L’un des risques évoqués est la contamination de plantes conventionnelles ou biologiques par des PGM. Si ce risque est reconnu et documenté, la question est de savoir s’il est techniquement inévitable ou si des mesures précises de coexistence pourrait le résoudre.
Les partisans des plantes transgéniques proposent donc certaines mesures de coexistence :
mise en place d’une zone tampon (cultivée avec des plantes non transgéniques) autour du champ de culture des PGM,
mise en place de barrières végétales (haies hautes), afin de piéger le pollen lors de son transport,
mise en place de zones géographiques entièrement réservées aux PGM,
décalage des dates de floraison, donc des dates de semis...
Ces mesures recquièrent toutes des précisions techniques. Prenons, par exemple, les ”zones tampon". Quelle distance faudra-t-il accepter ? Au Canada, la loi impose entre 400 et 800 mètres, alors qu’une étude britannique estime que le pollen de colza peut se diffuser jusqu’à 16 km.
A ces mesures « anti-polliniques », il faut ajouter des mesures de ségrégation des filières, techniquement plus complexes et plus coûteuses. En effet, certains chercheurs estiment que la contamination des filières non GM par des PGM est plus liée à des causes humaines que biologiques.
La dernière question est de savoir qui prend en charge le coût de cette coexistence, de cette ségrégation des filières et qui est responsable en cas de contamination. A l’heure actuelle, l’Union européenne a renvoyé ces questions aux Etats membres.
Alors, les OGM peuvent-ils cohabiter avec d’autres plantes, conventionnelles ou biologiques ? Certains clament haut et fort que cette coexistence est impossible. D’autres, qu’elle est possible... si on accepte un certain taux de contamination. Tous s’accordent donc sur le fait qu’une ségrégation stricte des filières (avec un mélange qui reste au seuil de 0,1%) est quasi impossible, ou en tout cas extrêmement coûteuse.