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>ACTU n°29, avril 2010
La pomme de terre transgénique Amflora, mise au point par l’entreprise allemande BASF, a été autorisée le 2 mars par la Commission européenne. Il s’agit de la première autorisation d’une plante génétiquement modifiée à la culture depuis 1998, date de l’autorisation du maïs Mon810. ![]() CDP de la Commission européenne Amflora (EH92-527-1) est une pomme de terre modifiée par transgénèse afin de contenir un taux d’amidon, sous forme d’amylopectine, plus élevé. L’amylopectine intéresse l’industrie pour la fabrication de textiles, béton ou papier. Selon le dossier déposé par l’entreprise, l’industrie du papier serait la principale destinataire de l’amidon produit par cette PGM. Autre caractéristique, la pomme de terre Amflora contient un gène de résistance à un antibiotique. Or pour ces gènes, les experts de l’EFSA et ceux de l’Organisation Mondiale de la Santé n’arrivent pas à tomber d’accord sur leur utilisation hors des champs médicaux ! Dossier d’autorisationEn 2003, BASF déposait un dossier de demande d’autorisation pour la culture, la transformation industrielle de cette pomme de terre GM et l’alimentation animale, selon la procédure 2001/18 (référence SE/96/3501). A quoi sert la fécule de pomme de terre ?La fécule de pomme de terre est un amidon haut de gamme. Actuellement, au niveau mondial, elle représente 5% de l’ensemble de la production d’amidon (derrière l’amidon de maïs et l’amidon de blé), mais elle est recherchée dans certaines utilisations spécifiques de l’agroalimentaire, de la papeterie-cartonnerie, de la chimie et autres industries diverses (adhésifs, textile, forages...). BASF met la pressionDepuis 2007, la Commission européenne avait toute latitude d’autoriser cette pomme de terre transgénique. Cependant, du fait d’une opposition très forte des Européens aux OGM, la Commission européenne précédente n’avait osé franchir le pas. Elle avait donc repoussé ce dossier. BASF, et ses partenaires suédois - Plant Science Sweden AB et Amylogene HB – ont alors décidé en 2008 de faire pression sur Bruxelles, en déposant une plainte le 24 juillet 2008, devant le Tribunal de première instance de l’Union européenne [3]. Les plaignants demandaient au tribunal d’obliger la Commission à autoriser la pomme de terre au vu du vote des Etats membres et de l’absence de majorité qualifiée requise pour rejeter l’autorisation. Pour BASF, la Commission a failli à ses obligations découlant des articles 18 de la Directive 2001/18 et de l’article 5 de la décision du Conseil 1999/468. La plainte visait aussi à faire annuler la demande de la Commission européenne à l’AESA le 14 mars 2008 sur l’utilisation de gènes marqueurs de résistance à des antibiotiques dans la construction génétique de cette pomme de terre. Pour BASF, cette demande ne servait qu’à retarder l’autorisation et n’était pas fondée scientifiquement. Il ne s’agissait en effet pour la Commission que d’obtenir de l’AESA une « opinion consolidée » par rapport à l’usage de ces gènes marqueurs. Les risquesSur la présence d’un gène de résistance à un antibiotique, nous avons indiquer plus haut le désaccord entre experts concernant les dangers de la dissémination de tels gènes. Concernant les impacts sur l’environnement, la pomme de terre GM n’avait été testée aux champs que dans un seul pays, la Suède, au moment du dépôt des dossiers d’autorisation (cf. dossier UK/2005/14). Des essais en champ ont donc bien eu lieu, mais la question de leur exhaustivité est tout de même posée puisque la Suède peut difficilement prétendre représenter l’ensemble des paysages de culture européens. Des essais en champs ont été réalisés depuis dans d’autres pays, mais les résultats ne sont pas dans les dossiers de demande d’autorisation. L’alternative sans biotechEn Allemagne, un projet mené par Emsland Group et Europlant a permis la mise au point, par des méthodes de sélection conventionnelle, d’une pomme de terre qui possède la même haute teneur en amylopectine que la pomme de terre Amflora. Cette nouvelle pomme de terre est donc une alternative moins risquée, car sans transgène, à Amflora [5]. Qui va cultiver cette pomme de terre en Europe ?Qui pourrait être intéressé par la culture de cette pomme de terre. D’après la Commission européenne, BASF l’envisage dès avril 2010, en République Tchèque et en Allemagne. Les années suivantes, elle pourrait s’étendre aux Pays-Bas et à la Suède. Une opposition citoyenne activeLe 1er mars 2010, à Berlin, 500 militants de Greenpeace ont formé une immense table dessinant, vue du ciel, un « Nein » (non) devant la Porte de Brandenbourg [7]. A cette table était servi un repas de pommes de terre biologiques. Cette action visait précisément à dénoncer l’arrivée imminente de la pomme de terre transgénique Amflora dans les champs.
[1] http://www..europa.eu/EFefsaSA/efsa... [2] http://register.consilium.europa.eu... [3] UE - BASF poursuit la Commission européenne pour son retard dans l’autorisation de la pomme de terre Amflora [4] ALLEMAGNE - Campagne de pub pour la patate transgénique de BASF [5] http://www.keine-gentechnik.de/news... [6] http://www.keine-gentechnik.de/ [7] http://www.greenpeace.de/themen/gen...
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