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Argentine - Monsanto abandonnerait son projet d’usine à Malvinas

Christophe NOISETTE, 4 août 2016
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L’entreprise Monsanto a-t-elle vraiment décidé d’abandonner la construction d’une usine à Malvinas Argentinas, en Argentine ? Depuis trois ans, la mobilisation contre ce projet n’a jamais faibli. Sofia Gatica, une des figures de cette opposition, ne croit pas dans un "faux départ"...

Argentine - Monsanto abandonnerait son projet d'usine à Malvinas
Bloqueo a Monsanto en Malvinas Argentinas

L’usine de traitement des semences de maïs que Monsanto projetait de construire à Malvinas Argentinas, dans la province de Cordoba en Argentine, ne verra pas le jour, soutiennent les opposants. En effet, un des principaux responsables de Monsanto en Amérique Latine a confirmé mercredi 3 août à Sofia Gatica, une des leaders de l’opposition à ce projet, que le terrain avait été mis en vente et que, en parallèle, les infrastructures déjà construites allaient très prochainement être démantelées.

Selon Sofia Gatica, le responsable de Monsanto aurait affirmé que cette décision est liée à des questions économiques. Le porte-parole soulignait en effet que « l’usine avait été prévue pour traiter 3,5 millions d’hectares de maïs, or l’année dernière ce sont à peine 2,5 millions d’hectares qui ont été semés ». Ainsi, précisait-t-il encore « un investissement de près de 1,5 milliard de dollars n’a aucun sens. Et avec les installations que Monsanto possède déjà à Rojas, dans la province de Buenos Aires, l’entreprise peut fonctionner sereinement. Au vu de ce qui se passe, on va se contenter de cette surface de maïs pour les cinq ans à venir ». D’ailleurs, d’après le journal La Tinta, Monsanto a demandé à l’entreprise Astori Estructuras de transférer les équipements vers leur usine de Rojas [1].

En Argentine, la culture du soja – qui représente environ 20 millions d’hectares – s’est faite au détriment des autres types de cultures. Ainsi le blé est passé de six à trois millions d’hectares au cours des dix dernières années et l’élevage a été repoussé vers le nord du pays.

Ensuite, il est évident que le blocage du chantier par les citoyen-ne-s a aussi entraîné des frais à Monsanto. Ajoutons que plusieurs procès ont été intentés à Monsanto par rapport à l’illégalité du permis de construire et aux impacts environnementaux d’un tel projet.

A un moment où l’entreprise Monsanto semble en difficulté économique, l’ensemble de ces éléments a donc conduit cette dernière à abandonner un projet quelque peu surdimensionné.

"Nous restons en alerte"

Cette information du départ de Monsanto a fait immédiatement le tour du monde... et a été reprise et diffusée par des journaux d’envergure nationale voire internationale. Cependant, quelques jours après, un article du journal La Voz [2] remettait ce départ en question. Le journaliste cite à son tour un porte-parole de Monsanto, Adrián Vilaplana, lequel soutient qu’aucune décision formelle n’a encore été prise... Il précise aussi que l’usine avait souffert de vols permanents de divers matériaux de construction. Contactée par Inf’OGM, l’entreprise Monsanto nous a remercié de les avoir « consulté » mais n’a pas voulu faire de commentaires.

Également contactée par Inf’OGM, Sofia Gatica ne veut pas croire à un « faux départ » : « Ça fait presque trois ans que Monsanto n’a pas pu poser une brique ni un fil... L’entreprise quitte le terrain mais ne veut pas reconnaître sa défaite. Nous avons parlé avec ceux qui devront démonter ce qui reste. Nous restons en alerte et nous continuerons le blocage en attendant de savoir ce que deviendra concrètement ce terrain. Nous souhaitons qu’il soit consacré à une agriculture bio et durable ».

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