![]() |
|
|
Pour aller plus loin
Fiches technique(s) ou dossier(s) Interview(s)
Les articles des bulletins Inf'OGM(s)
UE - L’EFSA considère le maïs Mon863 comme sûr
(pertinence: 0%)(juin 2007)
|
>Journal
>n°102, Janvier / février 2010
Interview de Marc LavielleInf’OGM : Suite à l’article du Pr. Séralini, pensez-vous qu’il soit possible de conclure quoique ce soit des données fournies par l’entreprise Monsanto pour les trois PGM concernées par l’étude ?
Inf’OGM - Le Pr. Séralini appelle de ses vœux des tests de toxicologie plus stricts et un traitement statistiques des résultats différents, qu’en pensez-vous ?
Inf’OGM - Pensez-vous qu’aujourd’hui, il y ait lieu de revenir sur les autorisations données au maïs Mon863 et NK603 ? Le CRIIGEN répondSuite à la demande d’interview qu’Inf’OGM a faite au CRIIGEN, trois membres du Comité scientifique de cette association, Joël Spiroux de Vendômois, Dominique Cellier, Gilles-Eric Séralini, nous ont envoyé le texte suivant. Sur le sujet de l’impact des OGM sur la santé il faut de façon impérative sortir des polémiques stériles entre « pro OGM » et « anti OGM » qui depuis près de 20 ans empêchent de clarifier une problématique complexe. Au CRIIGEN, nous ne sommes pas des adversaires des biotechnologies et des OGM. Comment pourrions-nous être contre la production, par exemple, d’insuline humaine par le biais de bactéries GM ? Cette insuline, produite par le génie génétique, représente une formidable avancée thérapeutique pour des millions de diabétiques au monde. En ce qui concerne les plantes actuelles (PGM) cultivées sur la planète, force est de constater que ce sont, pour la presque totalité, des « plantes à pesticides », c’est-à-dire qu’elles produisent un insecticide comme dans le cas du Mon863 et du Mon810, ou qu’elles tolèrent un désherbant comme dans le cas du NK 603. Qu’advient-il dans tous les cas des résidus de ces pesticides ? Ils se retrouveront dans nos assiettes ou dans les mangeoires des animaux de boucherie. Ceci veut dire en clair qu’il est impératif que ces OGM soient testés au minimum comme des pesticides pour l’impact potentiel sur la santé ! Ce qui n’est pas le cas… C’est ce qui a guidé l’action du CRIIGEN pour étudier les données des expérimentations de Monsanto et a permis de mettre en évidence que ces dernières ne peuvent en aucun cas être considérées comme preuves de l’innocuité des OGM en question pour la santé humaine ou animale : surtout la limite de 90 jours ne permet pas de mettre en évidence d’effet chronique, et il y a inadéquation des protocoles expérimentaux et des normes d’évaluation en vigueur dans les organismes officiels d’accréditation. Commençons par un point très important au moment où la rumeur enfle et la polémique gronde. Nous n’avons jamais dit, dans notre étude, que les maïs étudiés sont toxiques. Nous avons simplement écrit qu’en fonction des données que nous avons à notre disposition, il apparaît des signes d’alerte, des signes de toxicité dans les résultats expérimentaux. Ce qui n’est pas du tout la même chose, et pour bien expliciter la différence, prenons par exemple le cas de l’ingestion d’alcool soit en très grande quantité, soit en plus faible quantité mais sur de longs mois. L’alcool peut entraîner, en fonction du contexte, une augmentation des transaminases et des Gamma GT, marqueurs de l’atteinte hépatique, dans le sang. Ces augmentations mettent en exergue des signes de toxicité hépatique dus à l’alcool, mais ne veulent pas dire que l’alcool est un toxique.
Après ce long préambule, plusieurs mises au point sont nécessaires : Comment devraient être expertisées les PGM ? Il est primordial que cette analyse soit faite de façon transparente et indépendante, à vie entière, a minima sur un petit mammifère, voire deux, de façon trans-générationnelle, avec des groupes suffisamment importants pour assurer une puissance statistique des tests permettant d’éviter les débats stériles sur ce que l’on doit retenir ou pas et en complétant les études par certains marqueurs manquants comme les marqueurs endocriniens. Il est enfin nécessaire de modifier les organismes d’accréditation dans le sens des propositions faites au gouvernement français par la Commission présidée par Corinne Lepage, au printemps dernier [4]. Inf’OGM a proposé à chaque contributeur de réagir aux réponses envoyées.Marc Lavielle - Je suis tout à fait d’accord avec Joël Spiroux de Vendômois sur la nécessité de sortir de ce débat stérile pro/anti OGM. Depuis sa création, le Haut conseil des biotechnologies (HCB) travaille dans ce sens. C’est son rôle de considérer avec la même rigueur scientifique les études de Monsanto et celles du CRIIGEN. Le HCB a ainsi émis un avis relatif à cet article de Spiroux de Vendômois et al. et conclu que « cette étude n’apporte aucun élément scientifique recevable susceptible d’imputer aux trois OGM ré-analysés une quelconque toxicité hépatique ou rénale ». CRIIGEN - Ne voulant pas entrer dans des polémiques stériles, nous nous contentons d’être factuels. Contrairement à ce qu’affirme le statisticien M. Marc Lavielle, notre article a été publié dans une revue scientifique du meilleurs niveau (facteur d’impact 3,24) dont l’éditeur en chef très scrupuleux du National Institute of Health aux Etats-Unis a fait vérifier notre travail par plusieurs spécialistes. M. Lavielle, membre d’une instance officielle évaluant les OGM, avoue ne pas disposer des données brutes pour en faire l’analyse. Pourquoi ne les demande t-il pas officiellement à Monsanto ou au gouvernement et n’exige t-il pas, en tant que scientifique, que la confidentialité sur ces études soit levée ? Reconnaissant les faiblesses des études de Monsanto, il en oublie néanmoins de se prononcer sur la question essentielle : les autorités qui ont autorisé ces OGM pouvaient elles conclure à l’absence de risques sanitaires ? Notre réponse est non du fait justement de la faiblesse reconnue des tests et nous attendons des scientifiques aujourd’hui qu’ils demandent que ces études toxicologiques soient refaites et prolongées comme nous le proposons.
Propos originaux recueillis par Inf’OGM et validés par les personnes interviewées.
Marc Lavielle : http://www.math.u-psud.fr/~lavielle/ [1] http://www.efsa.europa.eu/EFSA/efsa... [2] Environmental Biosafety Research, vol.8, n°2 [3] « How subchronic and chronic health effects can be neglected for GMOs, Pesticides or Chemicals », Séralini et al, International Journal of Biological Sciences,2009 [4] Corinne Lepage rend un rapport sur les procédures d’évaluation européenne
|
THEME(S) (Accueil thématique) (Réglementation européenne) /B_LesRubQuiOntCeMotCle>
GEOGRAPHIE
TYPE
|
Contact | Plan du site |
RSS 2.0
|
Mentions légales | Remerciements
Site optimisé pour Fire Fox - Mozilla, écran 1024x768
et sous Licence Creative Common
Soutenez Inf'OGM en utilisant pour vos recherches :
ou