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Pourquoi sauver la biodiversité ?

Frédéric PRAT, 21 octobre 2016
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Le concept de « biodiversité » est vaste : le présent dossier d’Inf’OGM porte essentiellement sur un sous-ensemble, la biodiversité cultivée dans les champs. Voici cependant un aperçu sur la disparition de la biodiversité globale, et les raisons pour lesquelles on doit tout faire pour la conserver.

Pourquoi sauver la biodiversité ?
Md. Al Amin

Si l’on parle autant de biodiversité (voir la définition internationale dans l’encadré ci)dessous) depuis une trentaine d’années, c’est que l’on a pris conscience, presque au même moment, à la fois de sa richesse, de sa valeur et de sa fragilité. Mieux la connaître pour mieux la protéger est essentiel. Mais passer d’un mode de vie prédateur de ressources à une vie plus frugale avec la nature l’est tout autant.

Biodiversité ?

Contraction des mots « diversité » et « biologique », le terme Biodiversité, adopté dans les années 80 et popularisé par la Convention internationale sur la diversité biologique (CBD) de 1992, est défini dans l’Article 2 de la CBD comme étant la "variabilité des organismes vivants de toute origine, y compris, entre autres, les écosystèmes terrestres, marins et autres écosystèmes aquatiques et les complexes écologiques dont ils font partie ; cela comprend la diversité au sein des espèces, et entre les espèces et ainsi que celle des écosystèmes". Les interactions entre chacune de ces échelles, les composantes du vivant, mais aussi les processus (processus évolutifs, processus écologiques) en font aussi partie.

Une disparition accélérée

Depuis l’origine de la vie, des espèces se développent et disparaissent, même bien avant l’apparition de l’homme : les scientifiques avancent le nombre de six grandes crises d’extinctions d’espèces rien que durant les 600 derniers millions d’années [1]. Ce qui est nouveau, c’est que cette crise est essentiellement due aux activités humaines, qui ont un impact sur le vivant, via la destruction et la fragmentation des habitats, les invasions biologiques, la surexploitation, la pollution et de plus en plus via le changement climatique.

Pourquoi protéger la biodiversité ?

Pour certains, protéger la biodiversité relève d’une raison éthique : la biodiversité a une valeur en soi, non quantifiable économiquement car matrice de toute vie.
Mais pour beaucoup aujourd’hui, protéger la biodiversité se justifie par les « services écosystémiques » qu’elle rend, c’est-à-dire les « bénéfices que les humains retirent des écosystèmes sans avoir à agir pour les obtenir » : production de l’oxygène de l’air, épuration naturelle des eaux, biomasse pour nourrir les animaux domestiqués, pêchés ou chassés, pollinisation des cultures, production de l’humus par des micro-organismes, séquestration de carbone dans le bois, les sols, les mers et le sous-sol, etc.
L’Humain fait partie de cette biodiversité, laquelle est indispensable à sa survie, via la fourniture d’éléments naturels lui assurant gîte, couvert, et énergie. Par ailleurs, la biodiversité est source d’innovation (par exemple avec le biomimétisme - qui consiste à reproduire artificiellement un procédé naturel – ou la découverte de substances utiles). Enfin, la biodiversité est indissociable du climat : tout changement de l’un entraîne un changement de l’autre.

Comment protéger la biodiversité ?

Sous cloche, avec les parcs nationaux en France dans les années 60 par exemple ; par espèce, avec par exemple la directive Oiseaux en Europe en 2009 ; ou de façon plus large, en protégeant les habitats (directive européenne Habitats de 1992, Trame verte et bleu en 2007 et espaces de continuité écologique en 2016 en France, réduction des produits chimiques et pollutions diverses...), y compris ceux qui hébergent aussi des activités humaines : la façon de concevoir et protéger la biodiversité évolue sans cesse. Ce dossier va nous en dévoiler quelques aspects, notamment liés à la biodiversité cultivée.
Mais gardons en tête que protéger de façon cosmétique la biodiversité sans remettre en cause notre mode de vie est voué à l’échec : ce dossier nous montrera qu’il faut s’attaquer à la fois à la politique agricole (notamment la réglementation sur les variétés [2], aux normes agroalimentaires, mais aussi à la vision réductionniste du vivant (voir aussi le dossier précédent d’Inf’OGM sur les nouveaux OGM).

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[1Une espèce de mammifère sur quatre, un oiseau sur huit et plus d’un amphibien sur trois sont menacés d’extinction, en 2015. La moitié des espèces vivantes que nous connaissons pourrait disparaître d’ici un siècle, compte tenu du rythme actuel de leur disparition : 100 à 1000 fois supérieur au taux naturel d’extinction