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OGM : l’enquête qui accuse
par Christophe Noisette, novembre 2005
par M. Despratx, Canal+ - 90 minutes

La partie de l’émission sur les OGM dure 22’54".
Laurnet Le guyader a surtout retranscrit l’interview de Marc Fellous.

Le réalisateur commence par nous dire qu’on mange tous des OGM, qu’ils arrivent par plusieurs voies.
Mais une étude montre que les OGM modifient les organes des rats, donc ils pourraient aussi modifier les notres.
Visite des rayons de supermarché à la traque d’OGM, avec interview d’un responsable de rayon qui n’y connait rien et qui s’en fout.
Présentation succinte des PGM insecticides et résistant à un herbicide.
Présentation de Monsanto, avec les images d’une visite de leur siège de Saint Louis avec un guide très enthousiaste sur la technologie Monsanto. Reportage filmé et diffusé il y a 5 ans. Depuis, il parait que le siège n’est plus accessible aux journalistes.

Reportage sur une étude d’un soja Monsanto sur 300 souris.
Interview d’une scientifique de l’Université italienne d’Urbino, qui a constaté des atteintes au foie, au pancréas et aux testicules, en 2003. Pour le pancréas il y a une baisse significative des enzymes de la digestion, ce qui peut entrainer des problèmes de carences à long terme. Depuis ces découvertes, le gouvernement refuse de continuer à financer des recherches. Le labo a reçu dans un courriel émanant du gouvernement : Comme il n’y a pas de données scientifiques qui démontrent que les OGM ont des effets négatifs sur la santé, il est inutile de faire de la recherche sur ce sujet."

Microtrottoir. Images de fauchages ou de tentatives.

C+ : « Pour rassurer les consommateurs le gouvernement a mis en place (...) la Comission du génie biomoléculaire, abrité par le Ministère de l’Agricuture. » [1,2]
C+ : « Les firmes qui souhaitent vendre leurs OGM en France doivent envoyer à nos experts des études scientifiques sur des animaux prouvant que leur maïs ou leur soja ne sont pas toxiques pour la santé. Les experts du ministère de l’agriculture lisent les études fournies par le fabricant et évaluent si oui ou non il est dangereux de mettre un OGM sur le marché. » [3]
C+ : « Pour le chef des experts français, ce système de contrôle est efficace. Il affirme que les firmes OGM n’oseront jamais soumettre aux experts un OGM dangereux. »
Réponse de Marc Fellous : "Ce qu’il faut que vous sachiez c’est que ... (silence à la place du nom de l’entreprise) fabrique un OGM, il va sélectionner l’OGM sur différents critères ... de croissance de production et aussi de toxicité. Un OGM toxique on ne le verra jamais nous. Jamais on verra ça ... puisque ça été... ça a été trié."
C+ : « Donc le ministère n’aurait jamais vu arriver un OGM toxique. Et pourtant... »

Reportage sur l’autorisation du maïs MON863.
Interview de Corinne Lepage qui a réclamé par la Cada d’avoir l’étude de Monsanto démontrant les problèmes de santé sur des rats. Le ministère a commencé par lui envoyer une étude sur des vaches datant de 1996, alors que celle demandée était sur des rats testés en 2003. Le ministère a finalement refusé.

