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>ACTU n°28, février 2010
Vendredi 22 janvier, à 14 heures, la Cour d’appel de Versailles a finalement condamné les 58 Faucheurs volontaires, jugés pour avoir détruit, le 18 août 2007, une parcelle de maïs transgénique à Poinville (Eure-et-Loir) appartenant à Monsanto. 53 faucheurs ont été condamnés à trois mois de prison avec sursis et 1000 euros d’amende, conformément au réquisitoire du Procureur du 20 novembre 2009 [1]. Quant aux récidivistes, la Cour d’appel a augmenté un peu leur peine, les condamnant à 120 jours amende à 30 euros, contre 100 jours requis par le procureur. Enfin, la Cour a réduit la condamnation civile à 14 000 euros [2] au profit de Monsanto : l’entreprise réclamait 1,3 millions d’euros. Franciska Soler, une des inculpés, confiait à Inf’OGM, « être déçue que l’état de nécessité n’ait pas été de nouveau reconnu, mais satisfaite de voir que Monsanto n’a obtenu que des miettes ». Quant au jugement à proprement parler, elle nous a précisé qu’elle s’y attendait : « Quand on pratique la désobéissance civile, on sait qu’on encourt des sanctions pénales ». La lecture de l’arrêt de la Cour nous apprend aussi que François Hervieu, « chargé de la biovigilance à la direction de la réglementation du ministère de l’Agriculture », a été entendu par la Cour au titre de témoin cité par la partie civile. Ce dernier a notamment permis à la Cour de ne pas retenir l’état de nécessité. L’arrêt dit explicitement : « les scientifiques cités par la partie civile ont combattu la thèse d’un danger avéré ». Parmi les arguments mis en avant par les témoins de la partie civile, relevons-en quelques-uns qui sont problématiques : « la barrière constitue un véritable « piège à pollen » », « la distance de 400 mètres entre les plantations de maïs transgéniques et les plantations de maïs conventionnels est suffisante pour éviter la dissémination »/I>, « le transport par les abeilles de pollen de maïs ne présente aucun risque pour des ruches biologiques, puisqu’il n’existe pas de miel de maïs » et « la probabilité d’une pollution par le sol est infime ». Ces témoins ont aussi souligné que « le taux d’OGM toléré en agriculture biologique est de 0,9% ». Inf’OGM rappelle à ses lecteurs que plusieurs ruches, en Ardèche [3], en Aquitaine [4] ou encore en Allemagne [5] se sont vues contaminées par du pollen de maïs transgénique... et des chercheurs de l’Université de Guelph (Canada) ont retrouvé « le transgène cp4 epsps (qui confère une tolérance aux herbicides à base de glyphosate comme le Roundup) chez des micro et macro-arthropodes, nématodes et vers de terre, tous présents sur des lieux de culture de maïs transgénique » [6].
[1] OGM - Procès de Versailles : la relaxe n’a pas été confirmée... [2] Cette somme se décompose en 10 000 euros au titre du préjudice matériel, 1 000 euros au titre du préjudice moral et 3000 euros pour les frais de justice en application de l’article 475-1 du Code de procédure pénale [3] ARDECHE - Miel contaminé par du maïs transgénique [4] FRANCE - Maïs population et ruches contaminés [5] ALLEMAGNE – Le miel contaminé par les OGM est un déchet : qui va payer ? [6] De l’ADN transgénique retrouvé dans la chaîne alimentaire du sol [7] Procès de Chartres : relaxe pour 58 Faucheurs volontaires [8] Comité de soutien : Vigilance OGM 36, C/o Bruno GAUDINAT, 31 avenue Gambetta, 36300 Le Blanc, http://www.yvelinessansogm.ouvaton.org/ |
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