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Information critique & indépendante sur les OGM, les biotechnologies et les semences

Qu’est-ce qu’un OGM ? Qu’est ce que la transgénèse ?

Inf’OGM, juillet 2014
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Les OGM sont des organismes – plante, animal, champignon, micro-organisme – génétiquement modifiés en laboratoire afin de leur conférer de nouvelles caractéristiques. Dans l’Union européenne, la définition légale est précisée dans la directive 2001/18 : un OGM est « un organisme, à l’exception des êtres humains, dont le matériel génétique a été modifié d’une manière qui ne s’effectue pas naturellement par multiplication et/ou par recombinaison naturelle ». Les OGM, du fait de leur nouveauté et de leur artificialité, sont soumis à une législation dédiée (cf. Comment sont autorisés les OGM dans l’Union européenne ?). Si la directive 2001/18 définit un OGM, elle exclut de son champ d’application plusieurs techniques de manipulation génétique, comme la mutagenèse (cf. Qu’est-ce que la mutagenèse ?) ou d’autres techniques de transformation (cf. Quelles sont les différentes biotechnologies ?). Elle s’intéresse donc principalement aux OGM transgéniques.

 Techniquement, de quoi parle-t-on ?

Une plante transgénique est une plante dont le génome a été manipulé par transgenèse. Le principe de la transgenèse est de transférer un gène de n’importe quelle espèce dans n’importe quelle autre espèce en s’affranchissant de la reproduction sexuée. Ce transfert se fait en introduisant dans une cellule de plante un transgène, composé de séquences génétiques issues de plusieurs organismes. Ce transgène est composé d’un promoteur (généralement un morceau de l’ADN d’un virus du chou-fleur (CAMVs35)), d’un gène d’intérêt (les deux gènes les plus utilisés actuellement sont ceux qui permettent la production d’un insecticide (cf. Qu’est-ce qu’une plante Bt ?) ou la tolérance à un herbicide (cf. Qu’est-ce qu’une plante tolérant un herbicide (Roundup Ready ou autre) ?)), et enfin d’un terminateur. Une séquence d’ADN de plante, d’animal ou de micro-organisme peut ainsi être transférée dans une plante cultivée et exprimer un caractère nouveau pour l’espèce, et le gène peut alors être transmis de manière héréditaire d’une génération à l’autre. Le schéma ci-dessous résume la technique de transgenèse.

Le schéma de la transgenèse
source : Les OGM remis en question. BEDE-INF’OGM, mars 2002

Un être transgénique n’existe donc pas à l’état naturel. La transgenèse n’a rien de comparable avec la sélection classique qui utilise les mécanismes de reproduction d’une plante (cf. Semences : définitions, lois et marché mondial) et n’introduit pas de gène étranger à une espèce. Si certains micro-organismes comme les virus ont cette capacité de franchir la barrière des espèces en introduisant leur gène dans un génome végétal, une fraise ne s’est encore jamais « croisée » avec un poisson. Il est donc faux de dire que la nature a toujours fait des « OGM » et encore moins des OGM transgéniques.

 De quand datent les OGM ?

La transgenèse est une technique utilisée en laboratoire depuis les années 70. Commercialement, son utilisation est beaucoup plus récente : le premier organisme transgénique commercialisé fut la tomate FLAVR/SAVR, qui a été cultivée aux États-Unis dès 1994. Trois ans plus tard, ce sont les cotons, maïs et sojas GM qui prédominaient dans ce pays.

 Les critiques techniques

La plupart des OGM ne quittent pas les laboratoires où ils sont utilisés comme outils de recherches. D’autres sont utilisés en milieu confiné pour produire des molécules thérapeutiques (cf. Qu’est-ce que la moléculture ?), notamment l’insuline. Les critiques portent principalement sur les OGM destinés à être disséminés dans l’environnement, comme les plantes ou les animaux transgéniques. Ces critiques sont de deux ordres : celles liées à la technique en elle-même (manipulation aléatoire, imparfaitement maîtrisée, instabilité génétique plus grande, possibilité de recombinaison génétique, etc.), et celles liées directement à la dissémination dans l’environnement de certains OGM : impacts sanitaires ((cf. Quels sont les risques des OGM pour notre santé ?)), impacts environnementaux (cf. Quels sont les risques que peuvent entraîner les OGM pour l’environnement ?), impacts sociaux...
Derrière les OGM, qu’ils soient transgéniques, cisgéniques, mutés, etc. se cache le contrôle du vivant à travers les brevets (cf. Qu’est-ce que le brevetage du vivant ?). Ces plantes transformées artificiellement bénéficient d’un statut juridique particulier pour des êtres vivants : les gènes concernés par la modification (et/ou les techniques ayant permis la modification) sont brevetés comme des objets industriels.

 Quelle réalité dans les champs et les assiettes ?

Les plantes transgéniques commercialisées sont cultivées dans une minorité de pays (cf. Qui cultive des OGM et où en produit-on dans le monde ?) et sont à 99% des plantes « pesticides » : soit elles tolèrent un ou des herbicides (il s’agit des plantes RoundUp Ready, LibertyLink... (cf. Qu’est-ce qu’une plante tolérant un herbicide (Roundup Ready ou autre) ?) soit elles produisent une protéine insecticide (plantes Bt, (cf. Qu’est-ce qu’une plante Bt ?)) ou encore les deux à la fois. Malgré la diversité des projets d’application de la transgenèse en agriculture, cette dernière se concentre sur quelques cultures en étroite relation avec les besoins de l’agriculture industrielle : soja, maïs, coton et colza.


Le schéma de la transgenèse

Le schéma de la transgenèse (avec explication)