C+ : "Comment le ministère de l’agriculture français, chargé de veiller sur la santé des citoyens, a t-il pu donner un feu vert à cet OGM en connaissant cette étude sur les lésions des organes des rats ?
La question a été posée à Marc Fellous, chef de cette commission
Réponse de Fellous : « Ca a été vu par 3 experts ... et ils ont trouvé que y avait ... y avait pas... c’était des lésions tout à fait banales pour ... c’est des lés... ce sont des lésions qu’on trouve chez des rats qui commencent à vieillir. »
C+ : « Chez les experts du ministère, tout le monde n’est pas du même avis. Pour ce professeur de biologie (GES)(4) le vieillissement des rats est un faux argument. »
Réponse de GES : « Evidemment qu’on va trouver certaines de ces lésions chez les vieux rats. Mais là c’étaient des lésions qui étaient en plus grand nombre chez des rats qui avaient mangé des OGM que chez les rats qui n’en avait pas mangé. »
C+ : "Reste à savoir pourquoi la firme OGM Monsanto a tant rechigné pour rendre publique cette fameuse étude. Monsanto a refusé toute interview. Mais il a accepté de répondre à des questions écrites :
Question de C+ : « Pourquoi avoir gardé secrète l’étude sur des rats qui ont mangé votre OGM. »
Réponse de MONSANTO (écrit) : « Cette étude n’est pas secrète, elle est confidentielle. »
Autre réponse de MONSANTO (écrit) : « Les experts français et européens ont conclu à l’abscence de risque pour la santé humaine et animale. »
C+ : "Des scientifiques indépendants devraient donner un avis dans quelques semaines mais d’ores et déjà ces scientifiques dénoncent une manipulation des statistiques."
GES : « Dans ces tests réalisées par Monsanto il y avait un groupe de rats qui mangeaient des OGM et un groupe de rats qui mangeaient des aliments non génétiquement modifiés. Dans le groupe qui mangeait des OGM qu’on a vu des lésions sur le rein, sur le foie et dans le sang. »
C+ : « Monsanto a dit : c’est vrai. Mais ils ont ensuite testé un groupe 6 fois plus grand de rats qui n’ont pas mangé d’OGM, et ils ont trouvé des lésions aussi chez ces rats. »
GES : « On a plus de chance de trouver des malades dans un groupe de rats beaucoup plus grand. »
C+ : « Monsanto peut ainsi dire : voyez, les lésions on en trouve aussi chez les rats qui n’ont pas mangé d’OGM. »
C+ : « Selon le biologiste c’était un tour de passe-passe : »
GES : "Les test statistiques qu’ils ont utilisés étaient grossiers, peu performant, mal adapté à l’ensemble de cette étude pour voir le début d’une maladie par exemple où l’ensemble des organes auraient été perturbés."
Réponse de MONSANTO (écrit) : « Ces critiques ne sont pas justifiées. Les différences observées dans l’étude ne changent en rien la sécurité du produit. »

Reportage sur l’autorisation par l’Europe du Maïs MON863. Vote ’pour’ de Nelly Olin. Mais une majorité qualifiée n’a pas été atteinte : d’où passage devant la commision. D’où adoption.
C+ : Nous questionnons le chef des experts français qui avait dit : ’le maïs Monsanto peut être consommé’. Nous le questionnons sur les dangers de ce produit à long terme.
Réponse de Marc Fellous : « Moi ça me parait si vous voulez scientifiquement... maintenant je peux me tromper... je peux me tromper mais disons que avec euh ma rigueur scientifique ch j’aurai j’ai ten.. j’ai c’est pour ça que... nous avons voté pour... nous avons proposé à nos ministres de f... »
C+ : Si vous dites que vous pouvez vous tromper ça veut dire qu’il y a un doute qui subsiste ?
Réponse de Marc Fellous : « Non. Non mais peut être que dans... c’est pour ça que si vous voulez ... assortis à notre ... notre avis.. nous avons dit que de toute façon ... quand cet r OGM passera limentation, ce qui est le cas, il faut quand même de la biovigilance. »
C+ : « C’est à dire... »
Marc Fellous : « C’est à dire que ces rats ont été nourris à 90 jours. Peut être que euh ... au bout de 4-5 ans, peut être qu’on va voir quelque chose. »
C+ : "Est-ce que dans ce cas là, si on a un doute si on ne sait pas si on n’est pas sûr est-ce qu’il ne faut pas appliquer le principe de précaution ?"
Réponse de Marc Fellous : « Bon si v si vous voulez avec ces résultats je ch n’ai pas de doute, ... mais... ... par précaution, LE principe de précaution on dit on va surveiller. »
C+ : « Donc on n’est pas totalement sûr de l’innocuité du produit. »
Réponse de Marc Fellous : « Je ne peux pas éliminer la possibilité que euh au bout de 10 ans 20 ans il apparaisse quelque chose. Je ne peux pas l’éliminer. »

Après le générique de fin, une info est rajoutée sur la fameuse note confidentielle du gouvernement français aux autorités européennes demandant de ne plus communiquer sur les études sur la santé, car elles pourraient nuire aux entreprises qui produisent des OGM. Note non signée.

