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>Journal
>n°113, novembre / décembre 2011
Interdiction de commercialisation du miel contenant du pollen de maïs GM, rachat par Monsanto de la société Beelogics, débat au HCB sur la coexistence, difficile notamment du fait des abeilles : trois éléments récents mettent à la une de l’actualité les liens entre OGM et apiculture. L’utilisation des OGM est, dans 99% des cas, associée à l’usage d’un pesticide et à un modèle d’agriculture non favorable au bien-être de l’abeille. En effet, actuellement, la grande majorité des plantes génétiquement modifiées (PGM) cultivées sont modifiées pour tolérer un herbicide (exemple du soja RR en Amérique du Sud). L’apparition de ces plantes a facilité les pratiques culturales des agriculteurs en simplifiant le désherbage : le Round up (glyphosate) est devenu le seul herbicide épandu, même après germination, détruisant la flore locale et participant au développement de zones de monocultures, qui réduisent la diversité des sources de nectar et de pollen pour les abeilles. Selon Lucas Martinez, président de la Fédération des apiculteurs argentins, certains apiculteurs auraient été contraints de déplacer leurs ruches à plus de 400 km des cultures de soja. Les OGM, nocifs ? Une absence criante de données... Par ailleurs, quels sont les impacts des PGM insecticides (appelées couramment Plantes Bt) sur les colonies d’abeilles ? Les études citées ci-dessous ne sont qu’une partie des sources, mais elles montrent que beaucoup de questions restent aujourd’hui sans réponse, et les analyses conduites avant autorisation commerciale des PGM ne permettent pas d’écarter l’existence de certains risques. ... mais des signes de perturbation de comportementUn effet sur le comportement a d’ores et déjà été observé par l’équipe du Pr. Ramirez-Romero qui a décrit une diminution des activités de butinage après exposition au maïs Mon810 [4]. Le Pr. Picard-Nicou a montré également, il y a quinze ans, que les abeilles domestiques pouvaient être désorientées par des changements de la qualité des protéines dans les colzas transgéniques [5]. Pour Lilian Ceballos, ce travail « montre que des modifications non intentionnelles peuvent provenir de la relative imprécision de la modification génétique et que ces modifications non intentionnelles peuvent jouer un rôle biologique majeur ». Ces possibles effets sur les abeilles ont également été évoqués lors de l’observation de ce qui est appelé le syndrome d’effondrement des colonies d’abeilles depuis le début des années 2000. Mais il n’existe à ce jour aucune étude scientifique faisant un lien direct entre ce syndrome et les cultures de PGM. Cela ne signifie pas pour autant que l’hypothèse soit invalidée. Des scientifiques se sont intéressés à la question mais n’ont pu mener leur travail au bout, par manque de financement. Le Pr. Kaatz, de l’Université de Halle (Allemagne), responsable de l’étude, explique que « ceux disposant de l’argent ne sont pas intéressés par cette sorte de recherche et ceux intéressés n’ont pas l’argent » [6]. Conduite entre 2001 et 2004, l’étude du Pr Kaatz visait à analyser les effets du pollen de maïs GM sur les abeilles. Mais lorsque les colonies d’abeilles étudiées furent infectées par un parasite, « un déclin plus important fut observé chez les abeilles nourries avec de la nourriture contenant la protéine Bt ». L’article souligne tout de même que les concentrations de protéines Bt utilisées étaient dix fois supérieures à celles trouvées en conditions normale. Mais pour le Pr. Kaatz, la protéine Bt a pu « altérer la surface des intestins des abeilles, les affaiblissant suffisamment pour permettre au parasite de rentrer ». Les OGM menacent les produits de la rucheOutre les effets des OGM sur les abeilles, la filière apicole est économiquement menacée par la présence de pollen GM dans les produits. En septembre dernier, la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a décidé que du miel contenant du pollen de maïs Mon810 était interdit faute d’autorisation du pollen comme aliment. Et s’il est un jour autorisé, les produits en contenant devront être étiquetés [7]. On imagine le préjudice économique que les apiculteurs subiraient si les produits de la ruche devaient être étiquetés « contient des OGM » alors que le miel, la propolis, le pollen ou la gelée royale sont consommés justement parce qu’ils sont naturels.
Ce dossier a été réalisé conjointement avec l’Union Nationale de l’Apiculture Française (Unaf) : http://www.unaf-apiculture.info, tél. 01 48 87 47 15 [3] Crailsheim, K. et al.,« Pollen utilization in non-breeding honeybees in winter », Journal of Insect Physiology, Vol 39, Issue 5, May 1993 [4] Ramirez-Romero, R. et al., « Effects of Cry1Ab protoxin, deltamethrin and imidacloprid on the foraging activity and the learning performances of the honeybee Apis mellifera, a comparative approach. », Apidologie 36(4) : 601- 611 [5] Picard-Nicou AL et al., « Impact of proteins used in plant genetic engineering : Toxicity and behavioural study in the honeybee », Journal of Economic Entomology, 1997, 90 : 1710– 1716 [8] Sources : Douanes françaises [10] La Confédération Paysanne, le Deutscher Berufs und Erwerbs Imker Bund e.V., European Professional Beekeepers Association, la Fédération Française des Apiculteurs Professionnels, la Fédération des Unions d’apiculteurs du Grand-Duché du Luxembourg, the Finnish Beekeepers Association, Gemeinschaft der europäischen Buckfastimker e.V. (Allemagne), l’UNAAPI (Italie) et l’Union Nationale de l’Apiculture Française
Les firmes de produits phytosanitaires ( pardon, de produits de protection des végétaux ) ont de beaux jours devant elles puisque elles n’ont aucune responsabilité dans la mort des Abeilles, c’est juré. Et les firmes pharmaceutiques aussi sont radieuses puisque elles sont même sollicitées par l’Union Européenne pour trouver des médicaments pour soigner les Abeilles ... qui ne sont pas malades mais empoisonnées. Bien combiné tout ça, Mr. Monsanto, maître à la fois du poison et du contrepoison. Leurs actionnaires se frottent les mains : de beaux dividendes en prévision. Tant pis si les Abeilles crèvent. LE FRIC D’ABORD. Et les générations futures se dém..deront. Et au fait, certains agriculteurs crient au scandale et jurent qu’il n’y a pas de culture d’OGM en France puisque c’est interdit. Alors comment expliquer que le Parlement Européen veut que l’on étiquette « OGM » les Miels de France qui contiendraient des OGM. Ce n’est pas logique, car il n’y a pas d’OGM en France, c’est interdit ! A moins que ... le Parlement ne se fasse pas d’illusions sur la puissance du lobby Monsanto et consorts. D’autant plus que l’on sait que la Cupidité ne s’embarrasse pas des lois et interdictions !
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