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Le 9 février 2010, le ministre de l’Environnement indien, Jairam Ramesh, a décrété un moratoire d’une durée indéterminée sur la culture et la commercialisation de l’aubergine Bt [1] mise au point par Monsanto et Mahyco. De très nombreuses raisons, bien étayées, ont poussé le ministre à déclarer ce moratoire, comme la pollinisation croisée entre aubergine transgénique et aubergine conventionnelle, le manque d’évaluation à long terme de cette aubergine Bt pour la santé humaine, le fait que les données scientifiques du dossier soient classées confidentielles, qu’aucune contre-expertise indépendante ne soit faite des données fournies par le pétitionnaire, etc. Dans son mémorandum, le ministre évoque les pratiques agronomiques sans pesticide (Non Pesticide Management, NPM). Il précise : « l’avantage du NPM est qu’il élimine complètement l’usage des pesticides chimiques alors que la technologie Bt réduit seulement les pulvérisations de pesticide, quoique substantiellement ». Le ministre évoque aussi le fait que « les plantes de la famille des Solanacés, comme l’aubergine, sont plus problématiques que les autres plantes du fait qu’elles contiennent plusieurs toxines naturelles qui peuvent resurgir lorsque le métabolisme est perturbé ». Or, continue-t-il, les tests réalisés par le pétitionnaire ne permettent pas de détecter ces toxines.
L’ex DG de Monsanto dénonce les pratiques de cette entreprisePar ailleurs, un ancien directeur général de Monsanto India, Tiruvadi Jagadisan, a rejoint le concert des critiques, annonçant lors de la consultation publique qui a eu lieu à Bangalore, le 6 février 2010 , que les données fournies par Monsanto pour obtenir l’autorisation de ses produits pouvaient être « fausses » [2]. Il a précisé que les avis des instances indiennes de régulation ne reposaient que sur les données fournies par l’entreprise, sans contre-expertise. « Le Bureau Central des Insecticides (The Central Insecticide Board) est censé donner les autorisations sur la base de données spécifiques à l’Inde (localisation, et variétés). Mais il a simplement accepté les données étrangères fournies par Monsanto. Ils n’ont même pas un tube à essai pour valider les données et, parfois, les données proprement dites ont été truquées », a déclaré T. Jagadisan. Cette procédure est à l’image de celle qui a actuellement cours dans l’Union européenne. Les pétitionnaires fournissent les données issues par exemple de leurs analyses de toxicologie mais les experts nationaux ou européens ne refont pas les expériences. Ils analysent les données fournies. Ceci pose effectivement la question de la contre-expertise, ou plutôt celle de la confiance donnée à l’entreprise quant aux données fournies.
Vous parlez de « très nombreuses raisons bien étayées ». Avoir avoir parcouru les raisons données par Jairam Ramesh je trouve quelques-un des ses arguments pour le moins surprenant. Il mentionne dans le point 17 qu’il a obtenu un rapport détaillé de la part de ... Séralini ! Il faudrait rappeler le peu de crédit que l’on peut donner aux études de Séralini sur les OGM. Son dernier exploit sur les 3 maïs GM soit disant toxiques a été désavoué par toutes les instance qui s’y sont intéressé (FSANZ, EFSA et HCB). A cela s’ajoute dans le point 20 une référence à l’American Academy of Environmental Medicine qui n’a en fait d’académie que le nom. C’est une association pour la promotion des médecines holistiques et alternatives !! Il semble donc que Mr Ramesh se soit laissé abusé par la propagande des militants anti-OGM. Aux dernières nouvelles il est de plus en plus isolé au sein du gouvernement sur cette question. Je me demande donc comment vous pouvez affirmer que son moratoire est bien étayé.
Les souvenirs du vieux Jagadish, je m’en méfierais. Il a quitté Monsanto il y a à peu près 20 ans après y avoir travaillé 18. Dans une autre interview il déclare que son expérience de mise sur le marché de pesticides concerne l’alachlor, le butachlor et le Triallate, qui tous trois sont enregistrés en Inde depuis 1975. C’est donc des souvenirs de plus de 35 ans. Selon « india today » il déclare lors de la réunion de Bengalore que son ancienne entreprise avait « utilisé des données fausses ». mais trois jours après, autre son de cloche : Q : Diriez-vous que les données étaient trafiquées à votre époque ? Selon India today, il aurait déclaré lors du meeting « À cette époque, Monsanto se lançait dans l’industrie des semences et j’ai eu l’information selon laquelle un gene ’terminator’ allait être incorporé dans les semences vendues par l’entreprise ». Si comme il le dit à Tehelka, il a pris sa retraite il y a environ 20 ans, il n’a pas pu avoir connaissance d’un brevet posé en 98, au mois 5 ans après qu’il ait quitté Monsanto. Sa mémoire lui joue de sacrés tours. Pour montrer à quel point Jagadish est expert en OGM, aujourd’hui encore il « ignore si Monsanto l’a réellement mis dans le coton Bt » (Alors que chacun sait que cette technologie n’a jamais été utilisée) La seule information, si vous voulez mon avis, c’est que Tiruvadi Jagadisan a attendu 84 ans son quart d’heure de gloire.
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