[Toutes les réponses de Marc Fellous ont été scrupuleusement retranscrites, vérifiées, avec quelques difficultés dues a ses hésitations ou à des mots qui avaient du mal à sortir].

Avec quelques approximations ou erreurs dans la présentation des faits par le commentateur, l’impact du documentaire sur le public semble très fort. Il faut le laisser ’vivre’ tel quel mais ne pas trop s’en servir, sauf éventuellement pour taper un peu sur la CGB. Laquelle devrait être réformée bientôt. Mais on pourrait demander l’invalidation de certains de ses résultats pour des questions de forme au moins.

1 : Et non pas celui de la santé ou de l’environnement
2 : Le représentant des consommateurs ne siège plus depuis à peu près un an suite au constat que son avis n’avait aucun poids. D’après le réglement de la CGB, après constat de carence au bout de trois absences, la CGB devait lancer une procédure pour trouver un autre candidat. Rien n’a été fait depuis, et tous les avis des réunions mensuelles, sont théoriquement invalides. Mais ça n’arrage pas le gouvernement qui fait comme si tout allait bien. Le président de la CGB n’a pas envie d’avoir une troisième personne critique dans sa commission, car sur 18 membres, la plupart du temps la majorité des membres non critiques ne siège pas. Ils n’ont apparemment pas le courage de donner un avis positif.
3 : En fait le dossier n’est examiné dans sa totalité que par un ou deux experts, pas forcément indépendant(s), le(s)quel(s) remet(ent) un rapport à la commission composée de personnes supposées qualifiées et supposées présentes.
4 : GES est un biologiste moléculaire bien connu qui a déjà assez de difficulté professionnelles depuis qu’il a un discours critique. Merci de ne pas lui faire trop de publicité.





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    Il y a 6 sujets en réponse à cet article.
    Il y au total 10 messages en réponse à cet article.

  • OGM : l’enquête qui accuse 5 février 2007 12:28, par corto maltese

    Cette étude est intéressante et elle ne manque pas de souligner la nécessiter de communication des experts de l’état. D’un point de vue scientifique, le documentaire reste facilement critiquable. Premièrement, on ne se base pas sur une seule étude pour émettre des hypothèses. De plus, la durée de l’étude (90 jours)ne permet pas de faire des conclusions attives. Comme précisé dans le documentaire, l’étude est réalisée sur des rats. Pour la transposer à l’homme des facteurs de sécurité sont apportées. On ne nous les explique pas.


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    • Les OGM sont ils dangereux pour la santé ? 25 février 2007 23:26, par Patrick Maurel

      J’ai également visionné ce reportage. Je trouve qu’il refléte bien l’état d’esprit entretenu en France sur les plantes OGM par certaines organisations. Je m’étais jusqu’ici contenté de suivre ces débats entre scientifiques et assos anti-OGM d’un oeil amusé. Mais ce reportage dépasse les bornes et m’amène à essayer (en tant que membre de la Société Française de Toxicologie) d’en démonter la supercherie et de plaider en faveur d’un peu moins de bêtise et d’un peu plus de raison dans nos débats sur les OGM en France.

      Il est tout d’abord FAUX de prétendre que la diffusion du reportage a été interdite. Il a effectivement été diffusé sur C+ le 15 Novembre 2005.

      Ce reportage n’est ni INSTRUCTIF (car extrêmement incomplet au plan scientifique et technique, voir ci-dessous), ni OBJECTIF : il s’agit simplement d’un pamphlet (encore un) anti-américain et anti-Monsanto. Aucune interview de spécialistes des OGM, aucune interview de toxicologue, aucune argumentation contradictoire. Bref, l’exemple typique d’un MAUVAIS reportage dont la partialité n’a d’égale que la médiocrité.

