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OGM : UE - L’AESA se prononce contre l’interdiction française du Mon 810 et pour l’autorisation à la culture de deux nouveaux maïs GM
(pertinence: 0%)(octobre 2008)
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>Journal
>n°95 - Novembre / décembre 2008
Les sherpas veulent une accélération des procédures d’autorisationTravaillant dans une opacité certaine, le groupe européen de Sherpas, établi par et dépendant uniquement du Président de la Commission européenne (CE) José Manuel Barroso, a démarré ses travaux au cours de l’été. Composé de représentants des Etats-membres et de fonctionnaires européens - la France est représentée par François Pérol, secrétaire général adjoint à l’Elysée [1] - ce groupe a pour objectifs affichés d’obtenir que les décisions prises sur le dossier OGM soient « plus claires, plus transparentes pour l’opinion publique » et de « discuter éventuellement d’améliorations de procédures », plus précisément sur les lignes directrices. Mais à y regarder de plus prêt, il semble que ces objectifs affichés occultent quelques axes de travail des Sherpas. Mi-juillet, s’est tenue la première réunion. A l’ordre du jour notamment : l’amélioration de la procédure décisionnelle et la question de l’absence de majorité qualifiée au sein du Conseil. Car actuellement, les décisions d’autorisation ou non reviennent systématiquement à la Commission, les Etats-membres ne parvenant pas à une majorité qualifiée ; les relations entre le prix des denrées alimentaires et les PGM ; et la conformité à la décision de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) de 2006. La deuxième réunion de ce groupe, le 10 octobre dernier, a déjà beaucoup fait parler d’elle : les Amis de la terre Europe ont divulgué les conclusions de la rencontre et ces dernières confirment que ce groupe travaille à accélérer les procédures d’autorisations et à les harmoniser avec celles des Etats-Unis. Mais plus notables encore, les conclusions de cette rencontre montrent que ce groupe souhaite peser de tout son poids sur les réflexions plutôt « progressistes » actuellement menées dans le cadre du groupe ad hoc. Ainsi, est-il demandé que les Premiers ministres se saisissent de la question pour « canaliser » les ministres de l’Environnement dans les débats du Conseil des 20 octobre et 4 et 5 décembre [2]. Le groupe ad hoc : une réflexion tuée dans l’œuf ?Les missions officielles du groupe ad hoc sont de réfléchir au renforcement de l’évaluation des OGM en matière environnementale, à l’opportunité et au contenu d’une évaluation socio-économique, à l’amélioration du fonctionnement de l’expertise, à la fixation de seuils d’étiquetage harmonisés concernant la présence fortuite d’OGM autorisés dans les semences, et à la prise en compte de certains territoires sensibles et/ou protégés. Les Etats devront se positionner sur ces pistes d’évolutions lors du Conseil environnement des 4 et 5 décembre 2008. Mais, à la lumière des retours du Conseil du 20 octobre, des orientations se dessinent déjà. Veut-on vraiment renforcer l’évaluation environnementale ? La France annonce vouloir proposer la mise en place de protocoles précis d’évaluation des OGM, et la prise en compte, pour les PGM produisant des pesticides, du nécessaire rapprochement entre l’évaluation des PGM et des produits phytosanitaires. Sans plus de précisions sur ce point, il est difficile de déterminer si ce travail ira dans le sens d’un renforcement de l’évaluation avant autorisation ou d’un renforcement du suivi de biovigilance post autorisation. L’argumentation présentée par la France pour suspendre l’autorisation du maïs Mon 810 contient de nombreux arguments intervenant avant la délivrance d’une autorisation (cf. Où en est-on du moratoire français sur le Mon 810 ? ) et laisse présager que la France souhaitera renforcer cette dynamique plutôt que la surveillance post autorisation. Parallèlement au travail de ce groupe, l’Agence Européenne de Sécurité des Aliments (AESA) a été chargée par la CE de réfléchir à une mise à jour de ces lignes directrices concernant ces évaluations environnementales [3]. Il paraît difficile d’imaginer que l’AESA aille dans le sens d’une évaluation plus renforcée, ses travaux précédents (notamment sur l’évaluation sanitaire) plaidant pour une tendance inverse. Les premiers retours du groupe ad hoc montrent que les participants sont favorables à une harmonisation des méthodes d’évaluation entre les différents Etats-membres mais aucune précision n’a été apportée à propos des évaluations à long terme. Pour le groupe de Sherpas, aucune modification ne semble nécessaire en ce domaine et l’AESA a vu la confiance de ce groupe de travail affirmée officiellement [4]. Les Etats craignent l’intégration de critères socio-économiques
De fait, la question devrait non pas porter sur la mise en place de telles procédures mais sur une possible obligation de les conduire. Car pour l’instant, ni l’évaluation scientifique environnementale [5], ni les décisions de la CE ne font état d’une prise en compte des aspects socio-économiques [6]. Lors de l’examen des moratoires autrichien et hongrois, le conseil européen a déjà mis l’accent sur la prise en compte de facteurs autre que scientifique, en demandant une prise en compte plus systématique de ces facteurs. Dans ces conditions, les Etats souhaitent-ils prendre en compte d’une manière effective et systématique des facteurs économiques et sociaux dans le processus d’autorisation ? Si oui de quelle manière ? Dans une évaluation scientifique ? En donnant la possibilité aux Etats de moduler les autorisations d’OGM ?
