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Monsanto et Terminator : des communications divergentes

Christophe NOISETTE, Eric MEUNIER, décembre 2005
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En 1999, dns une lettre à la Fondation Rockfeller [1], le président de Monsanto, Robert Shapiro, a annoncé qu’il renonçait à commercialiser des semences devenues stériles par l’insertion d’un gène (surnommé Terminator par l’ONG Rafi) : "Nous avons pris cette décision pour prendre en compte les souhaits exprimés par votre organisation et une large représentation d’experts et de parties prenantes". Ces semences auraient obligé les agriculteurs à en racheter chaque année, alors que, selon la FAO, la survie de 1,4 milliards d’individus du Tiers Monde dépend de la conservation des semences fermières. Cependant, Monsanto n’arrêtera pas ses recherches sur la stérilité des plantes.

Déjà en juin, une autre firme de biotechnologie, Astra Zeneca avait annoncé officiellement qu’elle ne commercialiserait pas des graines stériles et les gouvernements d’Inde et du Zimbabwe avaient interdit formellement l’usage d’une telle technologie sur leur territoire. Les associations écologistes (Greenpeace, les Amis de la Terre, etc…) ont réagi à cette annonce avec scepticisme : premièrement, Monsanto ne peut commercialiser cette semence tant qu’il n’a pas terminé l’acquisition de Delta and Pine Land, firme détentrice du brevet. Deuxièmement, Monsanto n’exclut pas de commercialiser des produits similaires dans les mois ou les années à venir. Enfin, d’autres firmes multinationales, comme Novartis, ont aussi développé une technologie analogue. Selon Pat Mooney, de l’ONG Rafi, une douzaine de firmes et d’instituts publics posséderaient déjà au moins 31 brevets sur la stérilisation des semences. Il ajoute que sans une législation qui rejette fermement ces technologies, elles seront commercialisées sous peu.

En 2005, l’entreprise Monsanto annonçait revenir sur sa déclaration de 1999 dans laquelle elle affirmait s’engager “publiquement à ne pas commercialiser les technologies de stérilisation des semences, dont celle que l’on appelle Terminator”. En décembre 2005, dans son rapport d’intention, l’entreprise déclare avoir limité cet engagement uniquement aux cultures alimentaires, continuer l’évaluation de cette technologie et “n’exclut pas la possibilité de développer et d’utiliser l’une de ces technologies à l’avenir”.

Suite à la médiatisation de cette position par la campagne Interdire Terminator, Monsanto a adressé une lettre d’excuses à la Campagne, dans laquelle elle affirme que cela ne signifiait pas vraiment que Monsanto envisageait d’utiliser Terminator dans les cultures non alimentaires.

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[1The Agribusiness Examiner, n°51, 13 octobre 1999