      Première erreur grossière : la définition d’une plante OGM donnée dans le reportage : c’est une plante dans le génome de laquelle on a introduit un gène codant pour une protéine d’origine ANIMALE. Toujours ce vieux theme des farines animales ... Un reportage plus précis et plus à jour aurait indiqué que dans de nombreux projets (en fait la majorité de ceux développés à l’heure actuelle) le géne introduit peut aussi coder pour une protéine d’origine VEGETALE dont on attend qu’elle confère à la plante receveuse des propriétés intéressantes observées chez une plante “donneuse”.

      Deuxième erreur grossière : le maïs Monsanto, un maïs (anti-pesticide) donc qui tue les insectes : et on nous montre une abeille morte ! En réalité ce maïs exprime un gène qui tue la chrysomèle un insecte qui attaque les racines du maïs !

      La raison invoquée selon laquelle les informations (notamment celles obtenues dans le laboratoire de Manuella Malatesta, et mentionnées dans le reportage) seraient retenues par des conspirations gouvernementales ou institutionnelles est un pur délire. Rien ni personne n’empêchera un éditeur scientifique de publier un article. Voir à ce sujet l’affaire Pusztai (interviewé dans le reportage) dont l’article avait été publié dans une grande revue médicale internationale The Lancet. Les articles de Manuella Malatesta (largement cités et repris dans le reportage) sont publiés dans Eur J Histol 2002 et 2005 et J Anatomy 2002.

      Revenons sur les travaux de Manuelle Malatesta (et collaborateurs) dont l’honnêteté scientifique n’est pas à mettre en doute. J’ai lu ses articles en détail. Des souris nourries au soja OGM ou au soja normal pendant 1 à 8 mois avec une nourriture contenant 14% en poids (! ) de soja ont été étudiées. Remarquez premièrement que 8 mois chez une souris correspond à la demie vie (durée de vie d’une souris entre 1 et 2 ans maximum). Pour un homme, cela signifie que la ration alimentaire journalière est constituée de 14% en poids de soja pendant 40 ans. Que disent ces articles : que les animaux ne présentent AUCUNE ANOMALIE au plan des organes étudiés (foie, pancréas, etc.), et surtout AUCUNE ATTEINTE A LEUR SURVIE, OU A LEUR POIDS, OU A LEURS NIVEAUX CIRCULANTS D’INSULINE ET D’ALPHA-AMYLASE A LA FIN DU TRAITEMENT. Tout au plus, des perturbations au niveau de la forme des noyaux cellulaires ou de la concentration intracellulaire d’une enzyme sont constatées. Enfin, CES PERTURBATIONS (LORSQU’ELLES EXISTENT) SONT REVERSIBLES (Malatesta et al. Eur J Histochem 2005). Encore un aspect de ces travaux non consigné dans le reportage. Est-ce à dire que ce type de recherche est inutile ? NON bien évidemment. Au contraire, ce type de travaux sont d’une très grande utilité, et c’est précisemment sur eux que s’appuient les experts pour juger du risque représenté par les plantes OGM. A cet égard je partage l’indignation de Manuelle Malatesta de ne pouvoir continuer ses travaux. Mais il ne faut pas chercher à leur faire dire ce qu’ils ne disent pas.

      Autre élément du reportage qui prête à rire (ici on ne peut parler de manipulation mais de simple ignorance) : le journaliste nous apprend que M Malatesta et son équipe ont utilisé le microscope électronique jamais utilisé au paravant pour étudier les organes des souris. Il faut savoir que ce type de microscope est utilisé depuis les années 60 !

      Dans le reportage Corinne Lepage témoigne. Elle a demandé à voir le dossier sur les rats nourris au maïs Monsanto et on lui a envoyé (par erreur) un dossier sur des vaches allaitantes. Mais elle n’en a pas voulu. Elle voulait voir le dossier sur les rats, et celui-ci lui a été finalement envoyé. En tant que toxicologue ce qui me surprend le plus est qu’apparemment le dossier sur les vaches était beaucoup plus pertinent à consulter puisque la viande bovine et le lait sont deux éléments majeurs de notre consommation. Admettez que notre consommation de rat est exceptionnelle ! Le dossier sur les vaches portait-il matière à interrogation ? Il eut été intéressant de faire état des conclusions de ce dossier.