Des OGM dans les semences sans étiquetage ?
Division des Etats sur une reconnaissance des zones sans OGM
Les « oublis »... Les enjeux des discussions techniquesLa modification des seuils dans les semences fera nécessairement l’objet d’une nouvelle directive. Pour le reste, la France envisagerait donc a priori d’appliquer différemment la législation communautaire actuelle (évaluations, facteurs légitimes, écosystèmes particuliers...), sans la réécrire. Plus globalement, les contextes européen et international témoignent d’une grande pression sur l’UE sur le dossier OGM. Les Etats-Unis souhaitent rendre synchrones les délivrances des autorisations de PGM, en agissant d’une part, sur le Codex alimentarius, pour obtenir une procédure accélérant les autorisations de PGM en cas de contamination, et d’autre part directement sur l’UE, expliquant ainsi la position de l’AESA sur une application plus ouverte du concept d’équivalence en substance (pas d’études de toxicité si les plantes et PGM sont équivalentes). L’accélération des autorisations peut se faire via une surveillance post autorisation plus poussée et des évaluations pré autorisation plus flexibles. L’évaluation économique pourrait être refusée ou dé-cidée globalement et non au cas par cas. Pour Guy Kastler, de Nature et Progrès, si des évaluations environnementales et économiques globales (au niveau communautaire par exemple) sont prises en compte, ceci permettra d’engager des évaluations locales plus fines et d’aboutir à des suspensions (locales elles aussi) d’autorisation à la culture. A l’inverse, une évaluation sur la santé pourra difficilement être réalisée à un niveau local. Sur la question des semences, la France ne devrait probablement pas défendre le zéro technique. Afin de ne pas gêner le marché de l’alimentation animale et les importations, l’encadrement pourra donc être plus flexible avant et renforcé après autorisations. Mais ne gérer que l’aval d’une dissémination est rarement une bonne solution… En l’état actuel des travaux, nous ne pouvons qu’observer une certaine continuité dans les positions européennes. Le libre-échange risque fort de l’emporter face aux préoccupations de sécurité sanitaire ou environnementale, et la confidentialité des débats est toujours de mise... Alors que l’attention des citoyens est accaparée par la crise financière, il convient de ne pas oublier que l’avenir des OGM en Europe se joue sans doute dans les tous prochains mois. Eléments de contexteContexte européen
Contexte mondial
[1] http://www.consilium.europa.eu/ueDo... [2] http://www.foeeurope.org/GMOs/sherp... [1] http://www.foeeurope.org/GMOs/sherp... [2] http://www.foeeurope.org/GMOs/GMOs_... [3] http://registerofquestions.efsa.eur... [4] http://www.foeeurope.org/GMOs/sherp... [5] Seule une disposition de la directive 2001/18 (Annexe II) prévoit que les « modifications de la gestion, y compris le cas échéant, les pratiques agricoles » peuvent être à l’origine d’effets négatifs sur l’environnement, et peuvent être pris en compte dans l’évaluation. [6] La Commission n’a pas montré dans ses décisions qu’elle prenait en compte d’autres facteurs que les facteurs scientifiques : ses décisions se réfèrent en effet uniquement aux conclusions de l’AESA. [7] http://www.foeeurope.org/GMOs/GMOs_... [8] http://www.consilium.europa.eu/ueDo...
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