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EUROPE – Le Parlement européen veut conserver une agriculture biologique sans OGM
(pertinence: 0%)(mars 2007)
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>Journal
>n°88 - Juillet / Août 2007
La nouvelle réglementation européenneEn 2004, l’Europe a lancé un processus de révision du règlement sur l’agriculture bio dans un but de “simplification” et d’ “harmonisation des normes”. Après trois ans de pourparlers, le règlement européen relatif à l’agriculture biologique a été formellement adopté les 12 et 28 juin par le Conseil de l’Union européenne (2). S’il maintient une interdiction claire de l’utilisation d’OGM dans la production biologique, le règlement admet de manière implicite qu’un produit biologique peut contenir jusqu’à 0,9% d’OGM (cf. encadré à gauche). En effet, le règlement précise qu’un produit qui doit faire référence sur son étiquette à l’utilisation d’OGM, en vertu des textes communautaires, ne peut être étiqueté comme un produit biologique. Or, selon le règlement européen 1829/2003, un produit alimentaire doit être étiqueté comme “OGM” à partir du seuil de “présence fortuite et techniquement inévitable” de 0,9% d’OGM par ingrédient (cf. encadré à droite). Au-trement dit, si un produit contient moins de 0,9%, il n’est pas sujet à l’étiquetage et il peut être qualifié de “bio” et ce malgré l’opposition du Parlement européen (3). Le règlement admet aussi la possibilité d’utilisation d’additifs alimentaires et arômes produits par des OGM, lorsque ceux-ci ne sont pas disponibles sur le marché autrement.Est ainsi mise en place une possibilité de dérogation à l’interdiction d’utilisation d’OGM, ce que les associations ont appelé le dispositif de “flexibilité négative”. En revanche, l’utilisation de produits tracés ou étiquetés OGM (hors arômes et additifs on l’a vu) reste strictement interdite dans le cadre de la production bio. A cet égard, les œufs, la viande, le lait qualifiés de “bio” ne peuvent pas être issus d’animaux nourris avec des aliments étiquetés OGM. Rappelons que la réglementation européenne n’impose pas d’étiquetage pour ces “produits animaux”. Par contre, un producteur bio peut utiliser des aliments pour animaux ou d’autres intrants contaminés jusqu’à 0,9%. Ce que change ce règlementAu niveau européen, cela ne change rien : en l’absence de dispositions particulières applicables dans le cadre de l’agriculture bio, le seuil de 0,9% s’appliquait déjà. Les produits “sans OGM”Entendons-nous : absence d’OGM signifie ici OGM indécelable par les techniques actuelles d’identification, qui permettent de les détecter à partir de 0,01% de présence. Le coût de la filière “sans OGM”Les coûts de séparation des filières GM et non GM et de contrôle interviennent au moment de la production de semences, de la production agricole, et de la première transformation agro-alimentaire. En 2001, Egizio Valceschini, économiste à l’Inra, estimait que la garantie d’un seuil de 1% dans la filière soja entraînait des surcoûts de 6,5 à 14% de la valeur du produit. “Ces résultats peuvent globalement être utilisés à titre indicatif pour [...] la filière maïs en Europe avec un seuil de 1%” (10). Egizio Valceschini écrivait ceci en 2001, alors que les cultures et les flux d’OGM étaient moins développés en Europe. Mais envisageant l’hypothèse d’un développement des PGM, il précisait qu’ “elle se traduirait par une augmentation sensible des coûts de garantie”.
Patrick de Kochko, agriculteur bio et ingénieur agronome, mène une étude sur les surcoûts pour une filière de soja non GM (avec moins de 0,01% d’OGM). D’après ses premiers résultats, le surcoût minimum est de 50 euro/tonne dont 30 euro pour l’organisme stockeur (chargé de l’approvisionnement et de la fourniture en semence) et 20 euro pour le transformateur. Ces coûts ne prennent en compte que les analyses sur semences et récoltes et le temps de gestion. Ne sont pas inclus les coûts de déclassement et de retrait, les coûts de certification, et les coûts commerciaux (pertes d’images sur produits, comme le soja devenu douteux). Ces derniers sont essentiellement pris en charge par les producteurs.
Donc, en 2006, avec un prix à la tonne aux alentours de 375 euro pour du soja bio sans OGM, le surcoût minimal d’une tonne de soja sans OGM serait donc de 13%.
1, Règlement n°834/2007 relatif à la production biologique et à l’étiquetage des produits biologiques et abrogeant le règlement n°2092/91
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