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UE : seule la péninsule ibérique cultive des OGM transgéniques

Christophe NOISETTE, 24 octobre 2016
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L’Union européenne (UE) impose aux États membres de publier les données relatives aux cultures commerciales de plantes génétiquement modifiées (PGM). D’après nos premiers éléments d’information, les surfaces cultivées avec du maïs MON810 (la seule PGM autorisée à la culture dans l’UE) sont en déclin... sauf en Espagne. En 2016, un 136 338 hectares de maïs transgénique (soit moins de 1% de l’ensemble du maïs cultivé dans l’Union européenne) sont cultivés dans l’UE.

UE : seule la péninsule ibérique cultive des OGM transgéniques
Lorena - Corn on skirt

Le club des transgéniculteurs européens vient de perdre un membre : la Roumanie n’a cultivé officiellement aucun pied de maïs génétiquement modifié en 2016 (contre 2,5 ha en 2015 et 771 ha en 2014). Cette situation d’abandon progressif des cultures de maïs MON810 se retrouve dans les autres pays de l’Union européenne... sauf en Espagne.

En Espagne, sans retrouver leur niveau de 2014, les surfaces de maïs transgénique ont progressé entre 2015 et 2016, passant de 107 749 hectares à 129 081 ha, selon le ministère espagnol de l’Agriculture (Magrama). Cette donnée est une surprise…
En effet, les agriculteurs d’Aragón soulignaient en juillet 2016 que les rendements des maïs Bt n’étaient pas intéressants. L’année passée, le gouvernement d’Aragón avait déjà conclu qu’il n’y avait pas de différence significative de rendement entre des maïs conventionnels et transgéniques issus de variétés similaires (isogéniques) [1].
D’autre part, les semences Bt sont plus chères que celles de maïs conventionnel et le marché pénalise les OGM, qui sont vendus à un prix inférieur. D’après les témoignages recueillis par David Placer, journaliste espagnol, les maïs génétiquement modifiés sont vendus jusqu’à 25 % moins cher que les maïs conventionnels dans les bourses aux céréales. José Manuel Penella, secrétaire général de Unión de Agricultores y Ganaderos de Aragón, souligne [2] que « le prix des céréales au cours des dernières années, est entré dans une tendance à la baisse et, en parallèle, plusieurs entreprises, à l’instar de Syral et Liven Agro, ont offert des primes aux agriculteurs qui cultivaient du maïs conventionnel », car elles souhaitaient développer des aliments destinés à l’alimentation humaine à base de maïs (semoule, par exemple).
Enfin, la présence de la pyrale dans la vallée de l’Èbre a aussi fortement diminué.
Par ailleurs, les données du Magrama sont, elles, basées sur des estimations de vente de semences de maïs MON810. Il estime ainsi que l’Aragón a cultivé 46 546 hectares de maïs transgénique. Nous avions déjà noté par le passé la différence très importante entre les surfaces OGM estimées par les provinces (qui se basent sur les déclarations PAC) et celles estimées par le ministère fédéral de l’Agriculture. Ainsi, en 2014, l’Aragon comptabilisait 32 074 hectares et le Magrama 54 040 hectares. On retrouve une différence du même ordre en 2015 : 26 768 hectares d’un côté et 42 612 hectares de l’autre [3]. Contactés par Inf’OGM, le service « Agriculture » de cette province ne nous a pas encore encore envoyé ses données pour 2016. Cela permettra de confirmer la hausse… à défaut de savoir qui a le bon chiffre.

En Slovaquie, on notera une infime augmentation des cultures de maïs transgénique… 112 hectares de culture de maïs transgénique en 2016 (contre 104 hectares en 2015 et 411 hectares en 2014). Cette légère hausse (+ 8 ha) sur un total de 269 000 hectares de maïs n’est pas significative.

Dans les deux autres pays, les surfaces continuent de diminuer.

Au Portugal, les surfaces ont encore diminué pour la deuxième année consécutive. Elles ne représentent plus que 7070 ha (contre 8017 ha en 2015 et 8542 ha en 2014), soit un peu de moins de 6% de la sole totale cultivée en maïs (contre 6,3% en 2015). Dans ce pays, le maïs n’a pas le vent en poupe car les surfaces globales de maïs ont diminué entre 2015 et 2016, et la part transgénique a diminué encore plus fortement que la sole globale.

En République tchèque, la chute est très impressionnante aussi. En 2016, un seul agriculteur avait cultivé ce maïs GM sur 75 ha (contre 997 ha en 2015 - soit une baisse de 92 % - et 1754 ha en 2014). Le maïs transgénique ne représente plus que 0,23 % de la sole totale nationale de maïs, d’après les données du ministère. Le ministère de l’Agriculture tchèque évoque principalement deux raisons à cette chute vertigineuse : des difficultés pour les éleveurs à vendre du lait issu de vaches nourris avec du maïs GM car « un certain nombre de laiteries refuse ce lait » ; et de lourdes charges administratives et de gestion de la coexistence.

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