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Inf'OGM n°140, juillet / août 2016

Dossier : Des nouveaux OGM au menu

« Édition de gène », NBT pour « New Breeding Techniques », Crispr/Cas9 ou mutagénèse dirigée… mais que sont ces nouvelles techniques ?
Ces nouvelles techniques de sélection - traduction littérale de NBT - sont en réalité des outils de laboratoire pour modifier génétiquement des plantes, des animaux ou des embryons humains. Il s’agit d’intervenir de façon non naturelle, en laboratoire, sur l’ADN de ces organismes vivants pour leur conférer de nouvelles propriétés. En cela, elles répondent notamment à la définition européenne d’un OGM. 
Certes l’industrie, on le verra au cours de ce dossier, espère passer sous silence le caractère « OGM » des produits modifiés avec l’une ou l’autre de ces nombreuses techniques de peur de devoir en évaluer les risques et les étiqueter. Les défenseurs de ces modifications génétiques parlent pourtant de « précisions », de « rapidité »… Quelle maîtrise en avons-nous vraiment ? Qu’en pensent les agriculteurs biologiques ?
Et à qui profitent ces innovations ? Ces techniques ouvrent en effet la boîte de Pandore des brevets sur le vivant et permettent de privatiser d’importantes ressources génétiques.
Enfin, ces techniques, extrêmement puissantes, se répandent sur la planète à une vitesse fulgurante, rendant la discussion éthique problématique, faute de temps.

“Edición de genes”, NBT para “New Breeding Techniques “, Crispr/Cas9 o mutagénesis dirigida… ¿en qué consisten estas nuevas técnicas ?
Estas nuevas técnicas de selección – traducción literal de NBT – son en realidad herramientas de laboratorio para modificar genéticamente plantas, animales o embriones humanos. Intervienen de forma no natural, en laboratorio, sobre el ADN de los organismos vivos para atribuirles nuevas propiedades. En ese sentido, corresponden a la definición europea de un Organismo Genéticamente Modificado (OGM o transgénico).
Como lo veremos en este informe, la industria tiene la esperanza de pasar por alto el carácter OGM de los productos modificados mediante una de las múltiples técnicas por temor a tener que evaluar sus riesgos y etiquetarlos. Sin embargo, los defensores de dichas modificaciones genéticas hablan de “precisiones”, de “rapidez”….
¿Cuál es nuestra verdadera capacidad de control ?, ¿Qué piensan los agricultores ecológicos ? ¿Quién se beneficia de dichas innovaciones ?
Estas técnicas abren la caja de Pandora de las patentes sobre los seres vivos y permiten privatizar recursos genéticos importantes.
Por último, estas técnicas, extremadamente potentes, se están extendiendo por el planeta a gran velocidad, dificultando el debate ético por falta de tiempo.

Nouveaux OGM mais vieux débats

En 1996, les premiers cargos étasuniens arrivent en Europe remplis de soja transgénique. Associations environnementalistes, syndicats agricoles et une foule de citoyens anonymes se mobilisent et exigent que ces plantes modifiées génétiquement (PGM) soient évaluées et étiquetées. En 2016, les entreprises espèrent commercialiser rapidement de nouveaux OGM... tout en espérant échapper à la législation actuelle sur les OGM, jugée trop contraignante.

Les paysans bio disent non aux nouveaux OGM

Pour comprendre les implications du développement des nouveaux OGM pour le monde agricole, Inf’OGM a interviewé un représentant de l’agriculture biologique : Daniel Evain, agriculteur bio dans l’Essonne. Cette filière exclut les OGM transgéniques de ses cahiers des charges. Elle est donc exposée à des risques importants si ces nouveaux OGM ne font pas l’objet d’un étiquetage par exemple.

Quel encadrement juridique dans l’Union européenne ?

Les législations - internationale et européenne - définissent un OGM comme étant un organisme dont le génome a été modifié de façon non naturelle. Aussi clair ce cadre soit-il, des rumeurs ont circulé sur la volonté de la Commission européenne d’exclure de la législation OGM certaines des nouvelles techniques.

Les nouveaux OGM doivent être évalués

Si les plantes issues des nouvelles techniques de modification génétique ne sont pas soumises à la législation sur les OGM, elles ne seront pas évaluées. Pourtant ces modifications génétiques ne sont pas aussi « précises » qu’annoncées par leurs promoteurs.

