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La première législation consacrée aux PGM à visée commerciale date des années 90 : la directive 90/220 s’intéressait à tout ce qui relevait de la dissémination des PGM dans l’environnement et le règlement 258/97 s’occupait, lui, des aliments produits à partir de, ou contenant, des PGM. Un moratoire pour faire évoluer la législationA la fin des années 90, l’Union européenne, suite aux demandes d’Etats membres comme la France, décide de mettre en place ce qui fut appelé pendant longtemps un moratoire de facto. Ces demandes des Etats membres étaient le fruit de plusieurs campagnes nationales d’opposition aux PGM. Car déjà à cette époque, si les entreprises assuraient de l’innocuité sanitaire, environnementale et des bienfaits économiques de leurs produits, des acteurs de la société civile n’étaient pas convaincus et leurs actions ont réussi à amener le débat et les doutes dans la sphère politique. Au final, la volonté de l’époque était de se donner du temps pour améliorer la législation européenne existante, en vue d’assurer une meilleure évaluation des PGM avant autorisation, de se doter d’un système de biovigilance permettant de « surveiller » les cultures de PGM et leurs possibles impacts sur l’environnement une fois mises aux champs, de mettre en place une vraie traçabilité et un étiquetage des produits en contenant, d’adopter un régime de responsabilité adéquat et de définir un seuil de contamination applicable aux lots de semences. Les experts entrent en actionMais cette fois, les objectifs visés sont moins clairs. Car toute la dynamique en branle depuis 2008 fait penser à une évolution vers plus de souplesse que de contrôle. Tout d’abord, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (AESA) entreprend, sur mandat de la Commission européenne, un travail de réflexion sur les procédures d’évaluation des risques liés aux PGM avant autorisation [2]. Vers une législation moins contraignante ?Quelle suite donnera la CE des rapports qu’elle recevra en 2010 ? Soit elle considèrera que le cadre législatif actuel convient et elle n’envisagera alors aucun changement ; soit le cadre législatif ne convient pas car entre autres il échoue à protéger les consommateurs et l’environnement, et elle entamera alors un travail de modification de la loi européenne visant à renforcer l’encadrement des PGM comme demandé par le Conseil des ministres de l’environnement. La CE peut également considérer que le cadre législatif est efficace dans son objectif de protéger les consommateurs et l’environnement mais qu’il gêne le marché européen. L’argument pourrait être qu’il restreint les importations aux seuls pays capables d’assurer des productions non GM, ou des productions avec des PGM autorisées en Europe.
Les questions en suspendIl est d’ailleurs intéressant de noter que la CE n’a toujours pas pris position sur la question des seuils de contamination des lots de semences. A l’heure actuelle, les Etats membres sont libres d’autoriser la commercialisation de lots de semences contaminés par des PGM à des taux qu’ils peuvent établir entre 0 et 0,9%. Que la CE réponde à cette question deviendrait inutile si les Etats membres devenaient officiellement souverain dans leur politique interne sur les PGM en culture.
[2] cf. « L’AESA et l’évaluation des PGM dans l’Union européenne : points de vue divergents » http://www.infogm.org/spip.php?arti... et « l’évaluation des risques liés aux plantes génétiquement modifiées en Europe : quels principes ? », ttp ://www.inra.fr/dpen/pdf/meunierc... [6] UE - L’Autriche demande de nationaliser les autorisations des cultures de PGM : une fausse bonne solution ? |
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