      Un dernier point particulièrement affligeant. La question de la dangerosité des plantes OGM est posée au Professeur Marc Fellous à la fin du reportage. Avec une très grande honnêteté scientifique et intellectuelle celui-ci répond en scientifique responsable : même si aucune donnée ne nous permet à l’heure actuelle de dire que des risques existent pour les populations humaines exposées, on ne peut pas affirmer qu’il n’y en a pas. Le risque zéro n’existe pas. Et le journaliste de s’emparer prestement de cette réserve avec l’arrogance imbécile des ignorants pour conclure à “un surprenant aveux” (sic) sur le fait que les plantes OGM représentent un grand danger ! Bravo pour l’entourloupe : un modèle du genre ! Marc Fellous (que je ne connais pas personnellement) a eu raison de mettre en avant le principe de précaution. On a affaire tous les jours au même problème dans le développement des nouveaux médicaments. Il faudrait que le journaliste en question se renseigne un peu sur ce qui se passe ailleurs que dans l’hexagone. De nombreux pays ont donné leur accord depuis plusieurs années à l’importation du Mon863 : Australie, Nouvelle Zelande, Japon, Philippines Corée, Taiwan et autres, sans compter les USA. Pense-t-il sérieusement qu’il y ait également dans ces pays une conspiration des gouvernements et des agences de protection de la santé pour minimiser les risques que représenteraient les plantes OGM au détriment de la santé des populations ???

      Un exemple d’atteinte aux organes : celui du foie. Je serais tenté de demander à ce journaliste de faire un reportage dans le Sud-Ouest sur le foie gras. N’y a-t-il pas là matière à s’indigner de voir qu’on laisse depuis des siècles les Français consommer du foie gras sans modération ? Si on veut parler science, le foie des canards et oies gavés au maïs (tout à fait normal celui-là !) est fortement stéatosique (stéatose : une maladie essentiellement hépatique due à l’accumulation de graisse) à la fin du gavage. C’est ce qui en fait le goût. Et je suis personnellement un grand amateur et consommateur de foie gras. Mais si on en revient à la science, peut-on dire que le foie de ces animaux est normal ? IL L’EST À COUP SUR BIEN MOINS QUE CELUI DES SOURIS DE MANUELLE MALATESTA (VOIR CI-DESSUS). Faut-il donc en interdire la consommation au titre que le gavage au maïs est responsable de la modification du foie chez ces animaux ? Faut-il traiter nos producteurs de foie gras de tous les maux ? Faut-il détruire leurs élevages ? Maintenant poursuivons le raisonnement jusqu’au bout : et si nous faisions consommer ce foie gras (à la dose de 14% en poids de ration alimentaire) tous les jours à des personnes pendant la moitié de leur vie ? Ne pensez-vous pas que cela pourrait représenter un risque ? Fin de la plaisanterie.

      Il faut se rendre à l’évidence. Les plantes OGM sont déjà largement utilisées dans de nombreux pays, et rien ne pourra empêcher leur développement et leur progression. Et à ce jour, aucun accident sur l’homme (ni sur des animaux utilisés dans l’alimentation humaine) n’a semble-t-il été rapporté. Ce ne sont pas les organisations anti-OGM qui vont faire plier Monsanto ou toute autre firme dans le domaine. Tout au plus, leurs actions risquent de stériliser la recherche française dans ce domaine. Cela veut dire que les brevets seront développés ailleurs et que nous resterons dépendants des Monsanto et autres Compagnies dans le futur. Non seulement nous utiliserons les plantes OGM dans le futur, mais en plus nous les payerons au prix fort pour ne pas avoir pris suffisamment de part à leur développement. A cet égard, les organisations anti-OGM qui sévissent actuellement dans notre pays portent une très lourde responsabilité. De façon tout à fait ironique on peut dire qu’elles font le jeu des Monsanto et autres Cie qui elles ne vont arrêter leurs activités et leurs productions.

