![]() |
|
|
Pour aller plus loin
Brochure(s) Fiches technique(s) Dossier(s) Interview(s)
Les articles des bulletins Inf'OGM(s)
|
>Accueil thématique
>Généralité
>Animaux transgéniques
Aucun animal transgénique n’est aujourd’hui autorisé à la commercialisation. Cependant, les cages des laboratoires, publics comme privés, en sont pleines. Les recherches sur les poissons transgéniques semblent les plus avancées, à tel point que la société privée américano-canadienne A/F Protein installée sur la côte est du Canada vient d’en demander l’autorisation de commercialisation à la FDA (Food and Drug Administration) aux Etats-Unis. Espoir ou cauchemar ? Le point sur les recherches. Sommaire
![]() Dossier Poisson ![]() Dossier Poisson (rtf) L’amélioration des espèces aquatiques en vue d’obtenir une meilleure productivité des élevages fait l’objet de recherches accrues, notamment depuis que l’aquaculture est vue comme l’une des solutions possibles pour « nourrir le monde ». La transgénèse, qui consiste à insérer des gènes d’intérêt étrangers dans le génome de l’espèce élevée, fait partie de la panoplie des chercheurs depuis le milieu des années 80. Croissance rapide et résistanceLes principales améliorations attendues de cette technique sont l’augmentation de la vitesse de croissance des poissons (domaine dans lequel des résultats positifs ont déjà été obtenus), de la résistance au froid et, à plus long terme, de la résistance à certaines maladies. Par ailleurs, les poissons constituent un bon modèle d’étude, une femelle pouvant produire de plusieurs centaines à plusieurs milliers d’œufs identiques, à fécondation externe, dans lesquels l’insertion d’ADN est relativement aisée.
C’est au Canada, au milieu des années 1980, qu’un chercheur de l’Université de Terre-Neuve fait une découverte surprenante. Le professeur Garth Fletcher introduit un gène de saumon Coho du Pacifique dans des œufs de saumon de l’Atlantique et s’aperçoit que cela active l’hormone de croissance de ce nouveau saumon transgénique : il grossit 4 à 6 fois plus vite qu’un saumon normal au cours de sa première année. Ces résultats ont aussi été obtenus avec l’insertion de gènes codant pour l’hormone de croissance humaine.
Depuis, les recherches se sont multipliées dans nombre de pays : Canada, Chine, Cuba, Etats-Unis, France, Israël, Japon, Nouvelle Zélande, Royaume Uni, Thaïlande, Taïwan… ; et sur de nombreuses espèces : carpe, médaka (un poisson de rizière japonais), saumon, truite, tilapia, ainsi que sur certains crustacés comme les écrevisses… Fort de ses avancées, certaines sociétés privées d’aquaculture demandent aujourd’hui l’autorisation commerciale de ces poissons transgéniques. A/F Protein possède déjà plus de 100 000 saumons manipulés, et annonce disposer d’un carnet de commandes d’au moins 15 millions d’œufs à travers le monde. D’autres entreprises, telles King Salmon en Nouvelle Zélande, ou Aqua Bounty Farm (Massachusetts) aux Etats-Unis attendent également une autorisation de la Food and Drug Administration (FDA). Elles viennent cependant de subir un premier revers, qui risque de retarder de plusieurs années cette autorisation. En effet, lors de son assemblée générale annuelle à Mondariz en Espagne, le 8 juin 2001, l’Organisation de la conservation du saumon de l’Atlantique Nord (North Atlantic Salmon Conservation Organisation - NASCO), a réaffirmé sa vive opposition à la dissémination des saumons transgéniques dans les cours d’eau naturel et les océans. Toutes les Parties ont convenu, à l’unanimité, que la dissémination de saumons transgéniques dans la nature ne serait pas autorisée. « C’est trop risqué, cela pouvant conduire à des transformations génétiques de l’espèce et de son écosystème qui seraient irréversibles », ont soutenu les membres de NASCO. Ces derniers affirment qu’il est urgent d’instaurer des mesures de protection pour le saumon sauvage. Et ils ont décidé de coopérer afin que le saumon transgénique n’ait pas d’impact sur les stocks de saumons sauvages. Des risques démesurés ?
Car si certaines qualités des poissons transgéniques semblent indéniables, ils n’en posent pas moins des risques qui à long terme pourraient s’avérer dramatiques pour la biodiversité aquatique.
Deux chercheurs de l’Université de Purdue, en Indiana, William Muir et Richard Howard, ont ainsi étudié la descendance de poissons ayant reçu le gène de l’hormone de croissance humaine (hGH). Ils ont constaté chez les medakas que la modification génétique réduit la viabilité de ces poissons, un phénomène qui a aussi été observé chez les saumons transgéniques expérimentaux. En fait, les deux tiers seulement des medakas atteignent l’âge adulte. Et ceux qui l’atteignent transmettent leurs gènes très vite, parce qu’ils produisent beaucoup d’œufs et que leur grosseur en fait des partenaires sexuels très recherchés. Résultat : au bout de quelques générations, presque toute la population est porteuse du gène modifié. Chaque génération perd alors le tiers de ses individus avant d’atteindre l’âge adulte. Des simulations faites par ordinateur par les deux chercheurs américains démontrent qu’à long terme, la population décline et finit par disparaître. En libérant 60 poissons transgéniques parmi 60 000 individus, le groupe entier disparaît en 40 générations. Et un seul poisson modifié suffit à anéantir le groupe, si on lui laisse assez de temps. Les pêcheurs réagissent
Face au développement de ces recherches, les réactions des organisations de pêcheurs ont été nombreuses. Dès 1996, les producteurs de saumons écossais avaient fait stoppé les essais, craignant la dégénérescence de leurs saumons sauvages. En 1998, la International Salmon Growers Association (Canada) a voté par une écrasante majorité une politique visant à interdire à ses membres de se lancer dans l’aventure du transgénique. Principal argument, à l’instar de leurs collègues écossais, la contamination possible des populations sauvages. Mais en toile de fonds, également la constatation de la baisse des cours payés aux pêcheurs, en dix ans, de 6$ à 2$ la livre : dès lors, pourquoi encore augmenter les rendements en prenant de tels risques ? Cette situation de moratoire est donc fragile. Certains proposent, comme les deux chercheurs déjà cités de l’Université de Purdue, de rédiger une Convention Internationale interdisant l’utilisation commerciale de ces poissons. Pour une fois, les raisons écologiques pourront-elles l’emporter sur le commerce ?
|
THEME(S) (Accueil thématique) (Environnement) (Environnement)
|
Contact | Plan du site |
RSS 2.0
|
Mentions légales | Remerciements
Site optimisé pour Fire Fox - Mozilla, écran 1024x768
et sous Licence Creative Common
Soutenez Inf'OGM en utilisant pour vos recherches :
ou