le Protocole de Nagoya, cf. p.3
« modifier génétiquement des insectes pour leur faire exprimer des vaccins qu’ils transmettraient aux hommes en les piquant... » Donc à notre insu et avec toutes les conséquences totalitaires que cela peut impliquer, sans parler des conséquences du viol génétique du vivant sur le fragile équilibre naturel et sur notre propre métabolisme (voir micro ARN) « ayez confiance... c’est pour votre bien »... dit le Diable...
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