      Il me semble que toute attitude responsable devrait consister à produire des débats OBJECTIFS dans lesquels les considérations scientifiques et contradictoires devraient être placées au premier plan pour informer le grand public et non pour lui faire peur. Faut-il dire que tout est bon dans les plantes OGM ? Bien évidemment non. De fait, certaines observations (contradictoires elles aussi) montrent que l’utilisation de maïs et autres soja resistants aux herbicides n’a pas contribué à abaisser la consommation des herbicides et pesticides, montrant ainsi les limites de telles stratégies. Il semble que les objectifs initiaux ne sont pas totalement atteints dans ce type d’application, au moins pour le moment. Mais, la résistance aux herbicides et aux insectes n’est pas la seule application des plantes OGM. De nombreux autres aspects sont en cours d’étude et ne sont jamais évoqués. Tout d’abord le fait que la majorité des projets pour le futur concerne le transfert de gène d’origine VEGETALE (et pas animale) et ensuite que les applications sont innombrables telles que l’adaptation à la sécheresse (c’est un problème qui devrait être important au vu des changements climatiques), aux sols à haute salinité (aujourd’hui non cultivables), à la dépollution de zones contaminées par des métaux lourds, sans parler de l’amélioration des qualités gustatives ou nutritionnelles, le développement de plantes spécialisées pour produire des biocarburants, des médicaments, etc., etc., etc. Est-il réellement diabolique de vouloir développer ces types de recherches et d’applications ? Faut-il tout arrêter pour des raisons purement politiques (anti-américaine) parce que plusieurs compagnies américaines sont leaders dans le domaine ? Un organisme (la Commission du Génie Biomoléculaire) existe en France pour évaluer les risques présentés par les projets en cours de développement. Faisons lui confiance. Elle est constituée d’experts qui n’ont aucune raison de vouloir faire courir le moindre risque aux populations et les insinuations portées dans le reportage sont purement ignobles !

      Enfin, pour celles et ceux qui souhaitent avoir de réelles informations OBJECTIVES, CONTRADICTOIRES et ARGUMENTEES par des scientifiques professionnels et spécialistes du domaine, je recommande l’ouvrage suivant : Plantes transgéniques : faits et enjeux. Par A Gallais et A Ricroch, ed. Quae. Son prix 34 E (je ne connais pas les auteurs, ni l’éditeur de cet ouvrage, et je ne touche pas de royalties sur les ventes).

      Bonne lecture !!!


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  • OGM : l’enquête qui accuse 4 janvier 2006 16:54, par sylviane

    Pourquoi n’avoir transcit que les propos de Marc Fellous c’est tres réducteur


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    • OGM : l’enquête qui accuse 26 septembre 2006 12:22, par internaute

      par ce que c’est lui l’expert !


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      • OGM : l’enquête qui accuse 6 février 2007 05:46, par ageha2000

        le simple fait de savoir que l’etude montre une baisse d’enzymes chez les rats est deja alarmante. Chez l’etre humain cette baisse entraine a terme des maladie cardio-vasculaires, les graisses animales etant alors mal digerees.

        Heureusement pour eux les rats de laboratoire ne mange pas de graisses animales. Ce qui n’est pas notre cas.


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  • OGM : encore plus FORT !! 26 mai 2006 00:39, par admin

    www.ogmpda.com/france3.wmv

    c’est hallucinant !! ....

    Voir en ligne : reportage hallucinant !
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  • OGM : l’enquête qui accuse 25 avril 2006 16:15

    Etablir le risque lié aux OGM est difficile. Il est normal que tous les experts ne soient pas du même avis. Il est par contre tout à fait anormal que l’expert fonctionnaire soit payé par une entreprise pour émettre un avis favorable sans subir aucune sanction du gouvernement qui lui demande son avis. Dans quel monde vivons nous ! Et ce Monsieur représente la bio-éthique française (il s’agit d’Axel Kahn) !

    http://www.pcf.fr/?iddoc=3558&i...

    Voir en ligne : le courrier
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  • OGM : l’enquête qui accuse 8 mars 2006 16:31

    Ce n’était pas le gouvernement français qui a répondu que l’enquète était confidentielle ?


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