Vers une extension du brevet sur les semences

Depuis quelques décennies, l’industrie semencière protège juridiquement les variétés qu’elle met au point. Les nouvelles techniques de modification génétique, confisquent, via les brevets, de plus en plus de ressources génétiques. Au point que l’arsenal réglementaire actuel est questionné, non plus seulement par les paysans, mais aussi par certains sélectionneurs qui eux, visent à mieux se partager le gâteau.

Biotechnologies : non, tout n’est pas permis !

Si Inf’OGM croise différents regards sur le dossier des OGM, nous constatons néanmoins dans ces débats une prépondérance du « scientifique » qui court-circuite la réflexion éthique. Analyse.

Le droit de savoir... pour choisir

Nous sommes encore bien ignorants face aux impacts potentiels (techniques, juridiques, éthiques, sociaux et culturels) de ces « nouveaux OGM ». Il serait donc très prétentieux de se dédouaner de l’application du principe de précaution.

Les nouveaux OGM pour les nuls

Les « nouvelles » techniques, à l’instar de la transgenèse, visent à modifier le génome d’organismes vivants. Elles ont toutes en commun d’être mises en œuvre en laboratoire sur des cellules dont on aura « cassé » la paroi pour y faire rentrer du matériel biologique (ADN, protéines…). Autre point commun de toutes ces techniques : elles ne sont pas d’une précision absolue et peuvent avoir des effets sur d’autres portions de l’ADN, donc sur la plante entière.

Nuevos OGM pero antiguos debates

En 1996, llegan los primeros barcos cargados de soja transgénica de Estados Unidos. Las asociaciones ambientalistas, sindicatos agrícolas y una multitud de ciudadanos anónimos se movilizan y exigen que las plantas modificadas genéticamente (PMG) sean evaluadas y etiquetadas. En 2016, las empresas esperan comercializar rápidamente nuevos OGM… y eludir la reglamentación actual sobre los OGM que consideran demasiado restrictiva.

Los campesinos ecológicos rechazan los nuevos OGM

Para entender mejor las consecuencias del desarrollo de los nuevos OGM en el mundo agrícola, lnf’OGM ha entrevistado a un representante de la agricultura ecológica Daniel Evain, agricultor ecológico en Essonne (Francia). Este sector excluye los OGM transgénicos de sus pliegos de condiciones y por lo tanto se expone a riesgos importantes, por ejemplo si no se obliga al etiquetado de los nuevos OGM.

¿Cual es el marcco jurídico europeo ?

Las legislaciones – internacional y europea – definen los OGM como organismos cuyo genoma fue modificado de forma no natural. A pesar de la claridad de esta definición, circulan rumores sobre la intención de la Comisión europea de excluir ciertas nuevas técnicas de la legislación sobre los OGM.

¿En qué consisten los nuevos OGM ?

Las “nuevas” técnicas, como la transgénesis, buscan modificar el genoma de organismos vivos. Todas tienen en común el haber sido desarrolladas en laboratorio “rompiendo” la pared de células para introducir material biológico (ADN, proteínas, etc.). Otro aspecto en común de todas estas técnicas es que no tienen una precisión absoluta y pueden tener efectos sobre otras partes del ADN y por tanto sobre toda la planta.

Los nuevos OGM deben ser evaluados

Si las plantas producidas mediante nuevas técnicas de modificación genética no están sometidas a la legislación sobre los OGM, no serán evaluadas. Sin embargo, dichas modificaciones no son tan “precisas” como lo pretenden sus promotores.

Hacia una extensión de la patente sobre las semillas

Desde hace algunas décadas, la industria de las semillas protege jurídicamente las variedades que desarrolla. Las nuevas técnicas de modificación genética se apropian, a través de las patentes, un número creciente de recursos genéticos. Hasta tal punto que la reglamentación actual ya no solo es cuestionada por los campesinos, sino también por ciertos seleccionadores que buscan formas de repartirse mejor los beneficios.

Biotecnologías : no, ¡todo no está permitido !

Aunque Inf’OGM cruce diferentes puntos de vista sobre la cuestión de los OGM, podemos constatar una preeminencia de lo “científico” que oculta la reflexión ética. Análisis.

El derecho a saber… para elegir

Todavía ignoramos demasiado sobre los impactos potenciales (técnicos, jurídicos, éticos, sociales y culturales) de estos “nuevos OGM”. Por lo que sería muy pretencioso renunciar a la aplicación del principio de precaución.