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Histoire

Alors que les premiers OGM font leur apparition dans les années 90 et qu’un débat de société s’impose aux politiques à la fin de cette décennie, Inf’OGM voit le jour en 1999, grâce à un financement de la FPH (Fondation Charles Léopold Mayer pour le progrès de l’homme) pour répondre à deux problématiques :

De ce constat est née l’idée de créer une veille citoyenne sur les OGM, capable de relayer une information en français, sérieuse, contextualisée et compréhensible.

Afin de remplir cette mission, Inf’OGM publie alors un journal d’information et alimente un site internet. Ces outils de diffusion de l’information générée par Inf’OGM continuent d’être la pierre angulaire du travail d’Inf’OGM.

Quelques années plus tard, le débat sur les OGM se spécialise, devenant par certains aspects très techniques. Les acteurs de la société civile alors investis sur le sujet ont besoin dès lors d’une information décryptée. C’est ainsi qu’en 2003, Inf’OGM met en place des programmes spécialisés, toujours en activité : la veille Afrique, la veille Juridique et la veille scientifique.

Veille Afrique

Le premier développement organique de la veille OGM a été de spécialiser un pôle de veille francophone pour le Maghreb et l’Afrique Subsaharienne à travers une collaboration entre Inf’OGM et BEDE, association de solidarité internationale focalisée sur la gestion dynamique de la biodiversité cultivée. L’investissement d’Inf’OGM en Afrique s’est donc fait dans un premier temps par la collaboration à des formations et à des ateliers sur la thématique des OGM, en Algérie, au Bénin, au Burkina Faso, au Sénégal (2000-2005), puis peu à peu par le transfert de savoir-faire en matière de structuration d’une veille d’information, notamment en Algérie (2004-2006).
Découvrez le premier bulletin spécial Afrique d’Inf’OGM

Veille juridique

En octobre 2002, Inf’OGM réunit une soixantaine de personnes, juristes, responsables d’ONG ou de syndicats agricoles pour créer une veille juridique sur la dissémination des OGM en agriculture. La veille citoyenne se voit ensuite sollicitée pour développer un espace d’information, à la fois précis et spécialisé pour le juriste et accessible et pratique pour tous. Plusieurs associations s’engagent alors à cofinancer une telle structure qui se concrétise en 2003 sous la forme d’un comité de pilotage de la veille juridique (CPVJ), animé par Inf’OGM.
Depuis quelques années, la veille juridique OGM travaille en partenariat avec la veille juridique semences, animée par le Réseau Semences Paysannes, dans un effort de mutualisation des compétences et de savoirs sur ces deux sujets ainsi que celui des pesticides qui se recoupent de plus en plus.

Veille scientifique

Si la volonté d’Inf’OGM a toujours été de « mettre la technique en démocratie », il n’en reste pas moins que la base technico-scientifique de la création d’OGM doit être expliquée simplement à ceux qui désirent comprendre les enjeux scientifiques. L’aide d’un agronome et d’un phytogénéticien puis l’embauche en 2002 d’une personne de formation universitaire en biochimie et en virologie, ont contribué à affiner l’expertise scientifique d’Inf’OGM. Ainsi, un groupe informel de chercheurs s’est constitué autour de ce salarié, qui informe pédagogiquement sur les questions scientifiques existantes et anticipe sur celles à venir.

 

A la même période, outre l’aspect technique, le débat sur les OGM est pris en main par les acteurs européens, aussi bien institutions que société civile. Le Forum Social Européen (FSE) de 2003 est alors la première pierre dans la construction de la Veille Europe, en permettant à Inf’OGM de réunir, et de discuter avec, de nombreux acteurs européens.

Veille Europe

Lors de ce forum, qui s’est tenu à Saint-Denis (France), le Collectif français pour une Conférence des Citoyens sur les OGM, le Réseau Semences Paysannes, Red Semillas, la Coordination Paysanne Européenne et les Amis de la Terre Europe ont organisé, ensemble, trois ateliers et un séminaire intitulé « OGM, brevets, monopoles sur les semences : résistances et propositions d’alternatives en Europe ». Ce document existe aussi en anglais : « GMOs, Patents, Seed Monopolies : Resistance and Proposals for Alternatives in Europe ».
Un des objectifs, appuyé par la publication du dossier OGM, la société civile argumente son refus. Dossier pour un débat public est de demander l’organisation par les instances nationales d’un débat public sur les OGM, organisation à laquelle le collectif ccc-OGM souhaitait être partie prenante du début à la fin, au même titre que les différents protagonistes du domaine des OGM. Mais la saisie de la Commission Nationale du Débat Public n’est pas possible, malgré les nombreux rendez-vous dans différents ministères.

 

Durant les années suivantes, Inf’OGM maintient son travail d’information tant pour les acteurs de la société civile que pour le grand public. Mais cette différence de public doit conduire à une différence de nature de l’information diffusée. Pour répondre à ce fossé naissant, Inf’OGM fait évoluer son journal vers une formule grand public alors que des brèves internet visent à alimenter les acteurs du dossier OGM.

