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La directive 2001/18 définit un OGM comme « un organisme, à l’exception des êtres humains, dont le matériel génétique a été altéré d’une façon ne se produisant pas naturellement lors de croisements et/ou de recombinaisons naturelles ». C’est sur cette définition que l’on doit s’appuyer pour savoir si une technique donne un OGM ou non. Nous allons voir qu’elle peut être sujette à interprétation, et qu’elle fait actuellement l’objet d’un gros travail de réflexion. La transgénèseEn modifiant son patrimoine génétique, la transgénèse apporte une « nouvelle » propriété à une plante, par insertion d’une cassette (le transgène). Quelques caractéristiques méritent d’être retenues : apport de gène « étranger » à l’organisme, lieu d’insertion et nombre de copies du transgène non maitrisés, et adjonction de gènes marqueurs (résistance à un antibiotique ou à un herbicide) au gène d’intérêt agronomique pour sélectionner plus rapidement les cellules GM. La mutagénèseLe principe de la mutagénèse est de faire subir à un organisme un traitement favorisant les mutations pour sélectionner celles qui induisent une nouvelle propriété d’intérêt commercial. Ce traitement peut être physique (par irradiation) ou chimique (exposition à un agent mutagène). Les plantes mutées peuvent également être sélectionnées aux champs suite à l’apparition de mutations dites spontanées, et par exposition à un agent sélectif comme un herbicide. Ces plantes mutées sont « brevetables » ! A l’image de la transgénèse, la mutagénèse se caractérise notamment par le fait que la nature et le nombre de mutations ne sont pas maîtrisés et que la sélection des cellules « modifiées » se fait a posteriori. Un état des lieux commercial est difficile à faire : selon le Pr. Graham Schole (Université de la Saskatchewan, Canada), « établir une liste des variétés de plantes améliorées par mutagénèse reviendrait, à quelques exceptions près, à établir une liste de toutes les variétés de plantes cultivées dans le monde » [2]. Selon un programme conjoint de la FAO et de l’AIEA initié en 1964 [3], 3 088 variétés sont commercialisables pour plus de 170 espèces (70 maïs, 155 sojas, 42 cotons, 5 aubergines, 6 pommes de terre, 242 blés, 3 tournesols)... Une observation géographique des variétés mutées enregistrées (cf. tableau en fin de l’article) permet de constater la généralisation de leur utilisation. Les nanotechnologiesLes nanotechnologies sont assez récentes. Elles créent des nanoparticules / matériaux / systèmes, organisés de manière spécifique et aux propriétés particulières. Il ne s’agit pas d’une technique en tant que telle, mais la dénomination font référence à l’échelle d’intervention, le millionième de millimètre. La biologie synthétiqueDe cette autre approche du vivant, l’Agence Centrale de Renseignements états-unienne, la CIA, écrivait en 2003 : « La même science qui peut permettre de guérir les pires maladies pourrait être utilisée pour créer les armes les plus effrayantes que le monde ait connues » [8]. Tout en mélangeant le discours de la technique et des applications médicales, la CIA annonçait malgré tout la couleur des risques d’une technique qui vise à déconstruire l’organisation du vivant pour identifier les seules unités de base constituantes et leurs implications locales dans le fonctionnement vital, en vue de la construction de nouvelles unités de base et « organismes ». Elle repose sur quatre piliers de compréhension : la composition des gènes jusqu’à l’atome (Atomes), le rôle informatif dans une cellule (Bits), le fonctionnement dans une cellule (Gènes) et le fonctionnement de la pensée (Neurones). Ces quatre piliers, utilisés de manière convergente, ont conduit des scientifiques à envisager la fabrication d’organismes entiers. ConclusionEnfin, huit techniques sont actuellement évaluées par l’UE pour établir si elles entrent ou non dans le cadre d’application de la législation sur les OGM (cf. encadré). Il n’est donc pas encore possible d’établir un état des lieux complet pour chacune.
[1] PETITION : Le gouvernement français doit réclamer à la Commission européenne une réévaluation des OGM ! [2] « Des plantes mutantes dans nos assiettes », Inf’OGM n°67, sept. 2005, http://www.infogm.org/spip.php?arti... [4] « Etats-Unis : l’hérédité aussi transmise par l’ARN ? » Inf’OGM n°63, avril 2005, http://www.infogm.org/spip.php?arti... [5] Parlement européen sur les nanomatériau [6] référence Afssa nanotechnologies [7] référence CNDP nano agriculture [8] Central Intelligence Agency’s Office of Transnational Issues, « The Darker Bioweapons Future », 3 novembre 2003
A propos de la mutagenèse vous dites : « Parmi les inconvénients, la stabilité des mutations n’est pas assurée d’une génération à l’autre » en faisant référence à l’étude intitulée « Genome-wide non-mendelian inheritance of extra-genomic information in Arabidopsis » publiée par Lolle et al. dans je journal Nature en Mars 2005. Votre bibliographie n’est pas à jour. Depuis deux autres publications sont sorties. Ces deux études ont montré sans l’ombre d’un doute que les résultats obtenus par Lolle et al. sont un artefact suite à une pollinisation croisée. http://www.nature.com/nature/journa... http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/art... Que vous soyez anti-OGM et contre les progrès de la génétique est votre problème mais essayez au moins d’être rigoureux scientifiquement dans votre propagande. Les erreurs sont légions dans vos articles. On sent bien de la rigueur dans le ton, mais ou est donc cet esprit scientifique si précieux et cher à toutes celles et ceux qui font la « propagande » à laquelle vous faites allusion lorsqu’ils ou elles se posent la question la plus basique : quelles sont les implications des différentes inventions dont nous sommes les auteurs ! même si la stabilité des mutations est assurée,je ne vois pas en quoi cela serait un mieux, au contraire... Moi, je suis paysan et citoyen de ce monde.
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