OGM : des pistes pour comprendre

L'environnement est-il touché par les OGM ?


Pour en savoir plus

Sur infogm.org :

- Les OGM dans l’environnement : la nature s’adaptera-t-elle ? (Dossier pédagogique, Inf'OGM/Bédé)
- Lire les articles ayant pour mot-clé “Enjeu environnemental“
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Sur d'autres sites :

- OGM et environnement (ogm.gouv.fr)
- OGM et Environnement (Inra)
- Risques pour l'environnement (Greenpeace)
- Monsanto et l'environnement


Sur le site de Monsanto France, on peut lire :
La biotechnologie végétale offre aux agriculteurs une solution pour faire face à ce problème sans imposer des pressions encore plus fortes sur les ressources naturelles. Elle contribue à la création d'une forme d'agriculture plus équilibrée, et plus respectueuse de l'environnement. L'utilisation croissante et non contrôlée de pesticides dans les cultures peut nuire à la qualité des eaux et à la faune sauvage. Ainsi, il semble intéressant d'améliorer les caractéristiques génétiques des plantes cultivées afin de leur permettre une meilleure protection intérieure et de rationaliser les épandages de pesticides. C'est pourquoi, les chercheurs ont développé ces plantes qui constituent un moyen de préserver l'environnement.

La réalité des PGM est plus contrastée.

D'une part, l'argument majeur des entreprises de biotechnologies est de dire que les agriculteurs utilisent moins d'insecticides car la plante (Bt) se défend elle-même.

Certes, l'agriculteur, dans un premier temps, fait une économie dans l'achat d'insecticide car la plante Bt produit des protéines insecticides (les protéines Cry), toxiques pour un certain nombre d'insectes nuisibles. Mais la toxine est malgré tout présente dans l'environnement. La plante l'exprime, la synthétise. Il n'y a pas a priori de réduction de l'insecticide. Au contraire. En effet, étant donné que la plante Bt, actuellement, produit dans toutes ces cellules et en permamence (ou presque) la protéine insecticide, il y a plus d'émission de toxine dans l'environnement que dans le cas d'un agriculteur qui répandrait cette même toxine en spray. A propos de la quantité de toxine émise par la plante, les chiffres varient énormément : Jean Pierre Berlan (Inra) parle de 10 à 100 000 fois plus qu'en spray, et B. Darvas (Institut de Protection des plantes de l’Académie des sciences hongroise) lui estime que dans le cas du maïs Dk-440-BTY, cela représente près de deux mille fois la quantité de toxine utilisée dans le cadre des traitements conventionnels. Et Sophie Galotti, de l’Agence Française pour la Sécurité Sanitaire des Aliments (AFSSA), précise que “chaque dossier est évalué au cas par cas. La quantité de protéine Bt exprimée dans une plante, sa présence dans les produits transformés etc... figurent dans le dossier transmis pour expertise à l’AFSSA. L’AFSSA ne réalise aucun dosage, dans quel que domaine que ce soit, pour les dossiers d’autorisation de mise sur le marché. Pour tous ces dossiers, les résultats des analyses sont produits par le pétitionnaire. Ces résultats, présentés avec les protocoles détaillés et les garanties d’assurance qualité et de bonnes pratiques expérimentales, sont examinés dans le cadre de l’expertise du dossier”.

Ainsi, les insectes ciblés sont exposés à une pression sélective plus importantes, donc mutent plus rapidement : la toxine Bt devient donc, à terme, inefficace. Ce mécanisme d'acquisition de résistance, propre au vivant, prend dans le cas des PGM une ampleur importante et d'ores et déjà documentée. Des résistances ont été observées en Australie, aux Etats-Unis, en Chine, en Inde,...

Charles Benbrook, consultant sur les questions agricoles, a publié une étude basée sur les chiffres du Ministère états-unien à l'agriculture. Cette étude conclut que la hausse des volumes de pesticide pour les cultures de soja, maïs et coton a fortement augmenté entre 1996 et 2003. La culture du soja est majoritairement responsable de cette augmentation. Dans le domaine des insecticides, seules les cultures de maïs et coton ont permis une baisse des quantités d’insecticides utilisés. L’auteur précise que les quantités d’insecticides produites par la plante elle-même ne sont pas prises en compte. (Cf. Inf'OGM n°48 ou Biotech info).

D'autre part, les PGM permettraient de réduire l'usage des herbicides.

La première remarque à faire est de bon sens : comment peut-on envisager qu'une entreprise qui vend deux produits, un herbicide et une plante tolérant ledit herbicide, vende le deuxième au détriment du premier. Le paquet plante GM + herbicide ne sert pas à réduire l'usage des herbicides mais à préserver un marché menacé par les herbicides génériques. La différence de pratique se situe donc entre des agriculteurs qui utilisaient différents types d'herbicides et des agriculteurs qui peuvent désormais utiliser le même, de façon systématique, sans menacer leurs cultures.

Un autre phénomène physique explique aussi l'augmentation des quantités d'herbicide. En effet, des entomologistes de l’Université Clemson (Caroline du Sud) ont observé dans une douzaine de champs une réapparition d’un insecte nuisible, l’anthonome du cotonnier, qui avait fait l’objet d’un programme d’éradication par l’Etat qui avait pris fin en 1995. Cette réapparition aurait comme cause l’utilisation de coton transgénique. En effet, les agriculteurs qui la première année ont cultivé du coton RoundUp Ready et qui l’année suivante, cultivent du Soja RR, voient apparaître des repousses de coton non désirées, sur lesquelles le RoundUp n’agit bien évidemment pas. Or, ces repousses “sauvages” de coton favorisent le développement de ce ravageur. Il faudra alors utilisr d'autres herbicides pour les elliminer.

Enfin, comme pour la cas des plantes Bt, les plantes GM tolérantes à un herbicide entraînent une plus forte pression sélective sur les plantes adventices, car l'agriculteur a tendance à utiliser en permanence le même herbicide. Or, pour détruire ces plantes devenues résistantes, il faut soit procéder à un arrachage manuel, soit utiliser des herbicides plus toxiques, généralement interdits, tels que l'atrazine. Cela peut aussi se produire dans le cas de plantes apparentées qui acquièrent par pollinisation croisée le transgène de la tolérance à l'herbicide. Benbrook précise que 20% de l'augmentation des herbicides est dû à l'acquisition de résistance. Il conclut son étude en affirmant que la culture de PGM induit une forte augmentation de la quantité des pesticides (cf. Inf'OGM n°58 ou Biotech info).


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