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CANADA - Les descendants, hybrides, d’un saumon OGM pourraient menacer les saumons sauvages

Christophe NOISETTE, 3 juin 2013
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Le feuilleton scientifique et juridique du saumon transgénique (GM) « AquAdvantage » n’en finit pas. Une nouvelle étude confirme que ce saumon génétiquement modifié, s’il venait à quitter ses bassins d’élevage, pourrait devenir un danger pour les populations de saumons sauvages.

Krista Oke, chercheuse à l’Université Mémorial, à Terre Neuve, a publié une étude dans Proceeedings of Royal Society [1], qui montre que la truite brune (Salmo trutta), si elle s’hybride avec un saumon GM d’AquaBounty, engendre des hybrides qui, à 43%, ont hérité du transgène qui code pour l’hormone de croissance. De plus, ces descendants grossissent encore plus vite que les saumons GM de la première génération. Dans des conditions d’élevage, les hybrides transgéniques (quels que soient les parents) prennent, en moyenne, 2,1% de leur poids quotidiennement, contre 1,9% pour les saumons transgéniques, et entre 1,5 et 1,7% pour les poissons sauvages (truite, saumon ou hybride). Deuxième observation : ces hybrides transgéniques, du fait d’une croissance extrêmement rapide, sont aussi très voraces. En milieu semi-naturel – à savoir une reconstitution en laboratoire de cours d’eau rendus aussi naturels que possible, et donc où l’alimentation est en quantité relativement limitée - ces hybrides sont donc des concurrents redoutables : leur présence diminue de 82% la croissance des saumons transgéniques et de 54% celle des saumons sauvages.

Les auteurs ont pris soin de souligner que « le niveau naturel d’hybridation [entre le saumon et la truite] excède rarement 1% » et qu’ainsi il faut se garder de transposer ces résultats à un milieu totalement naturel.

Le patron d’AquaBounty a aussitôt réagi à cette étude pour en minimiser la portée. Pour lui, les saumons GM qu’ils produiront seront tous stériles et les hypothèses de cette étude ne se retrouvent pas en conditions naturelles. Mais la stérilité annoncée est-elle crédible ? Les moustiques transgéniques supposés « stériles », mis au point par Oxitec, se sont en fait avérés « un peu » fertiles, suffisamment pour transmettre leurs génomes modifiés à des populations sauvages [2]. La nature ne se maîtrise pas si facilement que cela, et ce projet démiurgique n’est qu’un fantasme de plus d’une humanité qui n’accepte pas la finitude du monde.

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Lire aussi "Des poissons OGM toujours plus gros et plus voraces" , Basta Mag, Agnès Rousseaux, 31 mai 2013.