Dans le même temps, Inf’OGM développe son travail d’apport de l’information aux décideurs politiques, qu’ils soient européens ou français. Inf’OGM participe alors au programme Challenge for Europe, et apporte directement l’information aux décideurs politiques. C’est la concrétisation de la reconnaissance institutionnelle d’Inf’OGM.

Challenge for Europe

En 2009, la Fondation Charles Léopold Mayer pour le Progrès de l’Homme (FPH) sollicite Inf’OGM pour réfléchir sur la construction européenne quant aux OGM et à l’information, pour le site : "Challenge for Europe". Ce site a pour objectif de mettre en lien des propositions d’acteurs de la société civile sur des thèmes importants.
Inf’OGM a donc répondu en adressant trois fiches :
- Plantes Génétiquement Modifiées (PGM) : une procédure taillée sur mesure pour les multinationales ? (en français et en anglais)
- Une information citoyenne au service des choix technologiques (en français et en anglais)
- Plantes Génétiquement Modifiées : un manque de transparence ! (en français et en anglais)
Ces trois fiches sont mises en ligne (et traduites en anglais) avant les élections européennes de 2009.

Pétition pour une réévaluation des OGM

Le 13 mai 2011, Inf’OGM remet au ministère de l’Environnement les 7 735 signatures de sa pétition, lancée en avril 2010. Relayée par Cyberacteurs et de nombreuses personnes et organisations (FNE, CLCV...) en France, la pétition portée par Inf’OGM demande au ministère de réclamer à la Commission européenne une réévaluation statistiquement fiable des plantes génétiquement modifiées (PGM) autorisées ou en cours d’autorisation.
Depuis cette demande, et la publication de notre brochure « Expertise des OGM : l’évaluation tourne le dos à la science », les règles d’évaluation sont en train d’évoluer au niveau européen, dossier sur lequel Inf’OGM informe régulièrement ses lecteurs.

 

Le maintien de ce travail d’information sur les OGM est complété par une réflexion sur le rôle d’une veille citoyenne d’information. Cette réflexion sur sa nature même permet à Inf’OGM d’acter la nécessité de suivre et répercuter les actualités d’autres sujets connexes aux OGM : les semences, les pesticides, en partenariat avec les acteurs de ces dossiers. Outre la mise en place de la veille juridique pesticides / abeilles et de la veille juridique semences (sous l’égide du RSP) qu’Inf’OGM a accompagnées, l’association lance, en 2013 avec le Réseau Semences Paysannes, la Veille citoyenne d’informations sur les semences.

La veille citoyenne sur les semences

Inf’OGM n’est bien entendu pas la seule veille citoyenne d’informations sur un sujet donné. A titre d’exemple, citons le précurseur de toutes ces veilles : la CRII-RAD, créée juste après la catastrophe de Tchernobyl pour contrer les mensonges de l’État sur les retombées radioactives. Elle a été suivie par bien d’autres : le CRIIGEN (sur le génie génétique), le CNIID (sur les déchets), la CRIIREM (sur les rayonnements électromagnétiques)... Inf’OGM a pris l’initiative en 2009 de réunir toutes ces veilles citoyennes lors d’un colloque à l’assemblée nationale, afin de se connaître et d’envisager des travaux communs.
Trouvez le compte-rendu du colloque ici.
Parmi les thèmes suivis, celui des semences est complémentaire de celui sur les OGM. En accord avec le réseau Semences paysannes, Inf’OGM ouvre donc en 2013 un nouveau champ d’informations sur les semences, qui se concrétise par l’écriture d’articles, de brèves, et bientôt la création d’une liste de diffusion d’informations sur ce sujet.

 

Ce suivi précis de quelques sujets s’imposent aux acteurs de la société civile du fait des discussions techniques et politiques. Mais en 2011 - soit douze ans après sa création -, Inf’OGM, aidée en cela par le GIET, fait le constat d’une certaine vacuité à « seulement » diffuser de l’information. Soucieux que son travail réponde effectivement à une mise en démocratie des choix technologiques opérés par une société, l’association décide d’inclure dans ses sujets la mise en question du paradigme dominant, le "tout scientifique", et d’œuvrer justement à changer notre manière de choisir ces technologies.

Si l’association assume d’un côté de servir de relais, de vulgarisateur entre les citoyens et les politiques, tous deux coincés dans une obligation de parler ou décider « scientifiquement », Inf’OGM souhaite donc aujourd’hui travailler à un changement de paradigme. Une ambition qui contextualisera le travail d’information conduit avec succès depuis septembre 1999.

Pour plus d’informations sur l’histoire d’Inf’OGM et plus généralement sur l’histoire de la mobilisation de l’opinion publique contre les OGM, vous trouverez le livre « OGM : la bataille de l’information » sur notre boutique en ligne.